Au SIAM 2026, le ministre de l'agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, et la ministre déléguée chargée de la transition numérique et de la réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni, ont procédé à la signature d'une convention stratégique dédiée à l'intelligence artificielle appliquée à l'agriculture. Cet accord marque l'adhésion du ministère de l'Agriculture au Groupement d'Intérêt Public « JAZARI ROOT », dispositif central de la feuille de route nationale « AI Made in Morocco », lancée en janvier 2026. Il s'inscrit dans une dynamique plus large visant à accélérer l'intégration des technologies numériques et de l'intelligence artificielle dans les politiques publiques. Cette initiative s'inscrit dans le prolongement des Assises nationales de l'intelligence artificielle tenues en juillet 2025, au cours desquelles treize secteurs prioritaires avaient été identifiés, dont l'agriculture. « C'est un domaine où les applications du numérique et de l'intelligence artificielle sont particulièrement prometteuses, que ce soit pour la production, la gestion ou encore l'élevage », a expliqué Amal El Fallah Seghrouchni. L'agriculture, terrain d'expérimentation de l'IA Avec cette adhésion, le ministère de l'Agriculture rejoint une vingtaine d'administrations déjà engagées dans le dispositif JAZARI ROOT. L'ambition est de faire émerger des cas d'usage concrets de l'intelligence artificielle appliquée au secteur agricole, en s'appuyant notamment sur la valorisation des données. Parmi les axes prioritaires figurent l'optimisation des rendements, l'amélioration de la gestion des ressources – notamment hydriques – et le pilotage intelligent des exploitations. Le développement de solutions innovantes devra également s'appuyer sur une collaboration étroite entre acteurs publics, privés et académiques. Ce rapprochement s'inscrit à la croisée de plusieurs stratégies nationales, notamment Digital Morocco 2030 et Génération Green 2020-2030. Il traduit une volonté de convergence entre transformation digitale et développement agricole durable. Concrètement, le ministère de la Transition numérique accompagnera l'intégration du département de l'Agriculture dans la gouvernance du programme, tout en apportant son expertise en matière de digitalisation et d'intelligence artificielle. De son côté, le ministère de l'Agriculture s'engage à expérimenter des solutions innovantes, renforcer les compétences et structurer l'exploitation des données agricoles. Au-delà de la signature de ce premier accord-cadre, les deux parties annoncent déjà la conclusion prochaine d'une convention plus opérationnelle, précisant les modalités de mise en œuvre des projets.