Paralysie des tribunaux au Maroc : les avocats protestent contre le projet de loi sur la profession    Profession d'avocat : la réforme au menu du Conseil de gouvernement malgré la fronde des robes noires    Safi : Réunion du comité de pilotage pour la réhabilitation des zones inondées    Sahara : Le chemin éprouvant vers les négociations ! [INTEGRAL]    Dépôts bancaires : 1.315 milliards de DH en onze mois    Maroc : Une croissance économique de 4,5% attendue en 2026    Info en images. Près de 20 millions de touristes en 2025    Tourisme : l'ONMT en action pendant la CAN 2025    Commerce extérieur : le tournant discret des prix    Bourse de Casablanca : clôture sur une note positive    Le Nord-Sud : l'illusion confortable, La nouvelle géographie du pouvoir que nous refusons de voir    Le groupe Attijariwafa bank et l'INSEA accélèrent leur collaboration autour d'un partenariat stratégique    La France à la merci d'un épisode hivernal inédit : six morts et chaos sur les routes    Guinée. Les promesses de Mamadi Doumbouya    Centrafrique. Touadéra rempile    Chute de Maduro : un revers stratégique pour l'Algérie et le polisario    Gideon Saar au Somaliland, tout juste reconnu par Israël    Les affiches du jour. Derniers tickets pour le train des quarts    Nawal El-Aidaoui prend les rênes de Raja S.A.    Mercato : Wissam Ben Yedder s'engage avec le Wydad pour six mois    Zelkifli Ngoufonja : « À travers la CAN, l'Afrique apprend à se connaître et à se faire confiance. »    Les Lions de l'Atlas accueillent les enfants de la famille de la Sûreté nationale    Entre 2022 et 2026, plus de 9.000 établissements scolaires remis à niveau, selon Berrada    Alerte météo. Jusqu'à -13°C dans certaines régions    Sécurité routière : le CPSR présente un projet d'étude visant à réduire la mortalité à l'horizon 2030    Rabat : Deux morts dans l'effondrement d'un immeuble    CAN Maroc 2025. Une délégation du FBI américain visite le stade Moulay Hassan    Benslimane : Rabie Elgourii condamné à 6 mois de prison avec sursis    Jadida – Jardinier : la peine insolite d'un "streamer" marocain    Cinéma d'auteur : L'invisible des salles marocaines !    Cinéma : Cinerji mise sur 2026 pour déployer un réseau national de complexes « boutique »    Cineatlas Rabat Colisée : la salle suspend ses activités    CAN 2025 au Maroc : Le dispositif sécuritaire marocain suscite l'intérêt du FBI    Sofiane Boufal et l'Union Saint-Gilloise se séparent d'un commun accord    CAN Maroc 25 / Algérie - RDC : un huitième de finale indécis    CAN Maroc 25 / Côte d'Ivoire - Burkina Faso : duel entre technicité et solidité    Températures prévues pour mercredi 07 janvier 2026    Moudawana : Au Parlement, la réforme ravive les clivages en fin de législature    La Chine mène le premier entraînement d'astronautes à l'intérieur de grottes    Sous-financée, la situation humanitaire au Yémen « ne cesse de se détériorer »    CV c'est vous ! Ep – 86. Rania Bassiri : Quand carrière bancaire et passion sportive se rencontrent    L'ambassade de Palestine inaugurée à Londres    Sekkouri promet une réforme du Code du travail avant le 1er mai pour mettre fin aux abus    Réforme du Code de la famille : un vote en 2026 ou un report à la prochaine législature ?    Diaspo #422 : Karima Saïdi, «celle qui veille» sur la mémoire par le documentaire    Abidjan vibre au rythme du MASA    Arts 2025 : Dernier regard dans le rétro sur une année de création    La BD "Astérix en Lusitanie" a fait 1,65 million de ventes en France    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



« Fille aux tatouages ». Les coupables condamnés, mais après ?
Publié dans L'observateur du Maroc le 22 - 09 - 2021

En 2019, un an après la révélation des détails sordides de l'affaire de Khadija ; alors qu'elle assistait au procès de ses agresseurs, « la fille aux tatouages » s'est exprimée brièvement :« Ce drame a bouleversé ma vie et celle de toute ma famille. A l'issue du procès, j'espère juste revivre normalement, quitter Oulad Ayad et refaire ma vie ailleurs ! ». Des mots simples et brefs pour dire tout l'espoir de dépasser les faits tragiques et de passer à autre chose.
