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Agropoles : Zoom sur un catalyseur de valeur ajoutée
Publié dans Les ECO le 14 - 04 - 2010

Le Plan Maroc Vert a deux objectifs simples à décrire : développer une agriculture à haute production et l'accompagnement solidaire des petits agriculteurs. Si le deuxième objectif est à la portée de l'Etat, le premier exige de lourds efforts pour aboutir. Pour se frayer une place d'acteur économique au cœur de son milieu naturel, la Méditerranée, le schéma retenu par le Maroc a été celui de la création de pôles de compétitivité dédiés à l'agro-industrie : les agropoles. Un concept sans doute novateur visant à améliorer la compétitivité du secteur.
Un défi méditerranéen
L'agro-industrie représente 80% de l'économie nationale. Et comme les agropoles insèrent les stratégies nationales «Plan Maroc Vert» et «Emergence», l'Institut vétérinaire Hassan II de Rabat abritait, lundi, une journée sur l'avenir des technopoles agroalimentaires (TAA) au Maroc et leur compétitivité. Ahmed Bencharif, du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM), recense dix pays méditerranéens (le nôtre inclu) qui sont plus ou moins avancés sur le processus. Le cas tunisien du TAA de Bizerte reste à plus d'un égard intéressant. Premier agropole sur la rive sud de la Méditerranée, Bizerte possède un guichet unique, qui traite en 48h maximum les demandes d'industriels. Kamel Belkahia, PDG de ce pôle, privilégie de coupler le concept de technopole à celui de zone franche. Ce Centre abrite aussi un campus universitaire où des disciplines très recherchées comme le management agroalimentaire sont dispensées. Les Tunisiens sont aussi avancés sur l'agropole de Jendouba, dédié aux grandes cultures et à l'élevage. Au Maroc, une dissection géographique a permis l'identification de six sites. Meknès, Oriental, Souss, Gharb, Al-Haouz et Tadla. Chaque technopole centralisera l'industrie agroalimentaire de son périmètre, et il n'y a pas de place pour la concurrence. Un technopôle est assez puissant pour concentrer horizontalement les efforts de plusieurs géants de l'agroalimentaire. Et au Maroc, il y en a peu. De loin, Agropolis, le pôle de compétitivité de Meknès, est le plus avancé. MedZ, l'aménageur, propose une offre complète qui commence depuis le foncier aménagé jusqu'au service logistique.
Agropolis a tout pour lui
Agropolis a pris forme d'un partenariat public-privé. Tandis que MedZ gère le site, l'Etat s'occupe du hors site (voir interview). Meknès est caractérisée par des ressources hydriques abondantes, des conditions pédoclimatiques favorables et un fort potentiel agricole. En outre, la région de Meknès accueille sur son territoire plusieurs groupes leaders dans l'industrie agroalimentaire à l'exemple d'Aïcha, Les Celliers de Meknès, Oulmès ou la Société marocaine des céréales. La filiale de CDG Développement a effectué un diagnostic sur 5 filières agroalimentaires dans le périmètre de la région (filières céréales, viande, lait), dont deux présentent des perspectives de développement au niveau international : la filière huile d'olive et celle des fruits et légumes. Elaboré sur cette base, le plan MedZ a identifié trois leviers d'action. L'agriculture (filière entre la production et la transformation...), l'agro-industrie (structures d'appui à l'innovation...) et la distribution (soutien à l'export...). Sur 630 ha, la 1re phase s'étend sur 133 ha (activité industrielle 81 ha et logistique 52 ha). La superficie construite sera de 900.000 m2. L'investissement total s'élève à 5 MMDH, dont 500 MDH pour la contribution de MedZ. La mise en service du projet est prévue pour fin 2010. Agropolis jouit d'un emplacement stratégique. Le site bénéficiera d'une desserte par l'autoroute Fès-Meknès. Avec le SIAM, Meknès pose un pied dans l'international. Il aura fallu le partenariat de trois ministères (Finances, Agriculture et Industrie) en plus de la wilaya et MedZ. L'agropole de Berkane (Oriental), deuxième projet le plus consistant, en est à ses premières phases. Les travaux pour la 1re tranche démarreront en