Une initiative marocaine avancée brise l'impasse : un document détaillé sur l'autonomie met les adversaires de l'intégrité territoriale à l'épreuve du réalisme    Congrès extraordinaire à El Jadida : Mohamed Chouki élu président du RNI    Alerte météo : fortes pluies, averses, neige et rafales de vent de dimanche à mardi dans plusieurs régions    Affaire Epstein : sous pression, Jack Lang démissionne de l'Institut du monde arabe    Sáhara: bajo presión, Argelia y el Polisario ceden terreno    Mohamed Chouki élu nouveau président du parti du Rassemblement national des indépendants    Les Portugais aux urnes pour le second tour de la présidentielle    L'élargissement et la diversification du partenariat maroco-américain au centre d'une visite de M. Amrani au Mississippi    Intempéries à Taounate : près de 700 opérations pour protéger les populations et les infrastructures    Après le Maroc, l'Algérie ferme son espace aérien aux avions des Emirats    Sahara : sous pression, l'Algérie et le Polisario lâchent du lest    Le Maroc a des stocks de carburants «suffisants», mais des tensions bien réelles sur le terrain    Tinduf: Jóvenes incendian edificios administrativos tras la muerte sospechosa de un saharaui    Marruecos cuenta con reservas de combustible «suficientes», pero hay tensiones muy reales sobre el terreno    Deux secousses sismiques enregistrées dans les provinces d'Al Hoceima et Azilal    Citations clés du président Xi Jinping sur les sports d'hiver    LdC de la CAF : RS Berkane concède une 2è défaite consécutive    Jeux olympiques d'hiver : deux représentants pour entretenir la flamme de l'espoir    Dimanche chargé pour les internationaux et clubs marocains    Liga : Le Rayo Vallecano satisfait des débuts d'Ilias Akhomach    Intempéries : suspension des liaisons maritimes entre Algésiras, Tarifa et Tanger    Hassan Rouissi : "La créativité n'est pas un artifice, c'est le moteur de la performance"    Taux débiteurs : recul du taux global à 4,82% au 4ème trimestre 2025    RNI : élu sans rival, Chaouki prend la relève d'Akhannouch    Yaoundé : Amina Bouayach dénonce la non-ratification de l'ICMRW    Aéroports belges : 36,4 millions de passagers en 2025, un record    L'UIR et l'Université du Mississippi renforcent leur coopération académique et stratégique    CAN 2025 : Le Sénégal vainqueur, le Maroc gagnant    Affaire Epstein : Jack Lang convoqué au Quai d'Orsay, à son retour de Marrakech    Casablanca accueille le débat sur l'avenir : lancement de la première édition du colloque international « Le design et la communication comme leviers de l'innovation et de la transformation au Maroc »...    Le secteur de l'industrie des machines en Chine affiche des indicateurs positifs en 2025    Inondations : des hélicoptères Chinook mobilisés pour acheminer l'aide humanitaire à Sidi Kacem    L'Orchestre Symphonique Royal fait résonner l'âme de Respighi à Casablanca    Marché de l'emploi : ce que révèlent les tendances RH 2025 et les perspectives pour 2026    Azemmour: Retour de l'écoulement naturel de l'oued Oum Er-Rbia vers l'Atlantique    Australie : Trois morts dans le crash d'un avion léger au large de l'Australie-Méridionale    Italie: Coup d'envoi officiel des Jeux Olympiques d'hiver 2026    L'AFD souligne la résilience exemplaire de l'économie marocaine    LdC de la CAF : Chaâbani veut rapprocher la RSB de la qualification    Iran – Etats-Unis : Des pourparlers indirects relancés à Oman    L'aéroport de Berlin-Brandebourg à l'arrêt en raison du verglas    Caftan Week 2026 : les designers qui porteront le "Souffle de l'Atlas"    Marché Dar Essalam à Rabat: ouverture de l'aile ouest et du cinéma Pathé    « Le Maroc en Musique » : l'AMMA lance sa saison culturelle 2026    Crowdfunding: la campagne de Mazaya pour soutenir les jeunes talents    Le FICAM® revient pour une 24e édition axée sur la jeunesse    Télévision : 2M dévoile son menu ramadanesque    Décès du Chef Kimo, figure appréciée de la cuisine populaire    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Sahara: de l'autonomie négociée à la souveraineté imposée, le Maroc à la croisée des chemins
Publié dans L'opinion le 22 - 06 - 2025

Depuis que le Maroc a présenté en 2007 son initiative d'autonomie comme solution politique définitive au conflit du Sahara, cette proposition s'est imposée comme l'option la plus réaliste et la plus rationnelle pour résoudre le différend dans le cadre de la souveraineté marocaine et de l'intégrité territoriale du Royaume. Cette approche a bénéficié d'un soutien international croissant, couronné en décembre 2020 par la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Cette reconnaissance a ouvert la voie à des positions similaires de puissances occidentales majeures comme la France, l'Espagne, l'Allemagne et le Royaume-Uni, ainsi que de dizaines de pays africains et arabes qui ont concrétisé leur soutien par l'ouverture de consulats dans les villes de Laâyoune et Dakhla.
Ce tournant diplomatique reflète une conviction de plus en plus partagée au sein de la communauté internationale, l'initiative marocaine d'autonomie constitue la seule solution sérieuse et réaliste. À l'inverse, le projet de "référendum d'autodétermination" brandi par le Front Polisario s'est effondré, exposé dans sa nature réelle: un simple instrument de manœuvres politiques entre les mains de l'institution militaire algérienne.