Un passage en enfer
« Ce n'est pas toujours facile de revivre normalement après de telles expériences. Deux mois en captivité avec tout genre d'abus physiques et psychiques, surtout pour une personne aussi jeune, il est certain que les séquelles sont profondes et nécessitent un accompagnement professionnel, une psychothérapie adaptée et un grand soutien familial », explique Nadia Mouâtassim, psychologue clinicienne. Enlevée, violée par 14 hommes, violentée, le corps tatoué et séquestrée durant deux mois, Khadija a fait un passage en enfer alors qu'elle n'avait même pas 17 ans. Le récit de son calvaire a ému les Marocains en 2018 en suscitant un large mouvement de solidarité avec la désormais surnommée « Fille aux tatouages ».
« Cette jeune fille n'avait pas que la peau tatouée. C'est tout son être, son esprit et sa mémoire qui ont été marqués. Si à l'époque des médecins esthétiques se sont portés volontaires pour effacer ses grossiers tatouages, il n'en est pas moins nécessaire de lui offrir une thérapie lui permettant de dire son ressenti, d'expliquer comment elle a vécu et survécu à sa séquestration. C'est un processus libérateur », explique la thérapeute. Se défaire du fardeau des souvenirs douloureux, disséquer ses émotions et libérer sa mémoire... sont selon les spécialistes les meilleurs moyens pour elle d ́aller de l'avant.
Rebondir
est-ce chose facile vu l'ampleur du stress post-traumatique ? Sans parler de la stigmatisation sociale. Car rappelons-le, au lendemain du déclenchement de cette affaire, Khadija a été victime d'une large campagne de diffamation de la part des familles des agresseurs. Accusée d'être une fille de petite vertu, la victime a été incriminée et pointée du doigt comme étant une droguée, alcoolique aux mœurs légères qui ne disait pas non à la compagnie des hommes. Son père Mohamed explique, lors du procès, que sa famille est devenue le mouton noir de Oulad Ayad. Doublement victime, Khadija devrait affronter sa souffrance psychique mais également soutenir le regard accusateur de son entourage. Dans ce cas de figure est-il possible de retrouver une «vie normale» ? Mais avant de penser à l'avenir et à la reconstitution, quelles sont les séquelles d'un tel traumatisme ?
« On peut citer des hallucinations mentales répétitives. A commencer par un ressenti irréel, la victime de séquestration peut s'imaginer au réveil qu'elle est encore prisonnière. Elle croit voir ses ravisseurs ou le lieu où elle a été séquestrée. Elle risque de ressentir cela avec une telle intensité qu'elle croira revivre son calvaire », explique la psychologue. Un « remake » de l'épreuve qui peut prendre différentes formes : visuelle, sensorielle, olfactive, auditive ou même gustative. Un enfer vécu à répétition surtout en présence de personnes ou dans des lieux susceptibles de lui rappeler ses agresseurs ou son calvaire. « Difficultés à dormir ou insomnie, somatisation avec des douleurs physiques inexpliquées sont autant de manifestations du malaise. Mais la modification de la personnalité reste un important risque du stress post-traumatique », note la spécialiste.
Le manque de confiance et un rapport de méfiance vis-à-vis de l'autre ou de son environnement sont les principales séquelles psychiques d'un tel traumatisme. Se sentant menacée en permanence, la victime peut rapidement perdre goût à la vie. Elle peut perdre le désir d'avoir une situation professionnelle, une vie sentimentale ou simplement se désintéresser de tout. « Elle peut aussi rencontrer des difficultés à avoir des relations sincères avec autrui. Dans le cas de Khadija, qui était adolescente au moment des faits, c'est encore plus délicat », soulève la clinicienne.
Explication ? « L'adolescence est une période de construction. Elle était une personnalité en devenir. C'est dire sa fragilité et sa vulnérabilité lors de son enlèvement. Sa sexualité et le type de rapport affectif qu'elle pourra entretenir avec les hommes risquent d'en être affectés », soutient la psychologue avant de rassurer: « mais grâce à une thérapie adaptée, de la résilience et une capacité à rebondir, les victimes peuvent récupérer ».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.