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Lutte anti-Covid: Le doute se pose sur l'efficacité des vaccins chinois
Publié dans L'opinion le 13 - 04 - 2021

Un haut scientifique chinois a admis que l'efficacité des vaccins chinois est « peu élevée », mettant sur la table l'option des vaccins à base d'ARN messager. Quid du Maroc ?
Alors que le Maroc s'apprête à recevoir quelque 10 millions de vaccins Sinopharm en avril et mai, le directeur du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, Gao Fu, a émis, samedi dernier, des doutes sur l'efficacité des vaccins chinois, indiquant qu'ils « n'ont pas des taux de protection très élevés ». En effet, les données disponibles montrent que les vaccins chinois sont en retard par rapport à d'autres en termes d'efficacité, notamment ceux fabriqués selon le procédé expérimental de l'ARN messager, comme Pfizer ou encore Moderna.

« La question de savoir si nous devrions utiliser différents vaccins issus de différentes lignes techniques pour le processus de vaccination est désormais officiellement à l'étude », a noté Gao Fu. De son côté, Wang Huaqing, responsable du Centre de contrôle et de prévention des maladies en Chine, a déclaré que des développeurs chinois travaillaient également sur des vaccins à base d'ARN messager. « Les vaccins à ARN développés dans notre pays sont également entrés dans la phase d'essai clinique », a-t-il annoncé, sans pour autant donner de calendrier pour leur introduction dans la campagne de vaccination.
Au Maroc, le scénario d'introduire les vaccins à ARN n'est pour le moment pas envisageable, nous indique Saïd Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales et membre du Comité technique de vaccination, et ce, du fait que les vaccins utilisés au Maroc se sont montrés jusqu'à maintenant efficaces (voir 3 questions à...). Il nous explique que le choix des vaccins dépend aussi et surtout de la situation épidémiologique et des souches circulant dans le pays. « En Afrique du Sud, par exemple, il ne serait pas judicieux d'utiliser ni le vaccin de Sinopharm, ni celui d' AstraZeneca. Par contre, les vaccins ARN sont efficaces à près de 60% », précise-t-on.
Même son de cloche du côté de Tayeb Hamdi, médecin, chercheur en politiques et systèmes de santé, qui nous explique que l'enjeu, aujourd'hui, c'est d'avoir des vaccins qui protègent contre les formes graves de la maladie. « Jusqu'aujourd'hui, le Maroc a utilisé près de 7 millions de vaccins AstraZeneca et un million et demi du vaccin Sinopharm, donc, notre paysage ne nous permet pas d'avoir une vision macro et distinguée sur l'efficacité des deux vaccins. Toutefois, les pays ayant utilisé massivement le vaccin chinois, tels que les Emirats, le Brésil ou même la Chine, ont publié des résultats qui corroborent parfaitement l'efficacité réelle du vaccin sur le terrain », ajoute le chercheur en politiques et systèmes de santé, ajoutant qu'au Maroc, pour l'instant, aucun problème n'a été signalé.
Quid de l'efficacité contre les variants ?
A côté des mutations spécifiques des variants détectés, tel que le B.1.1.7, communément connu sous le nom de variant britannique, de nouvelles mutations sont régulièrement décelées au Maroc. A cet égard, le Dr Tayeb Hamdi nous indique que le vaccin Sinopharm, non seulement assure une protection contre les formes graves de la maladie, mais théoriquement il devrait également être plus efficace contre les nouvelles souches du virus que les autres vaccins. « Le vaccin est conçu sur la base d'un virus inactivé, il génère donc une immunogénicité plus importante puisqu'il comporte en lui toutes les parties du virus », précise la même source, avant d'ajouter que « Sinopharm a déjà montré son efficacité contre les variants britannique et brésilien ». Ainsi, Tayeb Hamdi, tout comme Saïd Afif, estime que le Maroc n'est pas obligé de « switcher » vers les vaccins Pfizer-BioNTech ou Moderna, surtout que ces derniers représentent un grand défi logistique et un coût de conservation relativement élevé. « Si le Maroc décide de se tourner vers Pfizer-BioNTech ou Moderna, ça ne serait pas dû au taux d'efficacité affiché dans les essais cliniques qui dépasse les 90%, mais plutôt la possibilité d'approvisionnement et surtout l'efficacité contre les formes de maladies graves ».
Cela dit, Tayeb Hamdi affirme que suite au ralentissement de la campagne de vaccination, les mutations du virus vont continuer à se multiplier, «il faut donc continuer à respecter les mesures barrières drastiquement. C'est le seul moyen pour réduire la multiplication du virus et par ricochet réduire les mutations ».
Il est à noter que le variant britannique se propage 70% plus vite que la souche classique, avec 60% de virulence et de mortalité en plus. A titre indicatif, si l'on prend 10.000 personnes infectées par le Covid-19 au début d'un mois donné, on trouvera à la fin du même mois environ 130 décès avec la souche classique, contre 7 fois plus de nouveaux cas pour le variant britannique, ainsi qu'environ 10 à 11 fois plus de cas critiques et de décès. L'infection est également plus longue avec 13,3 jours de maladie en moyenne pour le variant britannique, contre 8,2 jours pour la souche classique. La clairance virale est aussi plus longue, le corps humain a besoin de 8 jours au lieu de 6,2 pour se débarrasser du virus.
3 questions à Saïd Afif
« Les vaccins choisis par le Maroc sont suffisamment efficaces pour endiguer la pandémie »
Saïd Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales et membre du Comité technique de vaccination, nous parle de la pertinence dans le choix des vaccins.

