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Yémen: Aqpa, la branche la plus dangereuse d'Al-Qaida
Publié dans L'opinion le 03 - 02 - 2015

La France a plus l'habitude d'entendre parler d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui sévit au Mali, que d'Al-Qaida dans la Péninsule arabique (Aqpa). Pourtant c'est bien au nom de cette branche yéménite d'Al-Qaida que Chérif Kouachi a revendiqué avoir massacré les dessinateurs de "Charlie Hebdo". "Dites aux médias que c'est Al-Qaida au Yémen !", ont lancé les djihadistes après la tuerie.
Il aura fallu quelques jours à cette organisation terroriste pour revendiquer officiellement l'attaque. "C'est nous qui avons choisi la cible, financé l'opération et recruté son chef", a tenu à souligner mardi dans une vidéo de onze minutes, Nasser Ben Ali al-Anassi, un responsable d'Aqpa.
Depuis que la fusion des branches saoudienne et yéménite d'Al-Qaida a donné naissance en 2009 à Aqpa, le Yémen est devenu aux yeux des renseignements occidentaux l'une des principales terres du terrorisme islamiste international.
Cette franchise locale dirigée par l'ancien secrétaire particulier d'Oussama ben Laden, Nasser al-Wahishi, a renforcé son emprise sur ce pays en profitant des ambiguïtés à son égard de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, puis de l'affaiblissement du pouvoir central après sa chute, en 2011, sous la pression de manifestations populaires.
Avec l'objectif d'instaurer un émirat islamique, Aqpa s'en prend moins aux civils qu'à l'appareil sécuritaire étatique, ce qui fait dire au chercheur Laurent Bonnefoy qu'elle opère plus au niveau local comme une "guérilla" que comme une organisation terroriste.
Devenue la bête noire du régime, l'armée yéménite, aidée par les bombardements de drones américains, est parvenue à repousser son avancée. Mais aujourd'hui, le régime est au bord du chaos, affaibli par les attaques d'Aqpa et d'une milice chiite venue du Nord, les rebelles houthistes, qui contrôle Sanaa depuis septembre.
Les nombreuses victimes civiles causées par la répression exercée par le régime et les bombardements des drones ont renforcé l'emprise des djihadistes au sein d'une partie de la population.
Dans ce contexte, l'attentat contre "Charlie Hebdo" lui donne ce qui lui faisait encore défaut ces dernières années : un retentissement planétaire.
Alors qu'Al-Qaida a été affaiblie par la montée en puissance de l'Etat islamique, une organisation née dans son giron en Irak en 2006 et qui s'en est depuis affranchie, entrant même en concurrence avec la maison mère, Aqpa est une exception : elle est considérée par Washington comme la franchise la plus dangereuse du réseau de feu Ben Laden.
Et pour cause : Aqpa mène surtout des attaques contre l'Arabie saoudite et les Etats-Unis. Mais elle a beau avoir fait preuve de beaucoup d'inventivité ces dernières années, ses projets d'attentats à l'extérieur ont pour la plupart échoué. Comme à Noël 2009, quand Oumar Farouk, qui avait dissimulé des explosifs dans son caleçon, avait raté son attentat contre un avion de ligne américain reliant Amsterdam à Detroit.
Moins connus que les camps d'entrainement dont disposait Al-Qaida en Afghanistan, les camps d'Aqpa attirent des jeunes recrues du monde entier. L'un des frères Kouachi aurait appris le maniement des armes au cours d'un séjour au Yémen en 2011, selon diverses sources, et fréquenté deux établissements coraniques radicaux, l'université Al-Iman, à Sanaa, et le centre d'études de Dammaj, dans le nord-ouest du Yémen.
Si les Américains redoutent tant Aqpa, c'est aussi en raison de sa redoutable stratégie médiatique. Outre les vidéos de propagande postées par Al-Malahim, son organe de communication, Aqpa a su avant tous les autres groupes djihadistes exploiter les réseaux sociaux et internet en général. L'instigateur de cette stratégie de communication est Anwar al-Awlaqi, l'idéologue et ex-chef d'Aqpa.
Ce Yéménite charismatique né aux Etats-Unis, où il a été imam avant de rejoindre le Yémen, a péri en 2011 sous un bombardement de drone américain. Mais il est encore aujourd'hui considéré par les djihadistes comme une figure presque aussi importante que Ben Laden.
Parfaitement anglophone, il touchait une audience occidentale : auteur du livre "Les 44 voies pour soutenir le Djihad", où un chapitre est consacré au djihad.com, il est aussi à l'origine du magazine de propagande anglophone diffusé sur internet "Inspire". Lancée en 2010, cette brochure fournit des conseils pour mener des attentats, des tutoriels pour fabriquer des bombes artisanales et incite au djihad individuel en Occident.
Que deviennent donc toutes ces recrues inspirées, voire formées par Aqpa ? Morten Storm, un ancien membre danois d'Aqpa retourné par les services secrets occidentaux (dont le livre, "Agent au coeur d'Al-Qaida", coécrit avec Paul Cruickshank et Tim Lister, paraît aux éditions du Cherche Midi le 26 février) a expliqué sur ABC News, le 9 janvier, comment Al-Awlaqi avait créé des cellules dormantes d'Aqpa en Europe, capables de patienter plusieurs années. Les frères Kouachi, a-t-il dit, "se sont débrouillés pour se trouver en dehors des radars (des renseignements, ndlr.) et... ils se sont finalement réveillés, comme une cellule dormante, pour (commettre) cette atrocité".
Les frères Kouachi étaient-ils l'une de "ces cellules dormantes d'Aqpa" ? Chérif Kouachi a dit à BFMTV, avant de tomber sous les balles du GIGN vendredi dernier, avoir séjourné au Yémen en 2011 grâce à des fonds versés par Awlaqi, qu'il aurait rencontré lors de son séjour en 2011. Mais pourquoi Aqpa irait-il viser "Charlie Hebdo" ?
Le magazine "Inspire" a inscrit en 2013 le directeur de la publication de Charlie Hebdo, Charb, de son vrai nom Stéphane Charbonnier, sur sa liste de personnes à abattre. Mais en 2010, déjà, Al-Awlaqi avait menacé les journaux qui reproduiraient les caricatures de Mahomet, publiées en 2005 dans le journal danois "Jyllands- Posten". Depuis qu'elle combat Aqmi, la branche africaine d'Al-Qaïda au Sahel, et l'Etat islamique en Irak (Daesh), la France s'est attirée encore un peu plus d'ennemis au sein de la mouvance djihadiste internationale.


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