Depuis dimanche, l'actualité africaine est dominée par deux événements majeurs, mis à part la guerre farouche contre Boko Haram, l'élection présidentielle au Nigéria (le 28 mars), la lutte en passe d'être gagnée contre Ebola, le procès bâclé d'Abidjan de la clique à Mme Simone Gbagbo, l'éternel conflit au sud Soudan ou encore le racisme galopant en Afrique du Sud contre les ressortissants africains. Il s'agit des pourparlers entre le gouvernement de Bamako et les rebelles et affidés du MNLA pour une paix définitive dans la région septentrionale du Mali. Le second événement est l'arrestation sans commune mesure et de façon ridicule des jeunes activistes du Sénégal et du Burkina Faso par les autorités de la RDC. Deux situations qui expliquent la mauvaise foi de ceux-là mêmes qui sont sensés être les acteurs et les vecteurs de la concorde, de la tolérance, de la démocratie et les garants des libertés individuelles. Les Azawadéens, un terme nouveau qu'il faudra désormais s'y faire, grâce à la complicité du « libérateur » et qui propose une solution d'un côté et le contraire de l'autre dans le souci d'avoir la main mise sur des richesses gazeuses et pétrolifères du nord du Mali. Sinon comment expliquer que Kidal reste une ville aux mains des mouvements islamistes sans que ni l'armée malienne ni les forces africaines en place ne puissent faire régner la loi républicaine. Pis, l'accord qui a été paraphé par le gouvernement malien, après beaucoup de concessions, est rejeté par la coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). Au motif que le document ne tient pas en compte des revendications principales du MNLA et groupuscules bellicistes du nord du Mali. En réalité, la CMA demande une autonomie politique qui devra aboutir, à terme, sur l'indépendance de cette région. Donc la partition du Mali. Une revendication primaire et utopique que le MNLA distille dans ses discours à qui veut l'entendre. Cette stratégie ne peut tromper personne et le gouvernement en a conscience. C'est révoltant de voir que tout le Mali soit mené en bateau par ce mouvement qui handicape le développement de ce pays. Pire, c'est dans cette même région que la plupart des investissements maliens y sont consacrés. Mais les détournements et autres pratiques frauduleuses ont empêché la réalisation de tout projet. En demandant donc un statut particulier pour les régions du nord du Mali (Gao, Kidal et Tombouctou), le MNLA ne fait que jeter de l'huile sur le feu et s'expose à des mesures restrictives de la communauté internationale. Il est temps que cette supercherie s'arrête et le gouvernement malien se consacre au développement et à la pacification du pays au profit des tous les enfants de la nation. La seconde actualité est encore plus révoltant. Venus du Sénégal et du Burkina Faso, à l'invitation de la société civile congolaise, quatre leaders des mouvements citoyens Y'en a marre et Balai citoyen ont été arrêtés avec une trentaine de Congolais. Ils sont accusés par les autorités de vouloir déstabiliser le pays. Nombreux sont les députés, au sein du Parlement congolais, à ne pas approuver cette opération. Comme le ridicule ne tue pas, Joseph Kabila vient de franchir un nouveau seuil dans ce qu'il convient d'appeler son amour pour le pouvoir. Ces jeunes sont ainsi taxés de colporteurs, de germes de la révolution en Afrique comme si les Congolais ont besoin des mouvements citoyens Y'en a marre et Balai citoyen pour s'opposer au troisième mandat de leur président. Déjà sa tentative de modifier la Constitution a été rejetée par le parlement. Deuxième essai : l'organisation d'une série d'élections et un nouveau recensement. C'est encore un deuxième échec. Autant dire que les mouvements citoyens Y'en a marre et Balai citoyen ne sont que des boucs émissaires. Car Kabila sait que le peuple s'opposera à son troisième mandat. En anticipant le cours des événements, Kabila se pose en victime d'un complot international visant à déstabiliser son régime. C'est justement révoltant car les mouvements citoyens Y'en a marre et Balai citoyen ne sont ni des groupes armés. Ils n'ont ni des fusils d'assauts, ni des chars encore moins ils ne sont pas des bandits de long chemin. Ce sont des pères de famille, des citoyens ordinaires. Ils n'ont juste que des plumes et des micros pour véhiculer les valeurs de la démocratie, de la tolérance, du vivre ensemble, de la paix et l'entente. Des valeurs qui sont communes à tous les êtres de la terre. A moins qu'en RDC, cela soit considéré un crime...