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Enseignement supérieur: El Midaoui livre enfin sa vision de la réforme de l'Université
Publié dans L'opinion le 24 - 11 - 2025

Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Azzedine El Midaoui, s'est exprimé mercredi sur les questions qui fâchent au lendemain de la rentrée universitaire. Détails
Azzedine El Midaoui n'a jamais suscité autant de controverse que lors de cette rentrée universitaire. Depuis quelques mois, il se trouve au cœur du débat pour la réforme qu'il tente de mettre en œuvre pour améliorer la performance de l'université publique et rehausser le niveau des lauréats. D'où d'ailleurs une rentrée mouvementée par les grèves des fonctionnaires et des enseignants, lesquels ont haussé le ton pour dénoncer leur exclusion du processus de préparation du projet de loi 59.24 relatif à l'enseignement supérieur déjà transmis au Parlement. Pas de quoi contrarier la détermination du ministre qui, lors d'une conférence de presse tenue mercredi, dédiée à la rentrée, a semblé légitimer cette grève tout en minimisant son ampleur, si sérieuse soit-elle.
« Les syndicats exercent leur plein droit d'exprimer leur position par rapport à n'importe quelle mesure prise dans le secteur, et c'est un phénomène positif. Leur grève était surtout pour attirer notre attention pour les écouter, chose que nous avons faite et que nous continuons à faire dans l'avenir", a-t-il dit quand il a été interrogé à ce sujet, tout en se félicitant de la relation de bonne entente qu'il entretient avec les syndicats du secteur.
Pour lui, deux possibilités s'offrent désormais aux syndicats pour faire entendre leur voix : soit présenter leurs propositions et amendements au ministère, qui devra les approuver pour les défendre au Parlement, soit tout simplement user de leur droit au sein du Parlement pour défendre leurs amendements. (Voir trois questions).
Plagiat et maîtrise des langues à l'université
Outre le débat sur la loi-cadre, la même conférence a été l'occasion pour El Midaoui d'apporter des réponses à de nombreuses questions épineuses qui alimentent toujours le débat autour des études universitaires. Il s'agit notamment de la maîtrise des langues, un enjeu qui continue de hanter l'université en raison du cumul des lacunes d'apprentissage chez les élèves depuis le cycle secondaire.
À ce sujet, il a annoncé l'amendement des cahiers de normes pédagogiques relatifs aux cycles Licence et Master, en introduisant l'obligation d'enseigner, en dernière année, un module dans une langue étrangère différente de la langue d'enseignement du cursus, soit en anglais, en français ou en espagnol, tout en prévoyant l'enseignement d'au moins un module en arabe.
« Cette mesure vise à corriger les lacunes persistantes chez les étudiants, même si nous sommes conscients des défis qu'elle implique », a-t-il indiqué, soulignant la nécessité de renforcer le niveau de collaboration avec le ministère de l'Education nationale à ce sujet.
Dans l'objectif de permettre aux étudiants de développer leurs compétences linguistiques et transversales, une plateforme numérique nationale pour l'apprentissage et le développement des langues a été élaborée par une équipe marocaine multidisciplinaire issue des universités publiques. Baptisée « E-Logha-Sup », elle sera officiellement lancée le 29 novembre 2025 à Dakhla.
Pour lutter contre le plagiat dans les travaux de recherche de fin d'études, Azzedine El Midaoui a reconnu les limites d'efficacité des logiciels anti-plagiat. Selon lui, la manière dont les projets de recherche sont conçus, notamment en termes de volume, doit être revue, à l'image de l'expérience réussie de nombreux pays où le travail de recherche repose sur la discussion de publications scientifiques en un nombre défini de pages.
« Au lieu d'imposer aux chercheurs des travaux de 600 pages qui n'apportent pas nécessairement une réelle valeur ajoutée, nous cherchons à réinventer la manière dont la recherche est menée, afin de permettre à l'étudiant de produire un travail rigoureux, conforme aux normes pédagogiques et porteur d'une véritable valeur ajoutée », a-t-il expliqué.
Contrôle des universités
S'agissant de la lutte contre certaines pratiques immorales et illégales au sein des universités, le ministre a indiqué qu'il s'agit de cas rares et marginaux contre lesquels il faut renforcer la mobilisation au sein même de l'université.
En matière de contrôle, il a tenu à préciser les limites du champ d'action de son département, limites qui n'ont pas toujours été respectées par ses prédécesseurs. « Le ministère de l'Enseignement supérieur ne peut dépêcher une inspection dans les universités en l'absence d'une base légale, et ce, uniquement à la demande du président de l'université en cas de problème, comme c'est d'ailleurs le cas dans plusieurs pays », a-t-il souligné.
Il a également assuré que, lorsqu'une pratique illégale est signalée, c'est la commission scientifique de l'établissement qui se réunit et formule des propositions à la commission bipartite pour toute mesure disciplinaire. Le ministère, pour sa part, ne fait qu'approuver ces propositions conjointement avec le chef du gouvernement.

