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Rentrée parlementaire : Appel Royal à la responsabilité partagée
Publié dans L'opinion le 12 - 10 - 2025

Face à la représentation nationale, le Souverain a fixé le cap pour le gouvernement, prié d'accélérer la cadence pour un plus fort impact sur le quotidien des citoyens. Décryptage.
C'est une fin de législature pas comme les autres. Vendredi, tous les regards étaient braqués sur le Parlement où SM le Roi Mohammed VI a prononcé un discours très attendu à l'occasion de la rentrée parlementaire.

L'hémicycle est d'une blancheur immaculée, reflétant la tradition marocaine dans toute sa splendeur. La représentation nationale retient son souffle. L'allocution royale s'annonce pleine de messages implicites et ciblés à bon entendeur.

Certains s'attendaient à des annonces décisives, d'autres à une réaction au contexte politique actuel où le gouvernement fait face à l'effervescence protestataire de la jeunesse.

Transcendant les clivages politiques, le Souverain s'adresse à la Nation toute entière à travers l'hémicycle et particulièrement au gouvernement.

La responsabilité partagée

Chaque intervention royale au Parlement est l'occasion de fixer le cap. Cette année, il est question de mettre la lumière sur la feuille de route à suivre à un an de la fin de la législature.

Les fins connaisseurs des subtilités de la communication royale savent pertinemment que les discours du monarque s'inscrivent dans une cohérence. Chaque mot est savamment choisi et adressé à un destinataire. Face au Parlement, le Souverain a insisté sur la justice sociale et plaidé pour un "Maroc émergent et solidaire", donnant ainsi suite au Discours du Trône où il a fait part de son refus d'un Maroc à deux vitesses.

Maintenant, l'heure est à la responsabilité, toutes les institutions et les corps intermédiaires sont sommés d'assumer leurs responsabilités et s'acquitter de leurs devoirs constitutionnels pour encadrer les citoyens et exprimer leurs aspirations. Il s'agit d'un rappel à l'ordre sachant que la communication a longtemps fait défaut, créant un fossé abyssal entre le citoyen et les institutions, notamment le gouvernement auquel incombe de rendre compte de ses politiques et expliquer à l'opinion publique ses choix à tous les niveaux. Faute de quoi, les citoyens restent en proie au doute et une cible facile à la désinformation.

Qu'on soit élu à quelque échelon que ce soit, responsable, leader politique à la majorité ou dans l'opposition, syndicaliste ou acteur médiatique, la responsabilité de canaliser les aspirations de la société et la défense de ses intérêts reste partagée.

"Cette mission n'est pas du seul ressort du gouvernement. Elle est l'affaire de tous, et vous, les parlementaires, êtes en première ligne, car vous êtes les représentants des citoyens", a rappelé le Souverain, appelant à accorder "une attention particulière à l'encadrement des citoyens et à la communication autour des initiatives engagées par les pouvoirs publics, et des différentes lois et décisions, notamment celles ayant trait directement aux droits et aux libertés des citoyens".

Le verset de clôture du Discours Royal est savamment choisi pour mettre tout le monde devant ses responsabilités. "Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d'un atome, le verra", a conclu le Souverain.

Passer à la vitesse supérieure

Pour sa part, le gouvernement est appelé à passer à la vitesse supérieure dans la mise en œuvre des projets sociaux et territoriaux pour qu'il y ait un impact plus fort sur le quotidien des citoyens.
Le Discours Royal s'inscrit dans les revendications portées par la jeunesse et qui, rappelons-le, font l'objet d'un consensus national. Le message est on ne peut plus clair : "Les fruits de la croissance doivent profiter à tous" au moment où le Maroc à deux vitesses n'est plus acceptable.

Le Discours Royal a beaucoup insisté sur les inégalités, qu'elles soient sociales ou territoriales. Il devient urgent aujourd'hui de réduire le fossé entre les grands pôles urbains et les régions éloignées pour que le Maroc avance d'un seul pas.

Le Souverain replace les priorités. La justice sociale et spatiale est un bloc. Réduire les disparités territoriales et la lutte contre les injustices sociales vont de pair. "Le diptyque "justice sociale et lutte contre les inégalités territoriales" est loin d'être un slogan creux, ou une priorité conjoncturelle dont l'importance pourrait décliner au gré des circonstances", a insisté SM le Roi, rappelant qu' « il ne devrait y avoir ni antinomie ni rivalité entre les grands projets nationaux et les programmes sociaux ». Cela dit, les grands chantiers d'infrastructure et l'investissement dans le capital humain sont deux faces de la même médaille à l'ère du nouveau modèle de développement.

Changer de méthodes

Le Discours Royal fixe les priorités : la création d'emplois pour les jeunes, la promotion concrète des secteurs de l'éducation et de la santé. Le cap est clair. Il est temps de changer de méthodes de travail et s'astreindre à la culture du résultat au moment où l'amélioration des services publics devient une urgence nationale.

La réhabilitation de l'école de l'hôpital public a été au cœur des revendications exprimées durant les manifestations du mouvement GenZ. La colère exprimée dans la rue n'est que le miroir d'une aspiration à une meilleure éducation et une santé gratuite pour tous. Deux objectifs majeurs que se fixe pourtant le gouvernement depuis 2021.

Encore faut-il accélérer la cadence. L'Exécutif est prié de faire preuve de plus de célérité dans la mise en œuvre des politiques de développement territorial. Le Souverain met solennellement en garde contre "toute négligence affectant l'efficacité et la rentabilité des investissements publics" jugée "inadmissible".

Un problème de fond auquel il faut remédier

Le Discours Royal pose un problème de fond. Cela fait des années que l'investissement public ne cesse de croître sans donner les effets escomptés ni en termes de croissance ni en matière de services publics. Une question d'efficience.

Le Maroc, rappelons-le, investit près de 30% de son PIB, ce qui devrait en principe le pousser à une croissance soutenue, à l'instar des pays émergents. Ce qui n'est, hélas, pas le cas actuellement bien qu'une embellie se profile cette année avec des estimations encourageantes du taux de croissance (5%). Aussi, des sommes pharaoniques sont investies dans l'éducation et la santé sans effets concrets sur le quotidien des citoyens.

Un an pour se rattraper

Maintenant, les priorités sont clairement définies pour le reste du mandat gouvernemental. La priorité doit être donnée aux régions en situation de très grande précarité, notamment les zones montagneuses et les oasis dans une logique de solidarité interrégionale.

Le Souverain a mis également l'accent sur le développement du littoral, réitérant ainsi l'objectif qu'il avait fixé dans le discours du Trône de 2023. L'économie de la mer est érigée en chanteur majeur vu son potentiel gigantesque dans la création de valeur et d'emploi. Là, le Maroc, rappelons-le, parie sur le renforcement des infrastructures portuaires, notamment à Dakhla, et la constitution d'une grande flotte navale en parallèle avec les projets halieutiques pour y parvenir.


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