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Le Festival National des Arts Populaires sous perfusion : La 49ème édition n'a toujours pas décliné l'attestation de sa survie
Publié dans L'opinion le 05 - 06 - 2014

Le Festival National des Arts Populaires (FNAP) serait-il atteint de sénilité et de sénescence pour devoir souffrir en silence dans un anonymat indigne de son rang de doyen ? Que lui est-il arrivé pour ne plus donner signe de vie depuis sa piètre prestation de la saison passée ? C'est la question qui se pose avec insistance dans tous les rassemblements culturels et artistiques où l'inquiétude quant à la dégradation de son état de santé est de plus en plus manifeste.
Qu'un festival régional connaisse pareille situation, ça pourrait se comprendre, mais que le FNAP qui jouit d'un statut national et qui est sensé véhiculer le patrimoine folklorique du Maroc profond comme le voulait son créateur feu Mohammed V, tombe dans l'oubli, est difficile à croire car une telle négligence s'expliquerait par une ingratitude envers notre histoire voire un forfait d'Etat. Et qu'on ne vient pas nous dire que c'est tout simplement à cause de l'insuffisance de moyens.
On pourrait penser que nous incriminions ses organisateurs qui, le cas échéant, trouvent la parade dans l'insuffisance des ressources financières, ce qui est en partie vrai. Nous estimons que les véritables coupables de la dégradation de cet événement culturel national sont plutôt les ministères de la Culture et celui du Tourisme pour ne pas dire de tout le gouvernement en place.
Le premier pour avoir failli à son devoir de le soutenir et de veiller à sa préservation et son développement puisque c'est lui le garant de la préservation et de l'épanouissement de tout ce qui touche à notre culture.
Le second pour sa myopie sur le rôle que peut jouer la culture dans l'efficience du secteur touristique, d'ailleurs on peut constater que plusieurs pays en font le moteur de la promotion de leur produit.
A entendre parler du succès éclatant de Mawazine (Rabat), des Alysés ou du festival des Gnaoua, de ceux de la spiritualité et du soufisme de Fès, de celui de la Fête des Roses de Zagora qui demeurent pourtant à leurs débuts par rapport au FNAP qui est à sa 49e bougie, nous avons envie de dire assez ! Assez de malmener un legs culturel que feu Mohammed V vous a confié pour en faire le vecteur principal de notre patrimoine artistique.
Tout récemment, nous avons consulté le calendrier des événements inscrits dans le programme des manifestations culturelles et artistiques prévues à Marrakech. Imaginez que le FNAP est le seul parmi une centaine à ne pas avoir mentionné la date de son événement !
Ne dit-on pas, à juste titre, «qui n'avance pas recule»? C'est, à n'en pas douter, le cas du FNAP.
De grâce, la situation du FNAP est si grave pour persister dans ce silence coupable. Un séminaire qui permettrait d'en faire le diagnostic en faisant appel à des techniciens du métier (des hommes de la culture et des Arts) sera le bienvenu tant qu'il permettra de sauver ce qui peut l'être et de le remettre sur pied. Toute attente ne ferait qu'aggraver encore davantage son état.
Pensez donc qu'il y a une trentaine d'années, la commercialisation du FNAP se faisait dans les salons internationaux du tourisme par le biais des bureaux de l'ONMT établis à l'étranger et que les TV de toutes parts sollicitaient alors sa couverture.
Le sentiment d'amertume et de dépit que le simple rappel de ce souvenir suffirait à interpeller les décideurs à réagir pour sa résurrection. Dans tous les cas de figure, continuer à se confiner dans le silence et à pratiquer la politique de l'autruche n'est ni plus ni moins qu'un forfait devant un devoir national.


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