SM Le Roi Mohammed VI décoré de la "Legion of Merit, Degree Chief Commander"    Trump décoré du Wissam El Mohammadi    Mohamed Benabdelkader. Forte présence féminine aux postes de responsabilité dans l' administration judiciaire    Le Cameroun est prêt    Ahdad et Ounajem poussés vers la porte de sortie par le Zamalek    Finale Coupe Mohammed VI des clubs champions : Fin février/début mars 2021    CHAN/ Cameroun2021 : Le président de la FRMF en duel avec le président de la Fédération algérienne !    Nasser Bourita : « La prise de position américaine sur le conflit régional autour du Sahara marocain permet de sortir de l'impasse »    Nouveauté Mercedes Classe E : Un restylage très consistant    Laporta, Font et Freixa déclarés candidats officiels à la présidence du Barça    L'équipe du Maroc rate son entrée face à l'Algérie    Evolution du coronavirus au Maroc : 1291 nouveaux cas, 457.625 au total, vendredi 15 janvier 2021 à 18 heures    La France sous cloche à 18h Contrôles aux frontières renforcés    Les barrages remplis à 44,4% au 14 janvier    Le Groupe d'amitié parlementaire HondurasMaroc réitère son soutien au plan d' autonomie    Saad Dine El Otmani : Le Maroc a réalisé des acquis stratégiques dans ses provinces du Sud    Biden dévoile un plan de relance de 1.900 milliards de dollars    L'immunité collective contre la Covid-19 pourrait être atteinte début mai    L'OMS s'oppose aux certificats de vaccination pour les voyages internationaux    Retard des vaccins, l'Europe en colère    Marché obligataire: AGR anticipe la baisse des taux primaires au T1-2021    Lady Gaga et Jennifer Lopez chanteront à la cérémonie d'investiture de Biden    Un dessin de Tintin adjugé au prix record de 3,2 millions d' euros    Martin Scorsese, le parrain des films de gangsters    Maroc-Espagne: contrat pour sécuriser le transport routier des marchandises dangereuses    Industrie pharmaceutique : La FMIIP, désormais fédération sectorielle statutaire externe de la CGEM    Compteur coronavirus : 1.291 nouveaux cas confirmés 1.409 guérisons en 24 heures    Larabi Jaïdi : « Des signes de l'amorce d'un début de convalescence se manifestent »    L'aubaine du Brexit pour l'Europe et les USA    Visite du ministre chinois des Affaires étrangères : la Chine accorde une grande importance à l'Afrique    Groupe Al Omrane : Près de 7 MMDH investis dans les provinces du Sud    Première promotion de Madaëf Eco6: And the winners are…    Jeux video. « 3ich l'game », saison 2    Sénat américain. Les émeutiers voulaient « capturer et assassiner des élus »    Un webinaire pour débattre sur l'Afrique post-Covid    Les équipes à suivre de très près    Yasmina Benabdellah : «J'intègre toujours la touche marocaine dans mes projets»    Normalisation? Il n'y a jamais eu vraiment de rupture    Maroc-USA: Un mémorandum d'entente pour la préservation du patrimoine culturel marocain signé    Dakhla : Lancement de la première campagne nationale de communication sur le métier de l'architecte    Perspectives après l'annonce du vaccin Covid19 : Les Marocains ont le moral    Banque de sang : Des stocks mal exploités, périmés puis détruits !    Maroc-USA : signature d'un mémorandum d'entente pour protéger les biens culturels marocains contre le trafic illicite    Donald Trump mis en accusation Un deuxième "impeachment" historique    Un recueil de Zajal qui promeut la culture de l'égalité des sexes    2020 : Une présence de taille de la question amazighe malgré la pandémie    Zuckerberg vs Trump. Facebook plonge en bourse    Bientôt un musée à Laayoune    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Au Pakistan, la sulfureuse Peshawar se livre aux délices de la bonne chère
Publié dans Libération le 12 - 01 - 2019

Autrefois l'une des plus dangereuses du Pakistan, la sulfureuse ville frontalière de Peshawar a su tirer parti d'une récente embellie sécuritaire dans le pays, regagnant au passage ses galons de capitale locale du barbecue.
