Face à la montée des épisodes climatiques extrêmes, le gouvernement enclenche une nouvelle phase de prévention. Cette semaine, le ministre de l'Equipement et de l'Eau, M. Nizar Baraka a annoncé le lancement d'études et de dispositifs renforcés à la suite des inondations de Safi, dans l'objectif de mieux prévenir les risques appelés à se multiplier. Depuis la tribune du Parlement, M. Nizar Baraka, a livré, lundi 22 décembre 2025, une lecture à la fois lucide et structurée des défis posés par l'intensification des phénomènes climatiques extrêmes au Maroc, tout en annonçant une série de mesures destinées à renforcer l'anticipation et la protection contre les risques d'inondations amenés à devenir plus fréquents sous l'effet du changement climatique. Intervenant lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le ministre a rappelé que le Royaume évolue désormais dans un contexte marqué par une alternance de sécheresses prolongées et d'épisodes pluvieux violents, soulignant que cette réalité impose une adaptation rapide des outils de prévention et des infrastructures hydrauliques. Il a ainsi affirmé que son département « s'emploie à renforcer l'anticipation et à accélérer la réalisation des projets visant la protection contre les inondations », en réponse directe aux événements survenus à Safi. Une refonte des dispositifs de protection Dans ce cadre, M. Nizar Baraka a annoncé le lancement d'une étude spécifique pour mettre en place un nouveau dispositif de protection contre les inondations dans la ville de Safi, afin d'éviter la répétition d'un scénario similaire. Le ministre a expliqué que les précipitations s'étaient concentrées en un laps de temps très court et principalement à l'intérieur du tissu urbain, ce qui a limité l'efficacité du barrage situé à environ 9 kilomètres de la ville. « Le barrage censé protéger Safi n'a reçu que 200 000 mètres cubes, alors que sa capacité atteint 3,5 millions de mètres cubes », a-t-il précisé, notant que cette configuration n'a pas permis à l'ouvrage de jouer pleinement son rôle. Lire aussi : Inondations à Safi : Aide aux sinistrés et gestion des risques climatiques au cœur de l'action gouvernementale Au-delà du cas de Safi, le ministre a tenu à replacer ces événements dans une dynamique hydrologique nationale plus large. Il a indiqué que les chutes de pluie et de neige enregistrées au cours des dix derniers jours ont permis d'ajouter environ 482 millions de mètres cubes aux retenues des barrages, avec une couverture neigeuse atteignant 55 000 kilomètres carrés. Ce volume porte actuellement le taux de remplissage des barrages à près de 34% et permet de couvrir les besoins cumulés de plusieurs régions stratégiques, notamment Fès-Meknès, Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra et l'Oriental. Conscient que la prévention ne peut se limiter aux seules infrastructures, M. Nizar Baraka a également insisté sur l'importance des dispositifs d'alerte et de veille. Le ministre a rappelé que des bulletins d'alerte avaient été diffusés à Safi les 8 et 9 décembre, dans le cadre d'un système national de vigilance accessible via une plateforme dédiée « vigilance.marocmétéo.ma », soulignant que la sensibilisation des citoyens constitue un levier essentiel pour réduire les risques humains. Sur le plan opérationnel, le ministre a rappelé que 33 projets de protection contre les inondations ont été réalisés entre 2021 et 2025 dans plusieurs provinces du Royaume, tandis que 15 projets supplémentaires sont en cours de lancement. M. Nizar Baraka a également annoncé l'élaboration d'un nouveau programme dès le début de l'année prochaine, dans le cadre des agences des bassins hydrauliques, afin de consolider cette dynamique. Dans la même logique d'anticipation, le ministre a annoncé la révision de l'Atlas des zones exposées aux inondations, estimant que l'outil actuellement en vigueur est devenu obsolète face aux mutations climatiques en cours. « L'ancien Atlas est désormais dépassé », a-t-il déclaré, précisant que le nouveau document devrait être finalisé au cours de l'année prochaine afin d'identifier avec précision les zones nécessitant une préparation renforcée lors des périodes de fortes précipitations.