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Pôle Nature et vie un voyage en terre connue
Publié dans Libération le 19 - 04 - 2019

A l'instar du taux de fréquentation du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM), le soleil atteignait son zénith en ce mercredi 17 avril. Dans un brouhaha indescriptible, les va-et-vient incessants des participants se mêlent aux annonces et autres musiques crachées par la sono. Pourtant, au Cœur de ce vacarme assourdissant par moments, il existe un havre de paix. Une parenthèse enchantée. Un pôle pourvu d'un attrait particulier. Vous l'aurez sans doute deviné, on parle ici du Pôle Nature et vie. Une visite guidée, ça vous dit ? C'est parti.
Le parquet grince et vous raccroche à la réalité, tandis que les sensations olfactives et auditives vous transportent vers d'autres cieux. C'est l'impression laissée par le passage qui mène au Pôle Nature et vie. Un espace à la lumière tamisée où s'entremêlent les odeurs qui s'échappent des centaines de produits du terroir exposés par les coopératives dans cette allée, ainsi qu'une bande sonore d'ambiance naturelle. Quelques mètres plus loin, la lumière jaillit, accompagnée d'éclats de rires des enfants. Le bonheur est au rendez-vous, tout comme l'exprime Moustapha Ait Said. Certes son costume tranche avec l'ambiance décontractée des lieux, mais il est évident que cet animateur environnement, dépêché sur place par la direction régionale des eaux et forêts, est dans son élément. Et comme le pôle est centré autour du Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), il est tout à fait normal d'y croiser Mustapha Ait Said, qui n'est vraiment pas là pour faire de la figuration, bien au contraire.
Affable et souriant, il nous explique que sa présence est mue « tout d'abord par la volonté du HCEFLCD de montrer aux visiteurs et au grand public les richesses naturelles dont jouit le pays. Ensuite, pour mettre en avant le rôle crucial et efficace de la direction des eaux et forêts dans la préservation de ces mêmes ressources naturelles». Bien que ces paroles prennent le ton d'un discours aseptisé et formaté, il suffit de regarder tout autour pour se persuader du bien-fondé de ses propos. Aux nombreux écrans décrivant les ressources naturelles du pays, s'ajoute un bassin d'une quinzaine de m². A travers son eau claire, on peut apercevoir une multitude de poissons d'eau douce. Mais si le bassin tient une place de taille dans cet espace et connaît un franc succès auprès des visiteurs, dans l'esprit du HCEFLCD, il y a un thème qui importe un petit peu plus. A savoir les plantes médicinales et aromatisées. « Notre but est de faire connaître aux gens les ressources qui nous appartiennent. Nous mettons l'accent sur l'importance de conserver cet héritage considérable», indique Moustapha Ait Said. Et d'ajouter : « A travers notre structure nous cherchons à orienter les gens vers une exploitation rationnelle et réglementée de ces ressources. ».
Les ressources en question, elles se comptent par milliers. Jusqu'à présent, dans nos contrées, plus de 4.200 espèces ont été identifiées, dont 800 endémiques et 400 classées comme produits à usage médicinal et/ou aromatique. Le tout pour une production annuelle qui s'élève à 140.000 tonnes, dont 52.000 t de plantes et 500 t d'huiles essentielles sont exportées. Des chiffres qui placent le Royaume au 12ème rang mondial. Du coup, quoi de plus normal que de « mettre en avant notre couverture végétale que nous devons à tout prix protéger», souligne notre interlocuteur. Mais la protéger de quoi ? «Plusieurs pratiques, tels le surpâturage ou le déboisement, nuisent à nos richesses», se désole-t-il, tout en nous vantant les mérites de l'armoise « une plante particulièrement prisée par les personnes atteintes de diabète. Utilisée de manière traditionnelle, elle est également présente dans la composition de certains médicaments, ainsi que dans celle des parfums », avance-t-il, comme pour mieux nous rapprocher des enjeux.
Alors, comment éviter la déperdition de ces ressources et sensibiliser les gens à la rationalisation de leur exploitation ? « Nous accompagnons les personnes qui vivent dans les régions limitrophes des forêts afin de les orienter vers un cadre légal et réglementé. C'est-à-dire des associations ou coopératives. Et tout cela s'inscrit dans notre approche de développement durable», explique-t-il. Puis de rappeler fièrement : « De manière générale, toutes les coopératives qui agissent dans le domaine des plantes aromatiques et médicinales ont connu un développement important et mettent en avant particulièrement la femme marocaine». confie-t-il sans oublier de rappeler que «plusieurs coopératives créées par les femmes connaissent une renommée internationale en participant à des foires aux quatre coins du monde. Une réussite dont nous sommes fiers, car il y a toujours eu un rapprochement entre les eaux et forêts et ces coopératives, qu'elles soient locales ou régionales. »
Une réussite en appelle une autre, vous vous rappelez des rires des enfants mentionnés? Hé bien, figurez-vous qu'ils ne sont pas le fruit du hasard, mais bien d'activités qui leur sont exclusivement dédiées. Les trois tipis dressés à quelques mètres du bassin sont là pour témoigner de l'envie du Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification de diffuser auprès des jeunes pousses marocaines l'éducation environnementale. Dans ce sens, Mustapha Ait Said affirme que le ministère de l'Agriculture et le HCEFLCD ont signé plusieurs conventions de partenariat pour mener des stratégies visant l'encadrement des jeunes. Mais pas que. Puisqu'un partenariat a également été conclu avec le ministère de la Jeunesse et des Sports dans la perspective d'organiser des camps dans la forêt. D'où les tipis. Les plages sont aussi concernées par ces partenariats. Notre interlocuteur nous fait savoir qu'une convention de partenariat a été scellée avec la Fondation Mohamed VI pour la création d'écoles écologiques bien équipées.
Pour l'instant, difficile de juger des effets positifs sur les jeunes via ces programmes de sensibilisation. C'est un pari pour l'avenir. Le futur nous le dira. En revanche, une chose est sûre, le HCEFLCD croit avoir réussi un autre pari. Celui de l'image. « Par le passé, la direction des eaux et forêts était assimilée à une institution qui ne fait que sanctionner. Maintenant nous estimons avoir modifié cette image. Les eaux et forêts renvoient désormais le reflet d'une institution active dans l'économie marocaine», conclut Ait Said.
Pas faux, si l'on part du principe que les coopératives et associations dont il est à l'origine sont la preuve de l'implication du HCEFLCD dans la création d'emplois dans le milieu rural. Un constat en totale harmonie avec la thématique de cette 14ème édition du SIAM. Cela dit, les réjouissances et congratulations ne doivent en aucun cas prendre le pas sur l'immensité des difficultés et des obstacles à franchir, pour que les habitants du monde rural jouissent d'une vie à la hauteur de leurs espérances et surtout de leurs importances.


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