- Pour la première fois, un scientifique chinois haut placé a reconnu publiquement que les vaccins chinois avaient une efficacité relativement faible comparée à ceux fabriqués selon le procédé de l'ARN messager. Le Maroc devrait-il switcher vers ces derniers ?
- Les vaccins fabriqués selon le procédé expérimental de l'ARN messager sont efficaces à près de 60% sur les variants sud-africain et brésilien qui, aujourd'hui, se propagent comme une traînée de poudre dans le monde entier. Donc, les pays qui enregistrent un taux élevé de ce type de variants, comme la France par exemple, utilisent et ont intérêt à utiliser ce genre de vaccins. Au Maroc, où c'est le variant britannique qui commence à se propager, les vaccins Sinopharm et AstraZeneca sont suffisamment efficaces pour endiguer la pandémie. En témoigne la diminution des hospitalisations en Angleterre, où le variant avait atteint des chiffres très importants. Maintenant, les autres commandes effectuées par le Maroc, c'est surtout plus éviter une éventuelle pénurie.

- Quels sont les avantages des vaccins ARN ?

- L'avantage des vaccins fabriqués selon le procédé de l'ARN messager, c'est qu'ils sont bien plus simples et plus rapides à produire que les composants des vaccins dits «classiques». Donc, à l'apparition d'un nouveau variant, il serait plus facile d'adapter le vaccin. Toutefois, il présente certains défis tel que la fragilité de ces petites molécules d'acide ribonucléique qui impose de conserver les préparations vaccinales à une température extrêmement basse. Il s'agit là d'un défi logistique non-négligeable. C'est pour ça qu'on appelle la population à respecter les mesures de prévention sanitaire pour ne pas vivre ce qui a été vécu en Angleterre et ce que vit la France aujourd'hui côté épidémiologique.
- Pouvons-nous dire qu'avec les vaccins choisis par le Maroc, la situation épidémiologique dans le Royaume ne risque pas les scénarios inquiétants que connaissent plusieurs Etats ?
- La situation épidémiologique au Maroc a beaucoup changé avec le lancement de la campagne de vaccination. Aujourd'hui, on ne voit plus les seniors en réanimation, ce qui montre que les vaccins administrés sont adéquats à la situation. Néanmoins, on remarque une légère hausse du nombre de personnes moins âgées en réanimation, et ce, du fait que le rythme de la vaccination a baissé suite aux retards d'approvisionnement. Donc, si on continue de recevoir les doses comme prévu, le Maroc continuera dans sa lancée. Si on vaccine plus de 60% de la population, le virus ne va plus circuler et donc il ne va pas muter. D'ailleurs, la stratégie nationale de vaccination a réussi, car on a vacciné en premier les personnes à forte mobilité (médecins, forces de l'ordre, etc.). L'efficacité des vaccins administrés au Maroc peut également être perçue dans le cas de Dakhla où le variant britannique s'est largement propagé, pourtant, après un confinement de la ville, les choses sont revenues à la normale.


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