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TRAGEDIE GRECQUE ARCHITECTURE ALLEMANDE
Publié dans L'observateur du Maroc le 28 - 06 - 2011

La Grèce, capitale de l'antiquité en toc. Au pied du Parthénon, la Grèce se pastiche : colonnades, amphithéâtres et chapiteaux, tout un décor de péplum a été dressé au siècle dernier par des Allemands romantiques. Ils ont construit la capitale la plus moderne d'Europe sur les décombres de la cité la plus antique.
Seul héritage des Anciens, la passion politique ! A Athènes désormais, tout le monde est docteur en Economie. Stratège en géopolitique. Expert en crises systémiques. Un commerçant au chômage exhibe son ticket de métro qui est passé de 1 euro à 1,40 euro et en le brandissant sous le nez de ses voisins leur explique la mondialisation, le krach de Lehman Brothers, la cupidité des armateurs… On échange autant d'insultes que d'arguments. Chacun a son avis. Ceux qui prétendent ne pas en avoir se font traiter d'imbéciles. Démagogie est un mot grec. Un coup de vent, la vue d'un képi ou d'une limousine officielle suffisent à échauffer les esprits. La démocratie se pratique en plein air. C'est le sport préféré des Athéniens. Dans la touffeur de l'été et le brouillard de pollution, c'était jusqu'à présent l'un des seuls qu'ils puissent pratiquer sans danger. Désormais, c'est une activité à hauts risques.
Le Premier ministre Papandréou a dû batailler pour obtenir le vote de confiance du parlement. Mais la séance a été plus difficile encore pour Angela Merkel, bousculée par la Commission des affaires économiques du Bundestag. Après deux semaines de brouhaha confus, la zone euro retient son souffle. L'Amérique n'arrange rien et s'inquiète de la cacophonie monétaire par la voix de son Secrétaire au Trésor, ce qui prouve que l'hôpital se moque toujours de la charité. Les économistes de l'Onu ajoutent à l'angoisse générale en dénonçant des remèdes pires que le mal. La cure d'austérité a jeté un pays dans le désert et les milliards d'euros déversés par les voisins européens se sont évaporés, comme un glaçon à midi au Sahara. Deux ans de perdus ! Est-ce que l'euro est le nom moderne de la fatalité qui transforme des problèmes domestiques de fin de mois en tragédie continentale ? A première vue, les Indignés de la place Syntagma sont les frères de ceux de la Puerta del Sol. Sauf qu'il ne faut pas se tromper d'indignation. Le scandale en Grèce, c'est l'absence d'hommes d'Etat. Les partis continuent d'ailleurs à se chamailler stérilement. On pourrait même dire qu'il n'y a pas vraiment d'Etat de droit. La justice ne fait pas son travail. Le cadastre n'existe pas. Le clientélisme est omniprésent. L'administration pléthorique. La fraude fiscale reste un sport national. On dirait même un devoir. L'assiette des impôts directs n'a jamais représenté plus de 10% du PIB ! Dans un pays colonisé pendant des siècles, le gouvernement garde quelque chose d'étranger. Les Grecs désignent d'ailleurs l'Etat avec un mot turc...
Le ver était dans le fruit dès l'entrée du pays dans la zone européenne, il y a trente ans. Valéry Giscard d'Estaing en fut le militant convaincant. C'était une posture d'esthète : Athènes devait faire le pendant à Rome, comme deux poufs autour d'un canapé. L'indulgence des Européens qui n'ont pas été trop regardants sur les critères remplis par les Grecs les a empêchés de saisir l'occasion. La crise est peut-être la dernière chance de construire un état moderne. Mais comme pour Athènes, l'architecte sera allemand.


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