Le 3ème Forum Maroc-Etats insulaires du Pacifique se conclut par la « Déclaration de Laâyoune »    Résultats annuels : Un chiffre d'affaires en hausse de 3,8%, et un bon comportement de l'automobile    Plafonnement des honoraires : Une grève au menu pour les notaires    Immatriculation des véhicules : Près de 900.000 cartes grises délivrées    Dakhla : un consulat général de Djibouti sera inauguré ce vendredi    La NARSA met le paquet dans un vaste programme de sensibilisation    Coronavirus: l'Arabie saoudite suspend l'octroi de visas à sept nationalités    La direction des prisons répond à un proche de Zefzafi    Le Conseil de la concurrence se penche sur son inventaire de l'année 2019    Coronavirus / Maroc: le nombre de cas suspects en hausse    Brexit : Londres songe à se retirer des négociations dès juin    Création à Kinshasa d'une Chambre de commerce RDC-Maroc    Mais où est Obama ? Le grand absent omniprésent face à l'ascension de Sanders    60e anniversaire du séisme d'Agadir    Agadir abrite le 27ème Rallye Maroc Classic en mars    Raja-Mazembe: à quelle heure et sur quelles chaînes ? (Champions League)    La FRMF annule la suspension à vie de l'arbitre Hicham Tiazi    Fouad Chafik prolonge avec Dijon!    Le Maroc, est-il une nation moderniste?    Sahara marocain: le Parlement espagnol précise sa position    La République dominicaine soutient l'intégrité territoriale du Maroc, au niveau des Nations unies    Il y a 60 ans, Agadir: Penser la catastrophe    Nadia Fettah Alaoui : Le tourisme contribue de 7% au PIB national    L'armée syrienne tue plus de trente soldats turcs dans la région d'Idlib    Hakim Ziyech s'offre une nouvelle villa aux Pays-Bas    Voici le temps qu'il fera ce vendredi    Célébration aujourd'hui du 13ème anniversaire de S.A.R la Princesse Lalla Khadija    La politique immobilière nationale décortiquée par le CESE    Le coronavirus plombe l'économie    Ligue des champions : Le Raja à l'assaut du Tout Puissant Mazembe    Divers sportifs    Moutaouali, la perle du Raja    La CCISCS scelle un partenariat avec l'AFEM    Bouillon de culture    L'Emir du Qatar reçoit Fouad Ali El Himma à Doha    L'OMDH demande la mise en adéquation des lois nationales avec les conventions internationales signées par le Maroc    Plaidoyer pour un modèle de démocratie participative et inclusive    Aucun cas de Coronavirus enregistré au Maroc    Le parc Murdoch victime d'un vandalisme aveugle    Caravane multidisciplinaire    Record absolu d'œuvres vendues en 2019 sur le marché de l'art    Avant une cérémonie sous tension, les César nomment une présidente par intérim    Oualas : Bilan exceptionnel du 3ème Festival "Afrique du rire"    Un don de Patrice de Mazières au profit des Archives du Maroc    Jeudis cinéma droits humains : Projection du film « Khartoum Offside»    «Trio Sophia Charaï» à l'Institut Cervantès de Casablanca    Taza à l'heure du 2e forum provincial pour la culture et le travail associatif    Zina Daoudia se défend après ses propos en Arabie Saoudite (VIDEO)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





A la mi-juillet, une table-ronde sur “télévision et Ramadan” : Le personnel politique en appelle à la fin d'un nivellement par le bas
Publié dans Libération le 10 - 07 - 2010

A l'approche du mois de Ramadan, les téléspectateurs font déjà de la résistance. L'Association marocaine des droits du télespectateur –si, si, elle existe- se mobilise et organise à la mi-juillet, à Rabat, un séminaire sur le thème de « La production audiovisuelle marocaine pendant le mois de Ramadan ». « Une table-ronde pour réfléchir et s'interroger sur la relation de la société à la télévision pendant le mois sacré du jeûne. Il s'agit aussi et surtout de faire le point sur l'offre télévisuelle durant cette période et de préserver les droits des téléspectateurs et leur égalité face aux produits télévisuels, et ce sans distinction de sexe, d'âge ou de catégorie sociale », expliquent les organisateurs dans un communiqué annonçant la rencontre.
