L'efficacité du maintien de l'heure GMT+1 au Maroc revient au cœur du débat. Intervenant lundi à la Chambre des représentants, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable Leila Benali a indiqué que les premières données montrent que l'adoption de l'heure supplémentaire en hiver ne produit pas les mêmes effets en matière d'économie d'énergie que ceux observés en été. Plus encore, elle a relevé l'absence de baisse tangible de la demande en électricité, laquelle a, au contraire, augmenté en 2026. Impact difficile à mesurer Répondant à une question orale au Parlement, la ministre a insisté sur la complexité de l'évaluation des effets de ce dispositif. En cause : l'évolution des habitudes de consommation et la nécessité d'actualiser les études précédemment réalisées. Autre élément nouveau : l'analyse de l'impact de l'heure supplémentaire ne relève plus uniquement d'une approche nationale. Avec la réforme du secteur de la distribution, désormais confiée à des sociétés régionales multiservices en lieu et place de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable, la lecture devient plus territorialisée, rendant l'évaluation encore plus délicate. Un débat public vif Ces déclarations interviennent dans un contexte de contestation persistante autour du maintien permanent du GMT+1, instauré depuis 2018. Chaque année, le retour temporaire à l'heure légale pendant le mois de Ramadan ravive les critiques et relance un débat qui ne faiblit pas. Sur les réseaux sociaux, comme dans l'espace public, de nombreux citoyens expriment un sentiment de soulagement lors du retour à l'heure solaire. Au Parlement, la question a été également évoquée à plusieurs reprises par des députés qui ont interpellé le chef du gouvernement Aziz Akhannouch en l'appelant à une évaluation globale de cette mesure. Au cœur des interrogations : le véritable bilan économique et énergétique du GMT+1. Les gains avancés justifient-ils ses répercussions sur la vie quotidienne ? Plusieurs voix pointent des effets sur la qualité du sommeil, l'organisation familiale, ou encore le rythme scolaire, notamment pour les enfants contraints de se lever avant le lever du jour. Une pétition citoyenne, lancée sous le slogan « Rendez-nous notre heure », appelle également à un retour définitif à l'heure légale (GMT). Ses initiateurs invoquent des arguments liés à la chronobiologie, estimant que l'alignement sur le cycle naturel de la lumière favoriserait le bien-être, la concentration et la santé globale. Arbitrage Malgré les années écoulées depuis l'adoption du GMT+1 permanent, la question reste entière. Les récentes données avancées par la ministre de la Transition énergétique viennent nourrir un débat déjà sensible, à la croisée des enjeux énergétiques, économiques et sociaux. Reste à savoir si l'Exécutif choisira de maintenir le statu quo ou d'ouvrir, comme le réclament parlementaires et citoyens, un débat national plus large sur le régime horaire le plus adapté au contexte marocain.