Le conflit au Moyen-Orient a affecté des installations énergétiques jugées stratégiques ainsi que plusieurs actifs situés dans la région du Golfe. Au cœur des tensions : le détroit d'Ormuz, corridor par lequel transite près d'un cinquième du pétrole consommé dans le monde. Sans être officiellement fermé, le passage est devenu plus risqué. Les primes d'assurance maritime ont fortement augmenté et plusieurs armateurs ont suspendu ou redirigé leurs traversées, perturbant les flux. Les marchés pétroliers sous tension La réaction a été immédiate. Ce lundi 2 mars 2026, le Brent a progressé de plus de 8 %, franchissant la barre des 80 dollars, après avoir évolué autour de 73 dollars en février. Les analystes envisagent désormais trois scénarios principaux : Stabilisation : un retour vers une fourchette modérée si l'OPEP+ augmente sa production et si le conflit reste circonscrit. Escalade durable : un baril dépassant les 100 dollars en cas d'atteinte directe aux infrastructures pétrolières régionales. Blocage d'Ormuz : un scénario extrême avec rupture majeure d'approvisionnement et envolée des prix au-delà de 150 dollars. La trajectoire dépendra essentiellement de l'ampleur géographique du conflit et de la capacité des acteurs régionaux à éviter une confrontation élargie. Impact sur le Maroc Importateur quasi exclusif de ses besoins en hydrocarbures, le Maroc apparaît particulièrement exposé. Le budget 2026 reposait sur une hypothèse de prix du baril sensiblement plus basse. Toute hausse prolongée du Brent se traduit mécaniquement par un alourdissement de la facture énergétique et une pression accrue sur la balance commerciale. Les approvisionnements du Royaume en produits raffinés — gasoil et essence — sont indexés sur les cours internationaux. À cela s'ajoute l'impact indirect sur les coûts logistiques : le renchérissement du carburant maritime affecte l'ensemble des importations, des biens industriels aux produits alimentaires.