L'automobile électrique connaît une hausse de 60,9 % des ventes en Europe. Bien avant l'Angleterre, l'Allemagne et la France, la Norvège se présente en leader mondial du secteur de l'automobile électrique avec plus de 18.654 modèles vendus pour le premier semestre de 2016. Les plus gros constructeurs automobiles se tournent tous vers le véhicule hybride et électrique : Daimler a annoncé que tous ses modèles seront hybrides, avec une autonomie de 500 km, d'ici 2025. Le Maroc est résolument engagé dans un processus de développement durable et ses ambitions pour devenir leader à l'échelle du continent africain sont sérieuses et légitimes. La tenue à Marrakech de la COP22 n'est pas un hasard. Sa Majesté le Roi y a réaffirmé « que le Maroc consacrera ses efforts, pendant son mandat, et les ressources financières disponibles durant cette courte période, pour remplir cette mission difficile et noble» et que « l'heure est venue pour redresser la situation actuelle. Nous n'avons d'autre choix que d'œuvrer à rattraper le temps perdu par une mobilisation continue et globale et une cohésion constructive, pour assurer aux générations successives une vie commune digne et durable ». De fait, le Maroc connaît des avancées en matière de mobilité électrique et est probablement un des pays les plus engagés à ce niveau sur le continent africain : transports en commun avec tramway électrique à Rabat et Casablanca, bus touristique électrique à Marrakech, convention entre la BCP et la compagnie chinoise Yangste et installation de la première borne de recharge à la sortie de Casablanca, ainsi que d'autres projets qui devront voir le jour, suite à la visite qu'avait effectué SM le Roi Mohammed VI en Chine. Quant à la mobilité électrique automobile, certains attribuent son faible développement au manque de moyens publics et privés. D'autres la considèrent non prioritaire. Il est vrai que les charges liées au prix d'achat, l'entretien et autres constituent un coût global de possession élevé, à savoir le TCO (Total Cost for Ownership). Ce n'est donc pas un hasard si le Souverain a lancé un appel devant permettre « aux pays du Sud, et plus particulièrement aux pays les moins avancés et aux Etats insulaires, de bénéficier d'un soutien financier et technique urgent leur permettant de renforcer leurs capacités et de s'adapter aux changements climatiques ». Le développement durable a un coût qui ne peut être supporté sans une vision de solidarité à l'échelle mondiale. La mobilité électrique automobile n'est pas un luxe, mais une réelle nécessité. Elle joue un rôle image urbaine écologique qui est essentiel dans la sensibilisation des esprits et des consciences. Le Directeur de l'Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (ADEREE), Saïd Mouline, a déjà bien rappelé l'impact environnemental du secteur du transport à hauteur de « 40% de la consommation nationale en énergie finale » et « plus de 23% des émissions de gaz à effet de serre » ainsi qu'une augmentation annuelle régulière de la consommation de carburant « avec un rythme supérieur à 5% par an » ; alors qu'une réduction de 12% est souhaitée par les pouvoir publics d'ici 2030. L'élaboration de conditions normatives strictes quant aux véhicules polluants (taxi, bus ou autres) et la suppression des véhicules vieillissant constituent un début. Plus frontalement, le consortium sur la mobilité électrique au Maroc, apparu dans un communique datant du 27 avril 2016 avec Nissan, Renault, Schneider et M2M, fait état d'un objectif défini de 15% de ventes électriques à l'horizon de 2030. Il faut espérer que ces objectifs soient atteints. Le Maroc en sortirait renforcé dans sa dynamique irréversible de développement humain durable. *Etudiant Sup de Co Montpellier, Membre de l'Association Ribat Al Fath