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Rachid El Guenaoui : « Mon rêve est d'habiller les équipes nationales Marocaine et Française de Football ».
Publié dans L'observateur du Maroc le 15 - 02 - 2024

Mêlant des coupés plus classiques, numéros parfois de l'univers des marques de luxe, la maque, symbole d'une mode décomplexée et élitiste, séduit plusieurs sportifs comme Marouane Chemmakh, Asma Niang, Djalil Narjissi, Kodjo Afanou, Rio Mavuba, Ted Lavie et autres. Elle est aujourd'hui présente dans pas moins d'une dizaine de points de vente correspondant essentiellement au Sud de la France.
Vous avez créé avec votre femme « Med'it Wear » en 2006. Comment est née l'idée de créer une marque de vêtements de sport ?
Je suis né dans le petit village « Mharigue », près de la ville de Machraa Bel Ksiri. Je suis arrivé en France à l'âge de 13 ans pour rejoindre mon père et mes frères. En 2006, j'ai lancé ma propre ligne de vêtements sportswear en alliant mes deux passions : sport et mode. Mon ambition était de me démarquer dans un marché où Nike, Adidas, Puma ou encore Kappa se livrent une compétition féroce pour attirer les clients. Au début de cette aventure, personne n'a cru en mon projet. Mes proches et ma famille le trouvent beaucoup trop ambitieux. Je n'ai pas lâché prise pour autant. Pour atteindre à mes objectifs, j'ai tout misé sur la confiance en soi, l'envie de réussir ainsi que la persévérance.
L'historien François Durpaire.
Moi-même ayant participé à des championnats de cross-country (athlétisme) en compétition nationale, je jouais au football en promotion d'honneur (PH) et en même temps, j'adorais la mode comme tout jeune. Du coup, je voulais allier ces deux aspects par la création d'une ligne de vêtements de sport.
Il est vrai que des marques comme « Dia », « Come 8 », « Bullrot » ou « Royal Wear » existaient déjà, mais je me suis orienté vers le sport parce qu'un sportif n'a pas la même valeur qu'un artiste, dans le sens où il y a moins d'effets de mode. Tout le monde se souviendra d'un Pelé, d'un Zidane ou d'un Michael Jordan... J'ai donc essayé de coller ma marque à ce type de personnalités pour la rendre plus pérenne.
Est-ce que c'était facile de s'imposer dans un milieu très concurrentiel ?
Je n'ai pas eu de banques derrière moi, mais j'avais la foi : Pour réussir, il faut croire en soi et en son projet. Lorsque l'on y croit, c'est plus fort que tout. Je savais que je n'allais pas obtenir de prêt bancaire, alors je suis allé vendre mon histoire à un fabricant de vêtements. Je lui ai demandé de me confectionner seulement 5 sweat-shirts et lui ai proposé d'aller moi-même démarcher les magasins. Si jamais, j'avais des commandes, elles lui seraient facturées directement et prendraient les recettes, et pour moi, il suffisait qu'il me rembourse mes billets de transport.
Mon seul désir était de voir un jour les gens porter ma ligne de vêtements. Je ne m'imaginais pas gagner de l'argent avec... C'est comme cela que mon aventure a commencé.
Rachid El Gnaoui et Djalil Narjissi rugbyman aux SUA Agen Top 14.
Vous savez, au début d'une aventure, vous êtes seul face au monde. Les gens me prenaient pour un fou de « m'attaquer » à des multinationales dans le domaine. Ma conception était TTC (Travail, Talent et Chance), ce qui m'inspirait et m'inspire à aller de l'avant et gagner du terrain. Donc, pour réussir il faut d'abord avoir envie de réussir, de relever le défi et ne pas lâcher prise.
Vous êtes vous-même sportif, vous avez pratiqué l'athlétisme. Pourquoi avoir voulu se lancer dans le monde de la Mode sportive ?
Oui effectivement j'ai participé aux championnats de France de cross-country et joué dans un club de football en Promotion d'honneur au Football Club Fume-libos et en même temps j'adorais la mode, et donc je voulais allier ces deux aspects par la création d'une ligne de vêtements sportswear.
À l'époque, les marques streetwear venues des cités explosent. Et avec la victoire de la France lors de la Coupe du monde de 98, cette France « black-blanc-beur » semblait s'ouvrir sur sa diversité. J'ai vu les succès de marques comme Com8, Bullrot et je me suis dit qu'il y avait une place à prendre. Alors j'ai tout misé sur le sport.
