Portée par le ministère chargé des Finances et du Numérique, avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement, cette feuille de route ambitionne de faire de l'IA un levier concret de transformation de l'action publique et de l'économie. Le document s'articule autour de six axes majeurs. En tête, la gouvernance, avec la mise en place d'organes de pilotage, l'élaboration de règles éthiques et l'adaptation du cadre légal afin d'encadrer le développement des technologies d'intelligence artificielle. Une attention particulière est également accordée aux enjeux d'inclusion, de transparence et de durabilité, notamment à travers le contrôle des algorithmes et l'intégration des langues locales. Sur le plan des infrastructures, le Burundi prévoit de renforcer ses capacités numériques, moderniser ses centres de données et développer des solutions de cloud souverain. L'amélioration des réseaux télécoms figure également parmi les priorités. Le capital humain constitue un pilier central de la stratégie. Les autorités souhaitent adapter les cursus universitaires aux métiers de l'IA, former plus de 1 000 agents publics et encourager l'émergence de talents, en particulier chez les jeunes et les femmes. L'innovation et l'entrepreneuriat sont aussi au cœur de cette dynamique. Des mécanismes de financement dédiés, la création d'incubateurs et des incitations spécifiques doivent permettre de stimuler un écosystème de start-up spécialisées. Enfin, la stratégie privilégie des applications concrètes, avec une quinzaine de projets pilotes attendus dans des secteurs clés comme la santé et l'agriculture. L'objectif est d'obtenir rapidement des résultats tangibles, que ce soit en matière de diagnostic médical, de télémédecine ou de gestion des risques climatiques. Malgré ces ambitions, le pays doit encore relever plusieurs défis, notamment en matière d'infrastructures, de disponibilité des données et de cadre réglementaire. Cette stratégie vise justement à poser les bases nécessaires pour structurer ces éléments et accompagner la transformation numérique du pays, en cohérence avec sa Vision 2040-2060, rapporte wearetechafrica. À terme, le Burundi espère rejoindre le groupe des pays africains déjà engagés dans le développement de l'intelligence artificielle, comme le Rwanda, le Sénégal, le Maroc ou encore le Bénin. Le véritable défi sera désormais de traduire ces ambitions en résultats concrets et mesurables.