Le fumet du mouton grillé se répand dans un dédale de ruelles délabrées. Namak Mandi (le "marché au sel"), situé dans la vieille ville, est depuis des décennies le coeur gastronomique de Peshawar.
Mohammad Fahad, un étudiant de Lahore (Est), a pour la première fois parcouru les 500 km séparant sa ville de Peshawar.
"Avant, nous entendions dire que Peshawar était un endroit dangereux", explique ce jeune homme à la courte barbe, assis à l'une des nombreuses tables basses dressées dans une cour.
A l'instar du reste du Pakistan, où la situation sécuritaire s'est nettement améliorée, la capitale de la province du Khyber-Pakhtunkhwa n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était dans les années 2000, quand la guerre dans l'Afghanistan voisin déstabilisait son territoire et que fusillades et attaques étaient quasi-quotidiennes.
L'an passé, Peshawar n'a connu qu'un seul attentat d'ampleur, en juillet. Mohammad Fahad s'y est donc rendu sans crainte pour y "découvrir les secrets du barbecue" local, sourit-il.
La cuisine pachtoune, l'ethnie dont sont issus la plupart des habitants du Khyber-Pakhtunkhwa, abonde en plats copieux élaborés selon des recettes ancestrales.
Elle est célébrée pour sa simplicité, aux antipodes des currys complexes et aux autres plats épicés des plaines orientales et de la côte sud du Pakistan.
"Sa popularité est due au fait qu'elle est principalement à base de viande, ce qui est apprécié dans tout le pays", explique Sumayya Usmani, auteure de livres de cuisine.
Au coeur de Namak Mandi, le célèbre Tikka Nisar Charsi - ou tikka "fumeur de haschich", en référence aux habitudes assumées du patron -, connaît un succès phénoménal, bien qu'utilisant très peu d'épices, une rareté au Pakistan.
Les tikkas, ou morceaux de viande, y sont cuits lentement, au feu de bois. Généreusement salés et embrochés sur des pics, entre plusieurs bouts de graisse, ils gardent une tendreté et un goût exquis.
L'autre plat réputé, le karahi - ou ragoût de curry - est composé de tranches de mouton cuites dans de gros morceaux de graisse blanche taillés dans la croupe du mouton et de petites quantités de piment vert et de tomates.
Ces deux assiettes sont servies avec des naan (pains) tout juste sortis du four et des bols de yaourt frais.
"C'est la meilleure nourriture du monde", affirme le copropriétaire Nasir Khan, qui évalue à des centaines de kilos, ou deux douzaines de moutons, la quantité de viande engloutie chaque jour dans son restaurant.
La clientèle du "Marché au sel", composée essentiellement d'hommes, arrive généralement en larges groupes. Les plus expérimentés commandent les aliments au kilo. Ils guident les bouchers vers leurs morceaux préférés, qui sont cuits immédiatement.
L'amélioration de la sécurité à Peshawar a donné un coup de pouce aux affaires, reconnaît Nasir Khan. "Nous avons connu beaucoup de problèmes et de souffrances", se souvient-il, évoquant ses amis perdus dans des attentats.
Mais Hammad Ali, 35 ans, affirme n'avoir jamais renoncé à la cuisine du cru, même pendant les années de violences.
"Je viens ici depuis plus de 20 ans maintenant", assure cet homme, arrivé à Peshawar avec huit autres collègues depuis la capitale Islamabad, à deux heures de route, pour un déjeuner glouton.
"Ce goût est unique, c'est pourquoi nous avons fait tout ce chemin", assure-t-il.
Les commandes prennent généralement près d'une heure à arriver. En attendant, les clients boivent du thé. Ils fument parfois du haschich avant le repas.
Une pratique "ouverte" à Nisar Charsi, selon son chef Mukam Pathan. Et à laquelle il trouve son intérêt. "Quand quelqu'un fume un joint, il mange environ deux kilos de viande", commente-t-il.
Pour ceux qui aiment moins l'agneau, le chapli kebab, du boeuf haché mélangé à des épices et frit dans une poêle en fer, offre une alternative réjouissante.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.