Vous savez, les jeunes entrepreneurs Français d'origine Africaine ont démocratisé la mode en France, à titre d'exemple, Malamine Koné pour la marque « AIRNESS », Mohamed DIA pour la marque « DIA » ... et donc, bien que nous ne soyons pas de la même couleur, riche ou pauvre... chacun peut avoir sa chance, seulement il faut beaucoup de travail, de sérieux et de persévérance. Et comme on dit, « Si l'argent n'a pas d'odeur, la réussite n'a pas de couleur ».
Pourquoi avoir choisi le nom de « Med'it Wear » ?
J'ai créé la marque avec Khadija Elmrabet car nous sommes tous deux passionnés de mode et de sport. La marque incarne la liberté, le respect, la méditation et la passion sportive. Dans « Med'it wear », le mot Méditerranée prend toute son importance puisque nous sommes d'origine marocaine.
Comment votre marque se démarque-t-elle des autres ?
Créée il ya une quinzaine d'année à partir de mes propres moyens, « Med'it Wear » s'est rapidement positionnée comme une marque originale de prêt-à-porter. Son fer de lance est d'associer le vêtement sportif au prêt-à-porter pour en faire une mode décomplexée et élitiste, en y introduisant une dimension artistique et esthétique valorisante. Les modèles proposés cassent les codes des articles de sport en misant sur des matières confortables et des designs épurés empruntant beaucoup à l'univers des marques de luxe. Objectif : exprimer des valeurs inédites pour ce milieu particulièrement conventionnel telles que la recherche d'élégance, la soif de liberté ou encore le respect.
Qu'est-ce qui vous inspire pour vos créations ?
Je m'inspire de ce que je vois, mais surtout de mes deux filles qui sont ma source d'inspiration dans tout ce que j'entreprends. D'ailleurs, c'est ma petite fille Sarah, âgée de 12 ans et demi, qui s'occupe du compte Instagram (medit.wear), elle l'alimente tous les jours, avec tous ce qui se passe dans mon environnement, dans la banlieue.
À une époque, plusieurs marques couleur « banlieue » cartonnaient comme : DIA, COM8 et FUBU. De nos jours, on voit les tendances via les réseaux sociaux comme insta, Snapchat, Tik Tok pour ne citer qu'eux, une vraie aubaine pour les créateurs de tout genre et plus particulièrement la Mode.
Vos vêtements de sport mêlent des coupes classiques, issues parfois de l'univers des marques de luxe. Pourquoi ce choix ?
Pour amener un public plus large, au-delà des modèles de sneakers iconiques, vers les marques du luxe, il faut capter l'attention de l'amateur de sport en lui soumettant un référent identifiable.
Par exemple, en 2022, le tennisman Matteo Berrettini est équipé par Hugo Boss. Une ligne complète qui offre des combinaisons multiples pour le jeu ou pour la ville. ça reflète un peu notre vision de l'actuelle mode bien sûr, rendant incertaine la frontière entre équipement, compétition et sportswear. Dans cette « modosphère » flexible, nous avons pu voir Fendi et Arena montrer l'étendue de leur savoir-faire avec un kit de natation et des accessoires dérivés aussi indispensables en ville qu'à la plage.
Pour sa part, « Dior » : enseigne glamour de l'avenue Montaigne, s'est rapprochée de l'univers populaire du Parc des Princes, en habillant les joueurs du Paris-Saint-Germain jusqu'en 2023. Le directeur artistique, Kim Jones, a choisi Killiam M'bappé comme « ambassadeur mondial » de la marque et du parfum « Eau sauvage ». Mais comme le costume est proposé à 2500 euros, un supporter désireux d'accéder à la marque d'exception peut se rabattre sur la fragrance. Pour le club, il s'agit de se positionner dans l'élite du football mondial, avec des partenaires haut-de-gamme, et de donner envie aux grands joueurs de classe internationale de porter le maillot Med'it wear comme le costume Dior avec toute modestie.
Vous habillez plusieurs sportifs de renom de la ville de Bordeaux comme Marouane Chemmakh... Comment les avez-vous convaincus ?
Marouane Chamakh est originaire du lot et Garonne (Aiguillon), tout comme moi qui suis originaire du même département (Montayral). J'ai été le voir maintes fois aux entraînements afin de lui présenter mon projet et le sentiment est vite passé entre nous. Ça a été le cas également avec d'autres joueurs comme Kodjo Afanou, Rio Mavuba, Ted Lavie et autres.
Leur soutien est sans faille, nous pouvions voir med'it wear à la télévision pendant les reportages par exemple, lors des manifestations sportives, sorties etc. Un grand merci à ces messieurs et qui sont devenus des amis.
Vous avez eu le soutien de Nezha Bidouane, Aziz Daouda et Hassan Fekkak. Comment ça s'est concrétisé sur le terrain ?
