Affaire Ghali: La justice espagnole "enterre" l'affaire après 1 an d'enquête    Météo Maroc: temps assez chaud à chaud ce vendredi 27 mai    L'acteur américain Ray Liotta, star des "Affranchis", décède à 67 ans    Hussein al-Cheikh, nouveau secrétaire général de l'OLP    [Vidéo] Jets d'oeufs et de tomates accueillent la visite de Tebboune en Italie, confronté à la diaspora du Hirak    Sénégal: Macky Sall limoge son ministre de la Santé après la mort de 11 bébés    Nayef Aguerd se rapproche de la Premier League    « Le Bleu du Caftan » de Maryam Touzani à Cannes    Au Maroc, les réserves de sang couvrent à peine quatre jours !    Tibu Africa et Decathlon Maroc pour une alliance sportive et humaine au profit des jeunes    «Un plaidoyer commun pour la défense de l'intégrité territoriale des Etats»    La question taïwanaise dans le périple asiatique du président américain    Les Russes cherchent à s'emparer d'une ville de l'est de l'Ukraine    Un impératif et non une option pour le CESE    Tout ce qu'il faut savoir sur la billetterie    Un souffle de vie par l'image et l'échange    Entre défis de sauvegarde et enjeux de développement    Opéra NORMA de Bellini    Ligue Europa Conférence: revivez le sacre de La Roma (VIDEO)    Rabat: on connaît la date d'ouverture du nouveau « parking Bab El Had »    Inflation : la facture de compensation s'alourdit de 15 milliards de dirhams    Marina Agadir accueille une grande chaine hôtelière internationale    Variole du singe: plus de 200 cas confirmés dans le monde    NMD : Nadia Fettah Alaoui sollicite l'appui de la BAD    Maroc : La production locale d'électricité en hausse de 4,1% au 1er trimestre    Covid-19 : 239 nouveaux cas et zéro décès ce 26 mai    Maroc: Les arrivées de touristes grimpent à 1,5 million à fin avril 2022    Le Suriname ouvre un Consulat Général à Dakhla    Marrakech accueille le Festival aboudabien des courses de chevaux pur-sang arabe    Une grande éruption sous-marine visible depuis l'espace    Les changements climatiques augmentent les canicules    CHAN Algérie 2022 : Le Maroc déja qualifié, tirage au sort des éliminatoires    Un virus « tueur de cancer » en test sur un patient    Des arrestations suite à des émeutes ayant suivi le match de l'Ittihad Tanger et RSB Berkane    Covid-19: l'état d'urgence sanitaire prolongé jusqu'au 30 juin    L'Algérie confirme avoir écarté des aéroports espagnols à cause de la question du Sahara    Législatives : LREM exclut les «candidats dissidents» Mehdi Reddad et David Azoulay    Au sommet Melipol22, le Président du Conseil des ministres de Qatar s'entretient avec Abdellatif Hammouchi    Voici la liste des joueurs convoqués par Vahid Halilhodžić    Leila Cherkaoui et Abderrahmane Ouardane exposent à «Dak'Art»    «Points de vue» : Treizephotographes marocains livrent leurs sensibilités autour du monde    Berrechid: l'agresseur de l'influenceuse Loubna Mourid écroué    Le Maroc, l'UA et l'ONU célèbrent l'Afrique de l'espoir, de la diversité et du dynamisme    Le Maroc et la Hongrie veulent inscrire le partenariat économique dans leur coopération    Suisse: Roche annonce des tests PCR de détection du virus de la variole du singe    Ouverture du 15e Forum international de la Bande dessinée de Tétouan    La revue de presse du jeudi 26 mai    Corruption : Deux arrestations par semaine en moyenne grâce à la ligne directe    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Sommet extraordinaire de la CEDEAO : Les sanctions, épée de Damoclès à éviter
Publié dans L'opinion le 10 - 01 - 2022

Face aux exigences de la CEDEAO pour une transition courte au Mali, force est de constater que la junte au pouvoir à Bamako invoque des arguments de taille dont l'insécurité persistante dans le pays, en proie aux violences de toutes sortes, jihadistes, communautaires, crapuleuses... Mais aussi et surtout la nécessité de réformes, comme celle de la Constitution, pour que les élections ne souffrent pas de contestations à l'instar des précédentes. Des réalités qu'il faudra prendre en compte avant toutes sanctions.
Hier dimanche 9 janvier, la CEDEAO tenait un sommet extraordinaire, dans la capitale ghanéenne. Une rencontre consacrée à la situation au Mali, devenue préoccupante pour l'institution sous-régionale. Il ne fallait pas attendre un assouplissement dans l'intransigeance de la CEDEAO. Car entre Bamako et cette organisation l'entente est difficilement envisageable, elle qui voudrait une transition de courte durée. Le délai était fixé à ce mois de février. Ce qui est pratiquement intenable. Et la proposition des autorités maliennes semble aller à l'antipode.
