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Afreximbank : Le Maroc, quatrième pays le plus endetté en Afrique
Publié dans L'opinion le 08 - 06 - 2025

Selon un rapport de l'Afreximbank, le Maroc se classe au quatrième rang des pays africains les plus endettés, avec une dette extérieure estimée à 45,65 milliards de dollars US en 2023. Cette position traduit à la fois le poids économique du Royaume et ses ambitions de développement à l'échelle continentale.
Dans son étude intitulée « State of Play of Debt Burden in Africa and the Caribbean », publiée le 28 mai, l'African Export-Import Bank (Afreximbank), basée au Caire, dresse un état des lieux des dynamiques de la dette extérieure en Afrique. Le rapport met en évidence la place significative du Maroc parmi les principaux emprunteurs du continent.
En 2023, la dette extérieure du Maroc représentait 5,9 % de l'encours total de la dette extérieure africaine, derrière des économies de premier plan comme l'Afrique du Sud (13,1 %), l'Angola (8,6 %) et l'Egypte. L'Afrique du Sud se positionne en tête, avec un encours atteignant 161,64 milliards de dollars, soit 21,1 % de la dette totale du continent. L'Angola, pour sa part, affiche 65,71 milliards de dollars US.
La position du Maroc parmi les plus grands détenteurs de dette extérieure s'explique par plusieurs facteurs, notamment les investissements importants dans les infrastructures, le financement de projets structurants, ainsi que la gestion des chocs externes, qu'ils soient économiques ou géopolitiques.
Néanmoins, le Maroc a historiquement adopté une approche prudente dans la gestion de sa dette, veillant à diversifier ses sources de financement tout en recherchant des conditions d'emprunt favorables. La résilience économique du Royaume, conjuguée à une stabilité politique et à des réformes structurelles soutenues, contribue à atténuer les risques liés à un endettement extérieur élevé. Toutefois, dans un contexte mondial marqué par les incertitudes, une gestion rigoureuse reste indispensable.
*Une dette à gérer dans une perspective de stabilité*
L'Afreximbank encourage l'ensemble des pays africains, y compris le Maroc, à réduire leur dépendance à l'égard de l'endettement extérieur. Pour cela, l'institution recommande une mobilisation accrue des ressources internes, le recours à des financements innovants, ainsi qu'un renforcement de la discipline budgétaire.
Pour le Maroc, cela suppose un soutien plus actif à l'investissement privé, une optimisation de la fiscalité et une meilleure efficacité de la dépense publique. L'objectif est clair : assurer une trajectoire soutenable de la dette tout en promouvant une croissance inclusive et durable.
En conclusion, la présence du Maroc dans le peloton de tête des pays africains les plus endettés ne reflète pas uniquement le volume de sa dette, mais également son poids économique et sa volonté de transformation rapide. À l'instar de grandes économies du continent telles que l'Afrique du Sud, l'Egypte ou encore le Nigeria, le Royaume est confronté à un défi stratégique : faire de la dette un levier de développement, et non une contrainte. Sa capacité à en maîtriser les contours sera un indicateur clé de sa stabilité financière et de sa trajectoire économique dans les années à venir.


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