Je me sers de ce que j'appelle : « diplôme de HEC » (Haute Ecole du Culot) pour contacter les personnalités et sportifs dont vous avez les noms de cité et autres sportifs qui ont rejoint ce projet. Il faut avoir de l'audace, je n'ai rien à perdre au contraire, j'ai tout a gagné, et au pire des cas, j'aurais un refus.
Pour A. Daouda, je l'ai rencontré au siège de la FRMA à Rabat, Hassan Fekkak était présent avec nous pendant l'émission Challengers Europe 2006 à Casablanca, je lui ai fait partie du projet et il a adhéré à ce dernier. Je les remercie à tous pour leur soutien et leurs générosités.
Est-ce que depuis sa création, la marque a gagné en notoriété ?
Oui inexorablement, la marque a vraiment gagné en notoriété avec les articles de journaux, passage à la télévision, reportages (Grand angle, Challengers Europe 2006, le Maroc en Mouvement) ainsi que France 3 aquitaine, TV7... réseaux sociaux et bien sûr l'apport des sportifs de tous les domaines ainsi que L'historien François Durpaire.
Nous sommes en pourparlers avec d'autres personnes pour rejoindre le projet.
Durant le mois de février et début Mars, je serai de passage dans deux Radios françaises pour évoquer l'actualité de ma ligne de vêtements.
Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer et comment les avez-vous surmontés ?
Après son lancement, la marque a connu des débuts timides comme dans tout domaine. Les banques qui ne suivent pas, démarcher les magasins, s'occuper de la communication, le marketing, trouver des ambassadeurs, vendre son produit, ... Dès la fin de la première décennie an 2000, le magasin Sport 2000 accepte de la distribuer . De fil en aiguille, la franchise commence à se faire un nom au milieu de géants tels que Reebok ou encore Adidas.
Cette année, « Med'It Wear » est présente dans pas moins d'une dizaine de points de vente essentiellement au Sud de la France. Une notoriété grandissante renforcée grâce à ma participation au concours «Challengers Europe» en 2006 -organisé conjointement par 2M et la société médiation basée à Casablanca sous l'impulsion de Pierre Dangas récompensant les meilleurs porteurs de projets en Europe (remake de Star Academy en France par exemple)-, mais également à la collaboration de sportifs de renommée devenus de véritables ambassadeurs de la marque comme Marouane Chamakh, Eric Dubus, Asma Niang, Muriel Hurtis, l'historien François Durpaire entre autres....
Aujourd'hui, j'aimerais bien entrer en contact avec la Fédération Marocaine de Football, notamment pour un éventuel partenariat.
Est-ce que la marque est aujourd'hui louable ?
Pour le moment, je ne peux pas vivre que de mon commerce. J'ai un travail à côté de responsable logistique.
Avez-vous un conseil pour les jeunes entrepreneurs ?
Il faut savoir que la réussite n'a ni âge, ni origine, ni couleur. Les jeunes doivent croire en eux, en leurs talents et leurs idées et surtout se donner les moyens de leurs ambitions.
La jeunesse ne doit pas rêver de réussite mais elle doit se lever et se battre pour réaliser ses rêves car s'il ya bien une chose dont je suis convaincu, c'est que tout ne tient qu'à un seul mot : le travail. C'est le fruit de mon expérience personnelle. C'est notre force de travail associée à notre persévérance qui fait la différence.
Nous vivons dans une société où la vie est un combat de tous les jours, il faut se battre sans relâche pour gagner sa place. Avec du travail et de l'abnégation, aucune barrière n'est infranchissable. Il faut aussi savoir s'entourer, faire confiance aux copains, savoir les orienter : marcher ensemble créer un effet de force.
En fait, l'argent n'a pas d'odeur et la réussite n'a pas de couleur.
Vos projets ?
Nous aimerions entrer en contact avec les chaînes de magasins de distribution d'articles de sport qui ont un fort potentiel comme « Planet Sport », DECAPRO, Marwa, Marjane... et autres points de ventes qui aimeraient travailler avec nous dans cette belle aventure.
Aussi, nous sommes déjà en discussion avec d'autres responsables dans le milieu de la mode pour que nos produits soient distribués au Maroc, en Tunisie, ... Nous visons aussi d'autres pays d'Afrique, l'Europe, l'Asie. ..
Mon rêve est d'habiller les équipes nationales Marocaine et Française de Football.
Je tiens à remercier Fouzi Lekjaa pour tout le travail qu'il a accompli au sein de la Fédération royale Marocaine de football et j'aimerais le rencontrer pour une collaboration éventuelle et étroite.


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