Présidée par le ministre de l'Agriculture, Ahmed El Bouari, la 6e Conférence ministérielle de l'Initiative AAA s'est tenue en marge du SIAM 2026. Cette édition anniversaire, marquant les dix ans de l'initiative lancée en 2016 sous l'impulsion du Royaume du Maroc, a réuni des représentants de 13 pays africains, dont 10 ministres, aux côtés de partenaires institutionnels, financiers et scientifiques. La participation de Son Altesse Royale la Princesse Sarah Bint Bandar Bin Abdulaziz, directrice exécutive du Conseil international des dattes, a conféré un relief particulier à cette rencontre, illustrant l'intérêt croissant pour les enjeux d'adaptation agricole sur le continent. Dans un contexte marqué par l'intensification des effets du changement climatique, les discussions ont mis en lumière un défi majeur : le décalage persistant entre les besoins d'adaptation de l'agriculture africaine, estimés à 61 milliards de dollars par an, et les financements réellement mobilisés. Au-delà des constats, les ministres ont insisté sur un changement de paradigme. L'adaptation agricole ne peut plus être envisagée comme une réponse ponctuelle ou sectorielle. Elle s'impose désormais comme un levier stratégique de souveraineté alimentaire, de stabilité économique et de développement durable pour l'Afrique. Cap sur 2036 : une feuille de route continentale Les travaux ont permis de valider les orientations du document stratégique « 10 ans de l'Initiative AAA : Bilan et Vision 2036 », en cours d'élaboration par la Fondation Initiative AAA en partenariat avec la FAO. Ce cadre vise à structurer les politiques agricoles climato-résilientes à l'échelle du continent et à définir une feuille de route opérationnelle pour la prochaine décennie (2026–2036). L'objectif est de renforcer la convergence des politiques publiques, d'accélérer la diffusion de solutions techniques adaptées et de consolider les mécanismes de coopération entre pays africains. Les ministres ont réaffirmé le rôle central de l'Initiative AAA en tant que plateforme de référence pour la coordination et le plaidoyer en matière d'adaptation agricole. À l'issue des travaux, ils ont adopté la Déclaration de Meknès, actant leur engagement à inscrire cette question au cœur des priorités politiques du continent. Ils ont également salué le rôle du Maroc dans le portage de cette initiative, notamment à travers une coopération Sud-Sud active en faveur de la résilience agricole africaine. Vers une position africaine unifiée Au-delà du bilan, la conférence de Meknès ouvre une nouvelle séquence diplomatique. Elle constitue une étape clé dans la construction d'une position africaine unifiée sur l'adaptation agricole, en amont des prochaines échéances internationales, dont un rendez-vous de haut niveau prévu à Rome en septembre 2026, et la COP31 programmée à Antalya en novembre. Dix ans après son lancement, l'Initiative AAA s'affirme ainsi comme un instrument structurant pour repenser les systèmes agricoles africains face au défi climatique, avec une ambition désormais assumée : transformer la vulnérabilité en levier de souveraineté.