En effet, après avoir avancé 5 ans, voilà qu'elle annonce une période transitoire ne passant pas les trois ans. Maintenant, tout le problème se situe là. Cette nouvelle date n'a pas manqué d'alimenter les débats car il appartient à la CEDEAO de faire en sorte que la population malienne ne soit pas victime collatérale dans sa volonté de punir la junte au pouvoir à Bamako.
En août 2020, déjà, la CEDEAO avait suspendu le Mali de tous ses organes de décision, suspension toujours en vigueur. Elle avait aussi fermé toutes les frontières terrestres et aériennes, et instauré un embargo sur les échanges financiers et commerciaux, à l'exception des produits de première nécessité.
En pleine pandémie, l'embargo infligé à un pays pauvre et enclavé avait été durement ressenti par la population. Ces sanctions avaient été levées au bout d'un mois et demi. Pour les analystes donc, la CEDEAO doit soupeser les risques de braquer les Maliens contre elle avec une nouvelle démonstration de rigueur.
Crédibilité et légitimité
Il faut reconnaitre que les autorités de transition avancent des arguments non négligeables. Elles invoquent l'insécurité persistante dans le pays, en proie aux violences de toutes sortes, jihadistes, communautaires, crapuleuses... Mais aussi et surtout la nécessité de réformes, comme celle de la Constitution, pour que les élections ne souffrent pas de contestations à l'instar des précédentes.
Face aux exigences de la CEDEAO, le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, avait même dépêché samedi deux ministres auprès de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest lors du sommet extraordinaire d'Accra sur le Mali, théâtre de deux coups d'Etat militaires depuis 2020 et en proie à une profonde crise sécuritaire constante. L'enjeu du sommet de dimanche était absolument crucial aussi bien pour le Mali que pour la CEDEAO elle-même.
Selon un diplomate, contacté à ce sujet et qui a requis l'anonymat, l'organisation y joue, à la fois, sa crédibilité et sa légitimité dans un contexte où ses décisions sont extrêmement contestées par les populations maliennes, qui estiment, notamment, que l'organisation défend davantage les intérêts des chefs d'Etat que ceux du peuple, en violation de ses engagements.
Déjà au Mali, certains accusent l'organisation de pratiquer le deux poids, deux mesures, en adoptant des positions fermes contre les coups d'Etat militaires, mais se montrant beaucoup moins critique vis-à-vis des dérives autoritaires des présidents élus qui s'accrochent au pouvoir. Une position mise notamment en avant par les soutiens du gouvernement malien, qui assimilent les actions de l'organisation ouest-africaine à une tentative d'ingérence dans les affaires du pays.
Les autorités de transition font, quant à elles, l'objet d'attaques de la part de plusieurs partis d'opposition, qui estiment que la prolongation de la transition n'est qu'une tactique pour rester au pouvoir. Un nouveau durcissement de ton ne fera que jeter de l'huile sur le feu.
Plaidoyer pour une paix durable
Toujours est-il que la force et l'importance de l'UEMOA réside aussi dans le fait que tous les pays membres ont une monnaie commune. Et la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO) joue un rôle capital. Si elle reçoit - par exemple - des instructions des chefs d'Etats d'arrêter les transactions avec le Mali, et de l'empêcher d'en avoir, le pays pourrait rapidement avoir des problèmes de liquidités pour payer les salaires des fonctionnaires.
En tous cas, le circuit financier sera rapidement grippé au Mali. C'est le pire qu'il faudra craindre. Or l'Afrique de l'Ouest n'a pas besoin d'un tel scenario car ce sont les populations qui vont souffrir. Ce qui fait dire à notre interlocuteur que la CEDEAO a tout intérêt à être flexible et de trouver un terrain d'entente au risque d'aggraver une situation explosive.
En la matière, les partenaires traditionnels du Mali multiplient les appels pour que, les mois à venir, soient engagées les vraies actions pour que le Mali retrouve sa place d'antan au sein du concert des nations de la CEDEAO. C'est dans ce contexte de multicrise qu'au terme de près de neuf ans de présence au Sahel, la France a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire en quittant ses trois bases les plus septentrionales au Mali (Tessalit, Kidal et Tombouctou) pour se recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso.
Ce plan prévoit une réduction des effectifs français au Sahel, de 5.000 à 2.500/3.000 d'ici 2023. Par ailleurs, plusieurs forces étrangères, d'environ 10 000 hommes, sont présentes au Mali pour lutter contre le terrorisme parmi lesquelles il y a Barkhane et MUNISMA.
Wolondouka SIDIBE


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.