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Croissance 2026. Le Maroc entre prudence du FMI et optimisme de Bank Al-Maghrib
Publié dans L'observateur du Maroc le 25 - 03 - 2026

À mesure que l'année 2026 se dessine, les perspectives économiques du Maroc révèlent un contraste notable entre prudence et volontarisme. D'un côté, le Fonds monétaire international (FMI) table sur une croissance de 4,4 %, tandis que Bank Al-Maghrib (BAM) et le gouvernement affichent des ambitions plus élevées, visant respectivement 5,6 % et une fourchette comprise entre 5,5 % et 5,8 %.
Derrière ces écarts se dessine une même réalité : l'économie marocaine amorce une phase de reprise, mais reste exposée à des facteurs de risque externes, au premier rang desquels la volatilité des prix de l'énergie.
Une croissance portée par des moteurs renouvelés
Au niveau national, l'optimisme repose sur deux piliers essentiels. D'abord, le rebond agricole, après plusieurs campagnes marquées par le stress hydrique. Les investissements engagés dans le dessalement et les interconnexions hydrauliques commencent à produire leurs effets, contribuant à stabiliser la valeur ajoutée du secteur.
Ensuite, le dynamisme des secteurs non agricoles. L'automobile, l'aéronautique et les phosphates continuent de tirer la croissance, soutenus par une demande internationale robuste, notamment autour des enjeux de transition énergétique et de décarbonation.
Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib mise sur une progression du PIB de 5,6 %, soit un écart de 1,2 point par rapport aux projections du FMI. Le gouvernement, de son côté, s'inscrit dans cette dynamique, en pariant sur l'effet combiné de la nouvelle Charte de l'investissement et de la généralisation de l'aide sociale directe pour soutenir la demande intérieure.
Face à cet optimisme, le FMI adopte une posture plus mesurée. S'il reconnaît les avancées structurelles du Royaume, l'institution met en garde contre plusieurs risques, notamment la hausse des cours énergétiques, avec un baril de Brent avoisinant les 114 dollars, et la dépendance persistante à la conjoncture européenne.
Dans cette lecture, la croissance marocaine reste solide, mais sous surveillance, dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques.
Inflation maîtrisée, mais sous pression
Autre indicateur clé : l'inflation. Bank Al-Maghrib prévoit une hausse contenue des prix à 0,8 % en moyenne en 2026, grâce notamment à une amélioration de l'offre alimentaire. Le FMI, plus prudent, anticipe une inflation de 1,6 %. Toutefois, un point de vigilance subsiste : l'inflation sous-jacente, qui pourrait progressivement accélérer pour atteindre 1,4 % en 2027, signe d'une pression latente sur les prix.
La flambée des carburants, avec un gasoil dépassant les 12,50 dirhams, constitue à cet égard un facteur de risque, susceptible d'alimenter une inflation indirecte via les coûts de transport et de logistique.
Sur le plan des finances publiques, le gouvernement maintient son objectif de réduction du déficit à 3 % du PIB en 2026. Une ambition jugée crédible, mais exigeante, au regard de l'augmentation des dépenses sociales. Le FMI et BAM se montrent légèrement plus prudents, anticipant un déficit compris entre 3,4 % et 3,5 %. La dette du Trésor, quant à elle, devrait se stabiliser autour de 65,8 % à 66 % du PIB, un niveau considéré comme soutenable par les institutions internationales.
C'est sur le terrain des équilibres extérieurs que les écarts d'appréciation sont les plus marqués.
Le gouvernement table sur un déficit du compte courant limité à 1,3 % du PIB, misant sur des performances solides du tourisme et des transferts des Marocains résidant à l'étranger.
À l'inverse, BAM et le FMI anticipent un déficit plus élevé, compris entre 3,1 % et 3,3 %, en raison du renchérissement de la facture énergétique et des besoins croissants en importations liés aux grands projets d'infrastructure.
Sur le front de l'emploi, les signaux sont légèrement positifs. Les données du Haut-Commissariat au Plan indiquent une baisse progressive du chômage, soutenue par la création de 160 000 à 190 000 emplois dans les secteurs non agricoles. Cette dynamique permet de compenser partiellement les pertes enregistrées en milieu rural, encore affecté par les séquelles des épisodes de sécheresse.


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