Réuni le 17 mars pour sa première session trimestrielle de l'année, le Conseil de Bank Al-Maghrib a choisi de conserver son taux directeur inchangé. Une décision qui traduit la volonté de la Banque centrale de préserver l'équilibre monétaire dans un contexte international particulièrement incertain, tout en accompagnant la dynamique de l'économie marocaine. L'institution note que les perspectives mondiales restent fragiles. La guerre au Moyen-Orient, qui s'ajoute aux tensions persistantes liées au conflit en Ukraine et aux incertitudes entourant la politique commerciale américaine, accentue la volatilité sur les marchés financiers et les matières premières. Les prix de l'énergie, notamment, pourraient rester sous pression dans les mois à venir. Dans son scénario central, Bank Al-Maghrib anticipe un baril de Brent autour de 78,9 dollars en 2026, avant un repli attendu en 2027. Les marchés des engrais et des phosphates devraient également rester perturbés. Les cours du DAP d'origine marocaine pourraient atteindre 816 dollars la tonne en 2026, portés par les restrictions sur les exportations chinoises et par les tensions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, avant de se modérer l'année suivante. Au niveau national, la Banque centrale estime que l'économie devrait continuer de bénéficier d'une dynamique relativement favorable. Les investissements dans les infrastructures économiques et sociales soutiennent l'activité des secteurs non agricoles, tandis que les conditions climatiques exceptionnellement favorables devraient entraîner un rebond marqué de la production agricole. La récolte céréalière pourrait ainsi atteindre 82 millions de quintaux, ce qui se traduirait par une forte progression de la valeur ajoutée agricole en 2026. Au total, la croissance économique nationale est attendue à 5,6 % cette année, après 4,8 % en 2025, avant un ralentissement à 3,5 % en 2027. L'inflation demeure, pour l'instant, contenue. Elle devrait se maintenir autour de 0,8 % en 2026, avant d'atteindre 1,4 % en 2027. Cette évolution reflète la normalisation progressive des prix alimentaires et l'impact anticipé de la hausse des cours énergétiques. La Banque centrale indique qu'elle continuera de suivre attentivement l'évolution de la conjoncture nationale et internationale, en particulier les développements géopolitiques et leurs répercussions sur les marchés énergétiques et l'inflation. Ses décisions de politique monétaire resteront ainsi guidées, réunion après réunion, par l'analyse des données économiques les plus récentes.