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RNI : Transition d'un parti complémentaire vers un parti moteur de la vie politique marocaine
Publié dans Maroc Diplomatique le 10 - 10 - 2021

Lors d'une de ses rares interviews de M. Ahmed Osman à l'époque où il présidait le RNI, qu'il avait fondé, l'ancien premier ministre et ancien président du Parlement, avait développé une vision séduisante du parti de la Colombe. A peu de mots près, si mes souvenirs qui remontent à la fin des années 1980 ne me trahissent pas, il avait « argumenté, autour de l'idée que le RNI est un atout essentiel à tout gouvernement en place au Maroc. S'il penche trop à gauche, le RNI est là pour modérer vers la droite et s'il penche trop à droite, le RNI sera là pour modérer vers la gauche, de sorte à garder un cap centriste et modéré ».
La vision politique toute centriste et modérée correspondait également à la personnalité de M. Ahmed Osman, son leader de l'époque dont le parcours politique a été aussi exemplaire que discret. En somme, le RNI a toujours été jusqu'à ces dernières élections, un parti certes important mais plutôt, se présentant comme un parti complémentaire dans les gouvernements successifs du Royaume.
Aujourd'hui, le RNI bascule vers une position politique et gouvernementale dominante sur la scène politique. En l'absence d'une offre politique convaincante des partis traditionnels (surtout USFP et PPS), sa ligne idéologique et politique centriste, l'a aidé pendant sa campagne électorale, à se présenter selon un programme d'inspiration socio-démocrate qui a séduit. Elle devrait l'aider également à fédérer les autres composantes du gouvernement (PAM et Istiqlal) autour du programme gouvernemental.
Mais, il faudra probablement aller plus loin en termes de projet de société s'il veut à l'avenir peser durablement sur le paysage politique. Le Nouveau Modèle de Développement qui a tracé les grands traits de la nouvelle ambition politique et sociale du Royaume devrait y contribuer.
Un gouvernement pour déployer des réformes structurelles et une nouvelle génération de projets structurants
Le discours de Sa Majesté le Roi à l'ouverture du Parlement a rappelé l'importance désormais accordée aux réformes structurelles à entreprendre et à la mise en œuvre d'une nouvelle génération de projets structurants. Le Nouveau Modèle de Développement, également rappelé par le Souverain, offrirait le cadre général à l'action gouvernementale.
En effet, il est préconisé d'ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire du Royaume par le biais d'une transformation structurelle de l'économie. Les ingrédients seraient de combiner la domestication au plan national des forces du changement à l'œuvre au niveau mondial (numérique, changement climatique, transition démographique, pandémies, migration internationale...) avec des réformes structurelles internes profondes. Sont attendus la modernisation de l'administration, le renforcement du capital humain, la consolidation de la justice, la reddition des comptes, le renforcement des lieux du dialogue social et démocratique, l'accélération du développement territorial. Les défis sont immenses au plan interne comme au plan international.
Le RNI, bénéficie d'une architecture gouvernementale savamment dosée
Pour relever ces défis et les responsabilités qui pèsent désormais sur le RNI comme « chef de file » de la nouvelle majorité. L'architecture gouvernementale, semble à priori, avoir été savamment dosée pour faciliter son action. A l'observateur de la chose politique au Maroc, sa composition, en attendant la nomination des ministres délégués, suscite d'ores et déjà les commentaires suivants :
* La reconduction de ministres « apolitiques » ayant fait leurs preuves pour assurer des fonctions régaliennes (Intérieur, Affaires Islamiques et Habous, Affaires Etrangères, Défense Nationale...). La doctrine marocaine voulant que ces secteurs restent les domaines réservés du Chef de l'Etat. Les ministres ont été reconduits pour éviter tout risque d'incompétence.
* L'installation de leaders politiques dans un costume ministériel et d'autres au poids politique certain pour remplir des fonctions ministérielles bien ancrées socialement et territorialement : (Equipements, Justice, Education, Santé, Culture). Leur succès électoral dans les territoires devrait les aider par le bais d'une popularité nouvellement acquise à engager les réformes sociales nécessaires.
* Le choix de la compétence par la désignation de ministres au profil technocrate pour les ministères à enjeux économiques (Industrie, Agriculture, Economie et Finances, Transition énergétique, Budget, Transport et logistique, Tourisme et Artisanat, Investissement, Convergence et évaluation des politiques publiques, Habitat ...). Leur profil spécialisé et international sauront certainement domestiquer les enjeux mondiaux que suscitent le déploiement optimal de ces secteurs au niveau national et international.
* L'intégration de nouveaux ministres peut-être moins connus et dont il est attendu également des réformes et de nouvelles approches transversales (Numérique et réforme administrative, Relations avec le Parlement).
Le RNI, transformer la victoire électorale en nouveau projet de société
A l'inverse des mots d'ordre du PJD, centrés plutôt sur la remise en question de certains vecteurs du « système » (moralisation de la vie publique, lutte contre la corruption et la rente...), les promesses électorales du RNI ont été ciblées de manière plus concrète sur la dignité économique et sociale du citoyen. Aussi, pour transformer sa victoire électorale en politiques publiques, le programme du RNI dans le cadre de la nouvelle majorité gouvernementale, devra s'atteler autant à la relance économique, la transformation structurelle au plan sectoriel qu'à forger « l'Etat Social fort» auquel invite le NMD.
Alors que d'un côté, le Parti de l'Istiqlal et le PAM possèdent une identité idéologique relativement marquée. Nationaliste par tradition et par vocation populaire pour le premier et promesse d'alliance entre modernité et authenticité, pour le second, le RNI saura-t-il transformer sa victoire, qui a également un goût de revanche sur le PJD au référentiel islamiste assumé, en un nouveau projet de société moderniste intégrant les enjeux de l'époque dans le cadre de la majorité actuelle ?
Sa réussite gouvernementale ainsi qu'un approfondissement de sa ligne idéologique contribuera alors à sa mue de parti de l'administration d'appoint en véritable parti politique porté par un projet de société innovant. En fait, il s'agit de transformer la victoire électorale en réussite gouvernementale à même d'asseoir le socle d'un nouveau projet de société attractif et durable qui viendra enrichir le paysage politique du Royaume.
(*)Economiste


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