juin. Pour trois autres agropoles, on recherche toujours du foncier. A ce stade, on ne parle pas encore d'obstacle. La réunion de l'IAV était aussi préparatoire à un projet maghrébin de master professionnel en management des entreprises agroalimentaires. A la base, un besoin énorme en cadres spécialisés. Aussi, il ne faut pas se lancer dans des investissements extrêmement lourds en termes de structures d'accueil, d'espace d'aménagement de l'espace pour industriels sachant que nous ne créons pas beaucoup d'unités par an. «Construire une 2e agropole à Fès, à côté du site de Meknès par exemple, est insensé», explique Chakir Bouatia, chef de projet Pôle industrie & logistique de MedZ. Le Maroc est passé, en une décennie, de 1.800 entreprises à seulement 2.050, dont quelques créations aux limites des fusions-regroupements. Demain, on risque de trouver des mégastructures vides, non-opérationnelles. Les ZI ont beaucoup plus besoin aujourd'hui d'accompagnement et d'incitation. Le pôle devrait être suffisamment attractif pour pousser les industriels à s'implanter. Sans ressources humaines et innovation, on ne peut prendre le risque de voir ces mégastructures tomber en ruine.
Abdellatif Abbadi : Chef de la division Agrobusiness à la DDFP*«Plusieurs filières ont été identifiées»
Les Echos quotidien : Pourquoi a-t-on attendu jusqu'à la déclinaison du Plan Maroc Vert pour parler agropoles?
Abdellatif Abbadi : C'est l'aboutissement d'une réflexion de longue durée qui cherche à assurer une meilleure valorisation de la production agricole. Le Plan Maroc Vert est venu à point nommé, parce qu'on a pu identifier dans son cadre des potentialités très importantes pour le développement du secteur agricole. Un certain nombre de filières phares ont été identifiées, mais il existe aussi des insuffisances en matière de transformation et de valorisation. D'où le schéma de mise en place d'un espace dédié à l'agro-industrie, où se regroupent horizontalement toutes les activités de services et de supports spécifiques, incluant bien sûr tout ce qui est recherche, développement et innovation. C'est le cadre approprié pour les opérateurs pour pouvoir travailler dans un environnement très compétitif.
Quels sont les engagements de l'Etat vis-à-vis de ses partenaires ?
Ces projets s'inscrivent dans le long terme. Ce sont des projets structurants du développement socioéconomique du pays. L'objectif est d'arriver à produire pour le marché à des prix très compétitifs, des produits pour l'export, avec des normes de qualité et environnementales respectées.
Donc quelle est votre part du contrat ?
L'Etat est le maître d'œuvre et l'accompagnateur des opérateurs. D'une part, il y a les aménageurs qui vont s'installer et construire ces agropoles, et de l'autre, l'Etat qui doit mettre tout l'arsenal incitatif et les moyens les plus appropriés pour développer ces agropoles. En somme, l'aménageur s'occupera uniquement du site, tandis que tout ce qui est «hors site» sera garanti par l'Etat.
Comment contourner la compétitivité dans la zone euro-méditerranéenne, pour asseoir votre positionnement ?
Le Maroc se place en situation avantageuse dans un certain nombre de créneaux et de produits, àcompétitivité plus importante par rapport aux pays de la rive nord. Reste encore un travail d'amélioration de la qualité et des performances pour un produit plus compétitif, et donc renforcer les exportations vers l'UE. D'un autre côté, il y a des produits pour lesquels le Maroc reste déficient, notamment les produits de base où il y a lieu de faire un effort important de transformation et de valorisation. Ces agropoles peuvent régler nombre de problèmes tels que ceux propres aux marchés de gros, aux abattoirs... On retrouvera à leur niveau toutes les questions de qualité et de salubrité des produits. Cela permet de concentrer dans un seul espace d'autres activités qui seront à même de développer des transformations secondaires et tertiaires.
*Direction du développement des filières de production – ministère de l'Agriculture.


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