Selon « Enjeux stratégiques », la communauté mondiale condamne fermement l'enrôlement d'enfants soldats par le polisario    Témara : Coup d'envoi d'un projet sur le renforcement des capacités des femmes    CAN. Lions de l'Atlas: Bounou de retour, Fajr et Hakimi toujours absents    Coronavirus/Maroc : 88 nouveaux cas admis en REA en 24H    Le Maroc réitère sa solidarité totale avec les Emirats Arabes Unis suite à l'attaque des Houthis contre Abou Dhabi    Climat : Des jeunes leaders marocains à l'honneur dans le cadre d'une campagne lancée par l'ONU    Mali: Un militaire français tué dans une attaque contre un camp de l'opération Barkhane à Gao    Essaouira : Le programme complémentaire de réhabilitation de Mogador, objet d'une visite ministérielle    Crise ukrainienne : Evacuation des familles du personnel de l'ambassade US en Ukraine    Images animées : Après 35 ans de gloire, le GIF est ringardisé    Italie: Berlusconi renonce à briguer la présidence    Alger au fond de l'isolement!    Cameroun: Au moins 16 morts dans un incendie "accidentel" dans une discothèque de Yaoundé    La femme marocaine traditionnelle à l'honneur    Omicron : Voici la partie du corps où le variant frappe en premier    Le Maroc, premier pays de destination de l'émigration française en Afrique    Eliminatoires Mondial Costa Rica : Les sélections féminines marocaine et sénégalaise font match nul    Club des Avocats au Maroc : Plainte déposée contre Hafid Derradji    Tayeb Hamdi : Le sous variant BA.2 d'Omicron nécessite plus de vigilance que d'inquiétude    Covid: Record quotidien d'infections en Russie pour le troisième jour consécutif    Le lac Aguelmam Azegza près de Khénifra accueille la 5e édition du «Ice Swim in Morocco»    Invité d'Info Soir, Rachid Benzine dit tout sur son nouveau livre « Voyage au bout de l'enfance » (Vidéo)    Températures prévues pour le lundi 24 janvier 2022    Casablanca : Le centre de santé Oum Keltoum-Al Walaa inauguré    Remontada spectaculaire des Rojiblancos face à Valence    BAM: Les indicateurs hebdomadaires en 5 points clés    Halilhodžić : le match contre la RD Congo, ce sera du 50-50    CAN 2021 : 12 cas positifs au Covid-19 dans la sélection des Comores    Covid-19: Pékin dépiste un quartier entier, à deux semaines des JO-2022    Covid-19: le sous variant BA.2 nécessite plus de vigilance que d'inquiétude (expert)    Togo. La charte des partis politiques change    Sahara marocain: le SG de l'ONU réaffirme la centralité du processus politique onusien    Magazine : Saïd Afifi, âme de déconstruction massive    L'Humeur : Quand échoppe trouve carouble à son battant    Open d'Australie: Nadal trop fort pour Mannarino (VIDEO)    Novak Djokovic veut jouer l'Open d'Australie en 2023    Les Etats arabes du Golfe cherchent à « restaurer la confiance » avec le Liban m    Une ONG américaine dénonce l'utilisation des enfants-soldats dans les camps de Tindouf    Législatives à Chypre-Nord sur fond de crise économique    Manger ou se chauffer ? Le choix cornélien de Britanniques face à l'envolée des prix    Maroc/Météo : temps assez froid et faibles pluies par endroits ce dimanche 23 janvier    Aéroport de Zagora : hausse de 180% du trafic passagers en 2021    La ville de Casablanca s'associe à la campagne "Informer les femmes, transformer les vies"    Sahara. Guterres: « Il est dans l'intérêt de tous de résoudre une fois pour toutes ce différend »    Le bureau du Cercle d'Amitié Maroc-Israël reçu par la présidente de la commune de Casablanca    L'humoriste Hamza Filali a célébré son mariage (VIDÉO)    The Voice : Le rappeur maroco-néerlandais Ali B accusé d'agressions sexuelles    Brésil: les défilés du carnaval de Rio de Janeiro reportés en avril pour cause de pandémie (officiel)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Dominique Riquet : « Tout le monde en Europe a compris que sans le Maroc, le Sahara et le Sahel deviendront des zones d'insécurité et de terrorisme »
Publié dans L'opinion le 02 - 02 - 2021

Sahara, immigration, influence au Parlement européen, l'Algérie, le député européen Dominique Riquet fait le point des dossiers délicats des relations entre le Maroc et l'Union Européenne, et ne cache pas son souhait d'une reconnaissance européenne de la marocanité du Sahara, aussi difficile soit-elle.
