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Le renouvellement générationnel de la sphère politique, tributaire d'une profonde refonte du système politique(rencontre)
Publié dans MAP le 26 - 08 - 2011

Les participants à une rencontre de réflexion sur les enjeux de la représentativité des jeunes lors des prochaines élections ont souligné, vendredi à Rabat, que le renouvellement générationnel de la sphère politique est tributaire d'une profonde refonte du système politique actuel.
Intervenant lors de cette rencontre, organisée par l'Institut Amadeus, le directeur de publication du quotidien Le Soir, Saad Tazi, a souligné que le mouvement du 20 février a ouvert un espace pour un regain d'intérêt pour la politique de la part des jeunes, et reflète la volonté d'une large partie de la jeunesse marocaine de prendre son destin en main.
Toutefois, a-t-il estimé, entre les partis politiques classiques et le mouvement du 20 février, il n'y a pas de véritable projet de société pour le pays.
Pour le président du Cercle des Jeunes Démocrates, Mehdi Bensaid, le mouvement du 20 février est un mouvement contestataire qui reflète un sentiment de raz le bol total, engendré par un parlement faible, l'absence de rajeunissement de la classe politique, ainsi que des syndicats et des partis politiques qui ne jouent pas le rôle qui leur est dévolu.
Pour le président de la Chabiba Ichtirakia, Ali El Yazghi, l'éloignement des jeunes de la vie politique est dû par le passé à la peur (les années de plomb), notant toutefois que le mouvement du 20 février a démontré que les jeunes sont intéressés par la vie politique et éprouvent une appartenance très forte au pays.
Les jeunes du 20 février sont des "jeunes écoeurés par le système politique actuel", a-t-il relevé, notant que depuis le 20 février, il y a plus d'ouverture et plus de débats politiques au Maroc.
L'éloignement des jeunes est dû aussi à l'interventionnisme de l'Etat dans la vie politique, à travers notamment la création de certains partis, la décrédibilisation de la scène politique et le "coloriage" des acteurs politiques, a-t-il dit.
Le rajeunissement de la sphère politique ne se décrète pas, a-t-il dit, c'est plutôt le résultat de tout un processus, a ajouté El Yazghi, relevant l'incapacité des partis politiques à absorber les jeunes qui s'intéressent à la vie politique.
Il a en outre mis l'accent sur la nécessité de renouveler les élites politiques, mettant en garde contre le danger de tomber dans un conflit générationnel au moment d'évoquer le rajeunissement de la classe politique.
Quant à Khalid Baddou de l'Alliance des Indépendants, il a estimé que même si la nouvelle constitution a jeté les bases d'un renouvellement de la classe politique, elle ne peut être effective que si les partis politiques opèrent un profond changement au niveau du mode de leur gouvernance.
Il a en outre mis en garde contre un retour en arrière, évoqué dans les discours de certains politiques, qui veulent réduire ou annuler les listes nationales, ajoutant que les partis politiques ainsi que la société civile gagneraient beaucoup à avoir les jeunes du mouvement du 20 février dans leurs rangs.
De son côté, Mme Loubna Amhair du Mouvement Populaire a affirmé que c'est aux partis politiques de susciter l'intérêt des jeunes pour la vie politique, notant qu'on ne peut dissocier les revendications sociales et économiques de celles politiques, en particulier celles exprimées par le mouvement du 20 février.
Pour sa part, Anass Doukkali du Parti du progrès et du socialisme a relevé que l'action politique après l'indépendance est passée par trois étapes, à savoir la répression, la marginalisation et la banalisation, ce qui a contribué au manque d'intérêt des jeunes pour la vie politique.
Il a en outre fait remarquer que les partis politiques ne sont pas en mesure de faire émerger une nouvelle élite dès les prochaines échéances électorales, faisant observer une certaine hésitation en ce qui concerne la mise en oeuvre de la nouvelle constitution.
Quant au président de l'institut Amadeus, Brahim Fassi Fihri, il a affirmé que le taux de participation lors des prochaines élections législatives sera un élément déterminant pour mesurer le degré d'intérêt des jeunes pour la vie politique, ajoutant que son institut suit avec beaucoup d'intérêt les démarches prises par les partis politiques pour favoriser l'émergence d'une nouvelle élite politique.


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