Trois questions à Azzedine El Midaoui "La réforme de l'université n'aura aucun impact sur la gratuité de l'enseignement pour l'étudiant"
Lors de la conférence de presse de mercredi, le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Azzedine El Midaoui, a répondu à nos questions sur l'intérêt des mesures jugées "controversées" dans le cadre de la réforme de l'université.
- Pourquoi tenez-vous tant à en finir avec les classes mixtes étudiants–fonctionnaires, malgré l'apport de cette mixité à la richesse de la formation, longuement défendu par les enseignants ?
- Cette mesure découle d'une conviction que le fonctionnaire ne peut étudier et travailler simultanément, et sur un argument déontologique : un étudiant salarié, qui assiste aux cours comme les autres, risque de négliger son travail au détriment de l'intérêt public, notamment dans l'Education. L'option du temps aménagé n'est pas à but lucratif et répond à la demande de nombreux fonctionnaires pour la formation continue, malgré le fait que celle-ci ne soit pas reconnue dans le marché du travail. Elle permet aux fonctionnaires et salariés de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions, tout en obtenant un diplôme reconnu. La séparation des groupes contribue aussi à réduire la surcharge des classes, améliorant ainsi la qualité de l'enseignement pour tous.
- Les syndicats s'opposent à la réforme de l'enseignement supérieur sans concertation avec eux. Qu'en pensez-vous ?
- La préparation de la loi-cadre a suivi la procédure légale en vigueur qui n'impose pas au ministère de consulter les centrales syndicales pour l'élaboration d'un tel texte. Le projet avait été préparé puis soumis au Conseil Supérieur de l'Education, qui représente l'ensemble des acteurs du secteur. Ce dernier a émis ses remarques et propositions, et le ministère a veillé à prendre en compte près de la totalité de ces recommandations, très utiles. Le projet a par ailleurs été discuté avec le Secrétariat Général du Gouvernement et amélioré pour aboutir à la version finale rendue publique en juillet dernier. Aujourd'hui, nous avons discuté avec les syndicats, qui vont bientôt émettre leurs observations, et les points sur lesquels nous sommes d'accord seront défendus au Parlement.
- Les syndicats reprochent au projet de loi-cadre de l'enseignement supérieur d'ouvrir la voie à la privatisation en instaurant l'autonomie des universités. La gratuité de l'enseignement est-elle véritablement menacée ?
- Cela n'a aucun effet sur la gratuité de l'enseignement pour l'étudiant, les frais d'inscription étant même supprimés. La vision stratégique 2015-2030, à l'origine de la loi-cadre, a tranché cette question une fois pour toutes. L'autonomie de l'Université n'aura aucun impact sur l'accès gratuit à l'enseignement et elle ne vise, entre autres, qu'à promouvoir une vision stratégique pour le développement de l'Université dans son environnement territorial.


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