Après la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara, le Maroc a multiplié les appels à l'Union Européenne pour suivre son allié. Député européen, et ami du Maroc, Dominique Riquet nous livre sa vision, tout en se prononçant sur les tentatives de pression menées par l'Algérie au sein du Parlement européen pour nuire aux intérêts du Maroc, et sur les dessous de l'affaire de détournement des aides humanitaires qui a fait couler beaucoup d'encre.
- Après la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, peut-on espérer une position comparable de l'Union Européenne, en dépit des courants contradictoires qui la traversent ?
- Actuellement, il est encore très tôt que l'Union Européenne change sa position sur le dossier du Sahara, même après la décision des EtatsUnis. Pour ma part, comme vous le savez, j'ai toujours partagé la position du groupe d'amitié EU-Maroc au sein du Parlement européen, en soutenant la proposition d'autonomie proposée par le Maroc. Toutefois, la diplomatie européenne reste malheureusement encore alignée au processus onusien, du moins pour l'instant.
La décision américaine de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara ne manquera pas de conforter la position du Maroc vu son ampleur et son poids dans la communauté internationale. Sur le plan factuel, les choses sont claires, il suffit de se promener à Laâyoune ou à Dakhla pour se rendre compte des progrès qui sont réalisés jusqu'à maintenant en matière d'aménagement et d'investissement.
J'ajoute que l'Europe a intérêt à ce que le Sahara soit un territoire stable et sécurisé et cela ne peut être le cas que sous contrôle marocain, d'autant que des informations circulent sur les liaisons douteuses du Polisario avec des groupes terroristes. Autrement, cette zone risque de dégénérer dans le terrorisme sans le Maroc. Tout le monde en Europe a compris cela et la majorité des pays européens souhaitent de préserver d'excellents rapports avec le Maroc.
- Quel rôle peut jouer le Parlement européen dans ce sens et notamment le groupe d'amitié EU-Maroc au sein de cette instance ?
- Pour clarifier les choses, il existe au Parlement européen une infime minorité à gauche qui demeure réceptive aux thèses du Polisario, elle a été vivement fragilisée après la dislocation de « l'intergroupe pour le Sahara occidental », suite à la démission de son président. Il est donc évident que la cause du Polisario s'épuise progressivement au sein de l'hémicycle européen, et ceci me paraît irréversible.
En parallèle, le groupe d'amitié UE-Maroc fonctionne bien et nous défendons régulièrement les positions du Maroc. Dans le contexte actuel, rien, je suppose, ne paraît altérer les rapports avec le Maroc, sachant que tous les accords qui leur sont relatifs, et notamment ceux de la pêche, sont votés favorablement sans difficultés.
- Selon vous, la France, par son statut privilégié en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité et compte tenu de son leadership au sein de l'Europe, peut-elle (et veut-elle) influer en vue d'une inflexion de la position de l'Europe vers une reconnaissance d'une solution du différend du Sahara sur la base de la proposition d'autonomie ?
- Je ne pense pas que la France ira jusqu'à prendre pleinement le parti du Maroc dans le dossier du Sahara. Comme vous le savez, et compte tenu de l'état actuel des choses, ça m'étonnerait que la France prenne actuellement une initiative dans ce sens vu qu'elle tente toujours de garder un équilibre entre le Maroc et l'Algérie. De même, la diplomatie française a toujours eu des positions délicates vis-à-vis de l'Algérie. Pour le moment, la position de la France reste inchangée bien qu'elle soutienne le Maroc au Conseil de Sécurité.
- S'agissant des détournements des aides humanitaires à destination des réfugiés des camps de Tindouf par des responsables du Polisario avec la complicité de l'Algérie, qui furent critiqués par de nombreux députés européens, quelle est votre lecture de ce sujet et quelle suite judiciaire (ou diplomatique) sera donnée à ce phénomène établi par plusieurs rapports ?