L'armée algérienne: acteur central de la genèse et du blocage du conflit saharien
Malgré les avancées diplomatiques notables du Maroc, l'Algérie continue de jouer un rôle de perturbateur central dans la résolution du conflit saharien. Ce rôle ne se limite pas à un soutien financier et politique au Polisario, mais s'exerce à travers un contrôle direct sur ses décisions, faisant de ce mouvement un simple prolongement politique et sécuritaire de la doctrine militaire algérienne.
Cette posture rigide ne peut être comprise qu'à la lumière de la crise structurelle qui secoue le régime algérien, dominé par une élite militaire imposant une lecture sécuritaire figée. Le dossier du Sahara devient alors un levier stratégique pour masquer l'échec interne et détourner l'attention des demandes croissantes de réformes politiques et économiques. Isolée régionalement, l'Algérie parie sur la perpétuation du conflit avec le Maroc pour maintenir la légitimité de ses généraux et renforcer leur mainmise sur les leviers de décision.
Le Sahel: une fragilité sécuritaire qui accélère l'urgence du règlement
En parallèle de l'impasse politique entretenue par Alger, l'instabilité sécuritaire dans la région du Sahel s'aggrave. Devenue l'un des foyers les plus dangereux du continent, cette zone est désormais infestée par des groupes terroristes, séparatistes et criminels qui prospèrent sur la faiblesse des institutions dans des pays comme le Mali, le Niger ou le Burkina Faso. Cette menace ne concerne pas uniquement la sécurité interne de ces Etats, mais a aussi des répercussions directes sur la sécurité nationale du Maroc, la stabilité de l'Afrique du Nord et de l'Ouest, ainsi que sur l'Europe.
Dans ce contexte, le Sahara marocain s'impose comme un rempart stratégique face à l'expansion du chaos. Or, la prolongation artificielle du conflit, dictée par les calculs politiques algériens, expose les provinces du Sud à des vulnérabilités multiples. D'où une conviction croissante: la solution politique ne peut plus attendre. Le règlement souverain devient une nécessité impérieuse, non seulement pour affirmer la souveraineté marocaine, mais aussi pour préserver la stabilité régionale et contrer les risques de fragmentation et de dérive sécuritaire.
La souveraineté complète: un choix réaliste pour la stabilité
Face à l'obstruction continue de l'Algérie et en l'absence d'indications sur une volonté politique sincère de résoudre le conflit, de nombreuses voix stratégiques plaident désormais pour un basculement vers une affirmation pleine et entière de la souveraineté marocaine. Ce choix n'est plus une hypothèse théorique, mais une option réaliste, que le Maroc pourrait adopter, tôt ou tard, même de manière unilatérale.
Cela impliquerait un passage du cadre de l'offre politique, l'autonomie, à l'imposition d'un fait accompli souverain sur les provinces du Sud, intégrées de facto dans le territoire national, où l'Etat exerce pleinement ses prérogatives sans dépendre du bon vouloir d'acteurs sans légitimité ni autonomie décisionnelle.
Ce changement de paradigme n'est pas simplement une réponse au blocage algérien, il traduit une nécessité géopolitique de consolider la sécurité nationale, de protéger les acquis du développement dans le Sud et de sécuriser les frontières du Royaume face aux menaces complexes de l'environnement régional.
Aujourd'hui, l'influence d'un Etat ne repose plus sur les discours, mais sur sa capacité à exister sur le terrain, à assurer la paix, à intégrer ses territoires dans un projet de développement global. Celui qui détient le sol, le gère, l'organise et l'intègre dans l'Etat est celui qui s'impose dans l'équation de la légitimité internationale.
Le Maroc est désormais à un carrefour stratégique, soit son initiative d'autonomie reçoit une réponse réelle de la part d'un interlocuteur légitime, libéré de la tutelle algérienne, soit le Royaume choisit de clore cette offre et de passer à une nouvelle phase de règlement unilatéral. Ce choix est juridiquement légitime, stratégiquement justifié et géopolitiquement nécessaire au regard de l'évolution du contexte régional.
Un troisième scénario, hypothétique mais porteur d'espoir, serait l'émergence d'un changement démocratique en Algérie, vers un régime civil ouvert sur la coopération régionale. Un tel tournant pourrait ouvrir la voie à une paix durable et à une refondation de la coopération maghrébine, aujourd'hui paralysée.
Le temps du compromis n'est pas infini
La communauté internationale, consciente des mutations géopolitiques en cours et des dynamiques de développement portées par le Maroc, est aujourd'hui appelée à sortir de la gestion passive de la crise pour en soutenir une résolution politique ferme. Le soutien explicite à l'initiative marocaine d'autonomie est le seul cadre réaliste, viable et applicable sur le terrain.
Mais le temps ne joue plus en faveur des compromis reportés. Les acteurs misant sur le statu quo ou l'instabilité permanente risquent de perdre l'occasion d'une paix ordonnée. Le Maroc a, pendant deux décennies, fait preuve d'une patience stratégique exemplaire. Il a maintenu sa main tendue autour de l'autonomie. Mais cette offre ne saurait être éternelle.
Si l'Algérie et le Polisario persistent dans leur obstruction, le Maroc devra revoir sa proposition, retirer son offre d'autonomie et faire valoir pleinement sa souveraineté sur le Sahara. Car c'est là le seul moyen de garantir la stabilité régionale, d'assurer la paix et de consolider le développement au Sud du Royaume.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.