Face au phénomène des matinées obscures, une étude récente recommande d'évaluer l'impact de l'heure supplémentaire adoptée par le Maroc sur la consommation électrique et appelle à décaler l'entrée scolaire et administrative à 9 heures durant la saison hivernale. Le rapport, émanant du Centre Africain d'Études Stratégiques et de Digitalisation, souligne que le Royaume se trouve face à trois scénarios distincts concernant sa politique horaire et conclut que le maintien permanent de l'heure légale, soit l'ajout de soixante minutes à l'heure standard, engendre des coûts stratégiques avérés pour la santé publique, la sécurité routière et la justice spatiale. Dans cette optique, les auteurs exhortent le gouvernement à rendre public, dans un délai de six mois, le rapport complet ou la synthèse exécutive ayant motivé la décision de fixer l'heure à GMT+1 en 2018, afin de préparer le terrain pour un débat public transparent. Le Centre appelle également à l'application urgente d'un ensemble de mesures d'atténuation hivernales obligatoires, suggérant que les ministères de l'Éducation nationale et de la Transition numérique diffusent une circulaire commune pour retarder le début des activités à 9 heures du matin entre novembre et février. L'étude insiste par ailleurs sur la nécessité de transparence des données. Elle demande à l'Office National de l'Électricité et de l'Eau Potable de publier les données de la charge électrique horaire pour la période allant de 2016 à 2025, permettant ainsi d'évaluer l'impact réel du GMT+1 sur la consommation d'énergie. De plus, elle recommande de confier au Conseil Économique, Social et Environnemental la réalisation d'une analyse coût-bénéfice neutre et complète, couvrant l'économie, la santé, l'éducation et la sécurité. Cette démarche devrait s'appuyer sur l'expertise nationale et des méthodologies quasi-expérimentales pour garantir la robustesse des résultats. Dans la même logique, l'Agence Nationale de la Sécurité Routière est invitée à fournir des statistiques détaillées sur les accidents afin d'analyser les effets de l'obscurité matinale, le tout devant être accompagné d'une consultation nationale sur les préférences des citoyens et des acteurs économiques. Sur la base de ces résultats, il appartiendra au gouvernement et au Parlement de prendre une décision souveraine pour la décennie à venir. Si le maintien du GMT+1 est confirmé, le ministère de l'Intérieur devra lancer un programme de renforcement de l'éclairage public et du transport scolaire dans les zones les plus affectées. Le document de recherche détaille enfin trois scénarios politiques possibles, chacun comportant ses propres risques et avantages. Le premier envisage un retour permanent à l'heure GMT, ce qui garantirait un alignement total avec l'horloge biologique et une synchronisation avec les États-Unis et le Royaume-Uni, mais entraînerait la perte d'une heure de chevauchement quotidien avec l'Europe continentale en hiver. Le deuxième scénario consiste à maintenir le GMT+1 actuel avec des correctifs ; cela préserverait l'harmonie économique avec l'Europe, mais perpétuerait les coûts sanitaires et sociaux ainsi que le sentiment de décalage temporel. Quant au troisième scénario, il propose un système saisonnier alternant heure d'hiver et d'été. Bien que tentant d'équilibrer les bénéfices économiques estivaux et les avantages sanitaires hivernaux, cette option est considérée par la communauté scientifique comme la moins favorable en raison des perturbations physiologiques et productives qu'elle engendre.