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Cancer du col de l'utérus : "Le diagnostic précoce est vital"
Publié dans L'observateur du Maroc le 27 - 01 - 2025

L'Observateur du Maroc et d'Afrique : Le cancer du col de l'utérus est le deuxième chez les femmes au Maroc. Comment se présente la situation actuellement ? Et quels en sont les facteurs de risque?
Dr Nadia Khoumane : Le cancer du col de l'utérus constitue un problème de santé publique au Maroc en raison du taux de mortalité élevé oscillant entre 2500 à 3000 décès par an. En effet, il représente le deuxième cancer chez la femme après le cancer du sein. Selon le registre national des cancers, il représente environ 8,1 % des cancers chez la femme. L'infection au papillomavirus (HPV) reste le principal facteur de risque du développement du cancer du col de l'utérus. C'est un virus sexuellement transmissible, dont les types dits à haut risque ou oncogènes peuvent causer des lésions pré cancéreuses.
Ces dernières peuvent se transformer après plusieurs années en un cancer du col de l'utérus sein si elles ne sont pas traitées. D'autres facteurs de risque semblent aussi favoriser ce cancer. Le tabagisme vient en tête en diminuant l'élimination naturelle du HPV le comportement sexuel à risque particulièrement les partenaires sexuels multiples ou encore la présence d'un déficit immunitaire comme c'est le cas avec la maladie de l'immunodéficience humaine (VIH). Aussi dans le cas de traitement par les immunosuppresseurs favorisent la persistance du virus de l'HPV. La présence d'autres IST (infections sexuellement transmissibles) comme l'herpès ou la Chlamydiose (infection à Chlamydia) augmentent également le risque d'infection HPV.
Le cancer du col est l'un des rares cancers à avoir un vaccin. Comment le prévenir et s'en protéger à l'âge adulte ?
Comme déjà mentionné, le cancer du col de l'utérus est principalement causé par le papillomavirus, qui est un virus sexuellement transmissible. Il existe deux moyens de prévention efficaces et complémentaires. Premièrement, le frottis cervico-vaginal ou le test HPV-HR (Human Papilloma Virus- Haut Risque) et la vaccination contre le virus du HPV. Ce type de vaccination concerne les adolescentes entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible à l'âge de 19 ans.
Deux vaccins administrés par votre médecin sont disponibles. Il existe le Gardasil et le Cervarix. Il faut comprendre, et je souligne avec un trait rouge, que la vaccination ne protège pas contre tous les types HPV, causant le cancer du col de l'utérus. Il s'agit d'une prévention primaire et un complément de dépistage par frottis cervico vaginal où le test HPV doit être réalisé. Aussi important, le frottis cervico utérin qui est le moyen de dépistage que toute femme doit faire dès qu'elle démarre ses rapports sexuels.
Le frottis concerne toutes les femmes entre l'âge de 25 ans et 30 ans, vaccinées ou non contre le papillomavirus. C'est très important car la vaccination n'exonère pas de faire le frottis. Tout au contraire, il faut absolument faire ce test à ce rythme : Les deux premiers tests sont à réaliser à 1 an d'intervalle, puis, si les résultats sont normaux, un frottis tous les 3 ans. Pour les femmes de 30 à 65 ans vaccinées ou non contre le papillomavirus, tous les 5 ans, par le test HPV-HR si le test s'avère négatif. L'intérêt de ce frottis est bien évidemment de repérer les lésions précancéreuses et les traiter avant leur transformation vers un stade de cancer.
Comment les traitements ont-ils évolués ?
Les traitements du cancer du col ont connu une grande évolution parallèlement à l'évolution des moyens de dépistage et de surveillance des états précancéreux. On dispose de moyens comme la thermocoagulation, la résection à l'antithermique et la colonisation. Ce sont des moyens mini-invasifs qui permettent de préserver la fonction du col utérin, surtout pour les femmes encore désireuses d'enfanter.
Bien évidemment et malheureusement, quand il s'agit de cas de découverte un peu plus tardive et quand il s'agit de cancers infiltrants et invasifs, on a recours à la chirurgie, la radiothérapie externe, la chimiothérapie et la curiethérapie qui est une technique de radiothérapie consistant à introduire des substances radioactives à l'intérieur ou à proximité de la tumeur à traiter. L'immunothérapie, quant à elle, est réservée aux cas de récidive et de résistance à la chimiothérapie. Pour les perspectives d'avenir, des études et des recherches sont en cours actuellement et se penchent sur la possibilité de traiter les états précancéreux avec le vaccin thérapeutique.
Quelles chances de survie pour les femmes atteintes ? Qu'en est-il du diagnostic précoce ?
Le cancer du col de l'utérus présente un pronostic encore délicat. Par exemple, au Maroc, la mortalité est de 8,4 pour 100.000. La survie à 5 ans est à 74 %. Ces statistiques indiquent que nous sommes dans l'obligation de faire le diagnostic précoce des états précancéreux qui augmentent nettement les chances de guérison et de survie.
D'où l'intérêt d'un dépistage qui constitue une prévention secondaire se basant sur la réalisation du frottis cervico-vaginal. Ce test doit être fait régulièrement chez toute femme en activité génitale. On dispose aussi de la possibilité de la recherche du virus HPV, le principal coupable du cancer du col de l'utérus, c'est ce qu'on appelle un typage viral.
En cas d'anomalie, on a recours à la colposcopie pour faire des biopsies et pour pouvoir faire un diagnostic anatomopathologique exact. On dispose aussi d'une prévention primaire qui consiste en la vaccination des jeunes filles, ce qui les protège contre le cancer du col mais aussi contre les verrues génitales qu'on appelle les condylomes génitaux.
Des conseils d'hygiène de vie pour les femmes marocaines pour prévenir ce cancer ?
Si on a des conseils à donner à la femme marocaine, c'est premièrement de faire ses frottis de dépistage de manière régulière. Deuxièmement, traiter les infections vaginales. Troisièmement, éviter les comportements sexuels à risque à savoir les rapports sexuels multiples. Et en quatrième lieu vacciner les jeunes filles contre le virus de l'HPV. Et le plus important, consulter au premier signe d'alarme surtout quand on a des métrorragies post-coïtales c'est-à-dire des saignements post-rapports sexuels.


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