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Interview avec Gagoloum Adoum : Mettre à jour les données statistiques du continent
Publié dans L'opinion le 14 - 07 - 2025

En marge de la réunion du Programme Statistique Panafricain (PAS II), tenue du 9 au 11 juillet 2025 à Casablanca, sous le thème : «Mieux exploiter les données administratives : lever les barrières pour accélérer les Agendas 2063», M. Gagoloum Adoum, Chef de Division à AU-STATAFRIC, a bien voulu répondre à nos questions.
* En tant que représentant de l'Union Africaine, que représente pour vous cet évènement ?
C'est une manifestation de premier plan déjà pour notre continent. Nous ne pouvons pas avoir de données qui sont précises. Or, cet aspect requiert qu'en tant qu'Africains, on devrait être toujours là pour essayer d'avoir nos données produites par nous-mêmes et mises à la disposition de nos Etats et de nos dirigeants. Ceci étant, quand j'avais cité le cas des ministres, c'est taillé que c'est un fait. Quand on demande une information, il faut que celle-ci soit donnée en temps réel. C'est pourquoi cela montre l'importance des statistiques au niveau continental pour que nous puissions aider nos gouvernants à prendre des décisions sur la base de faits. Parce que si on prend une décision sur la base de faits, ceux-ci auront un impact beaucoup plus grand dans la mise en œuvre des politiques publiques. Des informations et des décisions qui sont prises sur la base du hasard ont un impact sur la vie de nos populations. On a pris des décisions erronées et après, chacun rejette la responsabilité. Prenons les décisions qui sont idoines.

* Aujourd'hui, 90% de nos données sont produites à l'extérieur. Est-ce que c'est quelque chose de faisable ?
Prenons un cas concret. Quand la Banque Mondiale vient, ou le FMI, ce sont les décisions deBretton Woods qui sont là, ils ont leurs propres données, qui, parfois, ne reflètent pas la réalité de nos politiques, de notre économie, de notre continent. Cela est encore plus vrai avec l'avènement des nouvelles technologies, comme l'Intelligence artificielle. En la matière, l'Afrique n'était pas bien préparée. Et c'est maintenant qu'on a commencé à se préparer pour avoir nos données.

* Est-ce que ça veut dire que l'Afrique est en train de s'outiller pour affronter ces nouvelles réalités ?
Nous n'avons le choix que de nous outiller pour affronter ces nouvelles réalités. Parce que déjà, avec l'admission de l'Union Africaine au G20, celle-ci doit parler au nom de l'économie de ses 54 Etats. En effet, pour parler avec les 20 économies les plus émergentes du monde, vos données doivent être fiables. Nous allons faire maintenant un audit informatique de nos départements, de nos Etats membres pour savoir où en sommes-nous afin de renforcer nos capacités en ressources humaines, recruter des informations, former des ingénieurs, pour qu'ils puissent être au diapason de nos réalités. Ce forum peut nous situer pour savoir où en sommes-nous. Il nous permet d'évaluer le bond administratif du continent.

* Et quel pourrait être l'apport du Maroc dans cette démarche ou dans cette vision ?
Vous savez, le Maroc joue un rôle beaucoup plus important aujourd'hui dans l'harmonisation des données statistiques au niveau continental. Déjà, le Haut-Commissariat au Plan est l'un des géants au niveau du continent avec des technologies qui sont beaucoup plus avancées. D'ailleurs, ce n'est pas notre première réunion avec cette institution, même si nous avons d'autres pays qui sont aussi bien avancés avec la technologie. Je vais citer par exemple le cas du Rwanda. Cet Etat joue un rôle beaucoup plus crucial en la matière en réunissant tous les décideurs du continent, mais aussi en mettant sa disponibilité à aider et accompagner les Etats africains et renforcer la coopération Sud-Sud.

* Est-ce que l'Union Africaine a un programme, un projet ou une démarche dans ce sens ?
Effectivement, il y a un chronogramme. L'Union Africaine a un programme en la matière. Déjà, il y a eu une anticipation qui a été faite en 2022 avec l'adoption des recommandations sur les données administratives. Et en ce moment, lorsqu'on a adopté les décisions en 2022, nous ne savions pas que l'Intelligence artificielle allait venir. Donc aujourd'hui, on est obligé de s'adapter, et aussi demander à nos Etats d'accompagner chacun de nos pays pour être à jour dans ses données administratives. Cela demande une coordination au niveau des pays, avec la Police, la Justice, l'Education, la Santé, on a besoin de tout le monde. Car toutes nos données doivent être à jour.

* Enfin, quel doit être le rôle des pays africains dans cette dynamique ?
Les pays africains doivent accompagner. Parce que déjà, en 2019, le chef d'Etat a pris une décision pour demander aux Etats d'allouer 0,15% de leur budget national pour le développement des statistiques. Aujourd'hui, sur les 54 Etats membres, on n'a que 16 Etats qui ont mis ces fonds de développement des statistiques en place. Donc maintenant, l'urgence est là. Il faut qu'ils mettent plus pour pouvoir mobiliser des ressources. Les 16 pays ont réussi à mobiliser 186 millions de dollars pour financer leur plan de développement et autres.

Recueillis par
Wolondouka SIDIBE
Bon à savoir
Le renforcement des capacités de production et d›utilisation des statistiques a été l›un des thèmes récurrents depuis le Plan d›action d›Addis-Abeba de 1990 (PAAA) pour le développement de la statistique dans les années 1990. Cela a été mené à travers son évaluation en 2000 et les évaluations ultérieures des systèmes statistiques nationaux des Etats membres, l›élaboration du Cadre stratégique régional de référence pour le renforcement des capacités statistiques en Afrique (CSRR) en 2006 et l›élaboration des Stratégies nationales de développement de la statistique (SNDS). Il a concerné, également, l›élaboration en 2009 de la Charte africaine de la statistique (CAS) ainsi que celle élaborée en 2010 de la Stratégie pour l›harmonisation des statistiques en Afrique (SHaSA). L'objectif de SHaSA est de faciliter les comparaisons des statistiques des Etats membres de l'UA au fil du temps grâce à la coordination et à la collaboration des parties prenantes nationales, régionales et internationales.


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