- Ces agissements ont fait l'objet d'une enquête de l'Office européen de la lutte antifraude (OLAF), dont le rapport que j'avais lu prouve l'implication des autorités algériennes dans le détournement des aides humanitaires envoyées aux camps de Tindouf et pas seulement les dirigeants du Polisario.
En réalité, il s'agit d'un certain nombre de hauts gradés de l'Armée algérienne, dont les noms figurent dans le rapport où ils sont accusés de mettre la main sur les marchandises pour les vendre ensuite sur le marché algérien pour leur propre compte. Ca fait des années que nous étions au courant de ces dépassements et le rapport n'a fait que les dévoiler publiquement.
En effet, je tiens à préciser que c'est pour cette raison que l'Algérie et le Polisario omettent de faire un recensement de la population des camps de Tindouf de peur de voir l'aide humanitaire réduite. Pour sa part, la Commission Européenne est en contact avec l'OLAF à ce sujet, dont elle a l'air préoccupé, nous attendons pour autant qu'elle réagisse avec des mesures concrètes. En tant que membres du groupe d'amitié avec le Maroc, nous entendons évoquer ce sujet puisqu'il mérite d'être à l'ordre du jour. On aura l'occasion d'en parler après la fin de la pandémie qui perturbe l'agenda du Parlement européen pour le moment.
- Vu votre expérience, comment le Maroc peut-il augmenter son influence au sein du Parlement européen et faire face au lobbying acharné exercé par les Algériens ?
- Il est de règle que plusieurs pays défendent leurs intérêts au Parlement européen, tout le monde y est représenté soit par ses propres diplomates, soit à l'aide des groupes de pression. Comme vous le savez, je suppose qu'il existe une influence de la part de l'Algérie auprès de quelques députés ou des groupes parlementaires, pour faire valoir ses positions, de même manière que le Maroc dispose de représentants qui travaillent de façon intense dans le plaidoyer vis-à-vis des députés et sont bien représentés dans les institutions européennes de façon générale.
En ce qui concerne le Sahara, je tiens à rappeler que le Maroc a toujours gagné dans la bataille d'influence au Parlement européen, contre l'Algérie et le Polisario, et notamment lors du vote des accords et des Résolutions qui concernent de près ou de loin le territoire du Sahara comme l'accord de pêche par exemple.
- Longtemps cloisonné dans un rôle de gendarme de l'Europe en matière migratoire et de lutte contre le narcotrafic, le Maroc est désormais un partenaire stratégique de l'Europe en la matière dont le rôle s'étend également à la lutte contre le terrorisme, comment voyez-vous l'avenir de ce rôle et ses perspectives d'extension ?
- Personnellement, je ne partage pas le constat faisant du Maroc un garde-frontière de l'Europe, il est vrai que le Maroc est un partenaire incontournable de l'Union Européenne en matière d'immigration. Toutefois, le Royaume est confronté lui-même à ce problème en devenant un pays d'accueil pour plusieurs migrants d'Afrique subsaharienne. Vu que les deux partenaires font face au même phénomène, il convient de renforcer la coopération, qui est déjà très importante, surtout avec l'Espagne et la France, en y mettant plus de moyens et de ressources, le cas échéant. Plus il y aura de coopération, mieux ça ira. C'est évident.
Bourita appelle l'Union Européenne à prendre une décision courageuse
Après la décision des Etats-Unis de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara, entérinée par la nouvelle Administration de Joe Biden, et l'ouverture des consulats de plusieurs pays africains et arabes à Laâyoune et Dakhla, il est clair que le gain de l'adhésion de la communauté internationale est inéluctable. Toujours coincée dans l'hésitation et la circonspection, l'Union Européenne n'a pas encore tranché sur le dossier du Sahara et demeure encore attachée processus politique engagé par les Nations Unies, qui n'ont toujours pas pu nommer un nouvel envoyé spécial après la démission de Horst Köhler.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, n'a pas manqué d'appeler les dirigeants de l'UE à s'inscrire dans la dynamique internationale enclenchée par le large soutien à l'initiative du Maroc d'autonomie du Sahara sous sa souveraineté, et ce, lors d'un point de presse à l'issue de la conférence ministérielle de soutien à l'initiative d'autonomie sous la souveraineté du Maroc, tenue le 15 janvier.
Recueillis par Anass MACHLOUKH


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.