Un mois avant le Ramadan et sa programmation télévisuelle qui, tous les ans, fait couler autant d'encre que de salive, la classe politique, consommatrice elle aussi de télévision ramadanesque, n'en finit pas de tirer la sonnette d'alarme sur le mode du «niveau qui baisse et du rire gras qui ne fait rire personne. »
L'Usfpéiste Mohamed Achaari, lui, fait partie de ceux qui n'en attendent plus rien de la télévision marocaine. La télévision, explique-t-il, ne s'improvise pas en un mois, fût-il pour le mois de Ramadan. « Soit nous avons une télévision convaincante, attrayante, professionnelle, soit on ne l'a pas. Ceci est valable pour tous les mois de l'année et pas seulement le mois de Ramadan. Il faut le dire, nous n'avons pas une télévision qui nous représente. Nous n'avons pas encore trouvé quelque chose qui nous ressemble. Même les téléspectateurs ne revendiquent plus rien parce qu'ils trouvent des solutions ailleurs. Comme ils l'ont fait pour les matchs de football du Mondial », soutient celui qui a été ministre de la Culture et de la Communication.
Quand la télévision marocaine est servie à la sauce égyptienne
Tous les regards sont braqués sur la télévision en ce mois de jeûne et d'abstinence. Les critiques pleuvent, identiques à l'envi. Une baisse de niveau alarmante, du rire forcé, des feuilletons larmoyants : ce sont les mêmes remarques qui nourrissent les conversations des cafés de commerce et les critiques écrites au vitriol. « Pendant la période du Ramadan, on s'inscrit dans une logique où notre télévision est servie à la sauce égyptienne, entre feuilletons et rires souvent gras. Il faut reconnaître que la télévision n'a pas les moyens de faire de la vraie production. Et dans le même temps, les deux chaînes se livrent une rude concurrence. Pourtant, je continue de rêver à une télévision ramadanesque où pourraient se retrouver sans encombre les amateurs de bonne musique, de théâtre, de débats politiques, d'humour et de spiritualité. Je continue de rêver à la fin de ce nivellement par le bas qui nous est infligé », relève Abdelouahed Souhail, membre dirigeant du PPS. Cet homme politique ne se voile pas la face. Il a conscience qu'il constitue « une minorité » et que « la majorité des téléspectateurs demandent du rire et des feuilletons égyptiens ». « On ne peut reprocher aux télévisions de s'adapter à cette demande d'autant qu'il y a un marché et des enjeux publicitaires », reconnaît A. Souhail.
Harira, chabakia et télévision :
le réflexe du Ramadan
Ni rire ni programme « sérieux ». Pour l'islamiste Lahcen Daoudi, les télévisions du service public ne jouent pas leur rôle pendant le mois de Ramadan. Ce député du PJD en est convaincu : c'est une mission d'éducation, de sensibilisation et de pédagogie que les chaînes de télévisions publiques marocaines doivent remplir pendant le mois de jeûne. « Pendant le mois de Ramadan, les télévisions doivent être sensibles au fait religieux. Dans un contexte, où l'extrémisme menace de tous les côtés, la télévision doit cultiver un islam modéré. Faire rire les jeûneurs, c'est bien mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin de programmes sérieux sur l'Islam, les rapports humains, les relations hommes-femmes, notre relation à l'environnement, etc. Il est essentiel de multiplier les débats qui vont élever le débat sachant que l'audimat est important pendant ce mois. Le chiisme et l'extrémisme trouvent un terreau au Maroc à cause de l'ignorance, justement. C'est pourquoi la télévision a un rôle immense à jouer».
La programmation télévisuelle n'est pas une affaire ponctuelle. Si la grille doit nécessairement s'adapter au mois de Ramadan, c'est toute la question de la satisfaction du plus grand nombre qui se pose. A quel prix faut-il le faire ? Comment gérer le nivellement par le bas et contribuer à la culture, à l'éducation et à la sensibilisation du téléspectateur lambda ? « Tout cela est un problème de politique au sens profond du terme. Ce n'est ni un problème technique ni un problème de financement. Il s'agit de faire des choix que nous n'avons pas encore faits. Nous n'avons pas accumulé l'expérience de productions artistiques ni assisté à l'émergence d'expressions artistiques. Nous bricolons et souvent à la veille du Ramadan. On prend les mêmes et on recommence. Résultat, le téléspectateur marocain est obligé de regarder les mêmes méthodes, les mêmes expressions. Souvent, cela se fait par réflexe, entre le bol de harira et la chabakia », conclut avec amertume l'Usfpéiste Mohamed Achaari.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.