Le président américain, Donald Trump, effectuera, cette semaine, une visite d'Etat au Royaume-Uni. Un événement inédit. Jamais aucun président US n'a été invité au Royaume-Uni pour une deuxième visite de ce genre. « Un honneur », selon Trump lui-même, qui témoigne de la volonté des deux pays de donner une forte impulsion à la relation spéciale qui a toujours lié Londres et Washington. Le tapis rouge sera déroulé mardi pour le chef de la Maison blanche, pour un séjour de trois jours, durant lequel Trump aura droit à tout le faste royal, incluant des apparats militaires, des promenades en calèche et un somptueux banquet d'Etat offert par le roi Charles et la reine Camilla au château de Windsor, ouest de Londres. Les événements se déroulent généralement au palais de Buckingham, résidence officielle du souverain britannique à Londres, et aux alentours. Mais, le président Trump séjournera au château de Windsor, Buckingham subissant un vaste lifting. Le chef de l'exécutif américain aura également des entretiens, jeudi, avec le Premier ministre Keir Starmer, à Chequers, un palace du 16ème siècle au nord-ouest de Londres, qui sert de résidence de campagne du chef du Downing Street. Il rencontrera aussi la communauté des affaires britannique. La visite de Trump, qui s'était déjà rendu en visite d'Etat au Royaume-Uni en 2019 lors de son premier mandat lorsqu'il avait été accueilli par la reine Elisabeth II, se déroulera sous un dispositif sécuritaire sans précédent, selon la presse londonienne, qui a réservé de larges commentaires à ce déplacement. Outre les questions de géopolitique dans un contexte mondial empreint de tension et d'incertitude, le renforcement des liens économiques entre les deux pays sera au cœur des discussions. Selon les analystes britanniques, le Royaume-Uni affiche un intérêt particulier à la consolidation de l'alliance anglo-américaine pour faire face aux énormes défis économiques et politiques qu'il affronte. Londres avait échappé à la redoutable offensive douanière que Trump avait lancée peu après son investiture pour une deuxième mandat. Un avantage que les Britanniques veulent exploiter pour renforcer leur statut de partenaire et allié privilégié de l'actuelle administration républicaine. Plusieurs deals commerciaux sont prévus à l'occasion de cette visite. Lire aussi : Trump signe un décret renommant le département de la Défense en « ministère de la Guerre » Trois jours avant l'arrivée du président américain, le gouvernement britannique a annoncé, en grande pompe, un important programme d'investissements américains dans le secteur des services financiers. L'opération est significative, car touchant à un secteur considéré comme l'épine dorsale de l'économie britannique. Au total, plus de 1,25 milliard de livres sterling d'investissements privés américains sont engagés dans le secteur britannique, créant 1.800 emplois. L'investissement US « démontre la solidité durable du corridor d'or entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis dans le domaine des services financiers », a dit le gouvernement britannique dans un communiqué, soulignant que ce programme favorisera, dans la foulée, l'expansion des banques britanniques aux Etats-Unis. « Coopérer avec les Etats-Unis est la meilleure solution pour la Grande-Bretagne », a souligné le gouvernement Starmer. L'engagement des principales institutions financières américaines « démontre l'immense potentiel de l'économie britannique et la force de notre relation avec les Etats-Unis », a dit la ministre des Finances, Rachel Reeves. Les médias évoquent également la conclusion, durant le déplacement présidentiel, d'un investissement estimé à plusieurs milliards de livres Sterling, portant sur la création d'un data centre à Blyth, à Northumberland, nord-est de l'Angleterre. De nouveaux projets de coopération dans le domaine de l'énergie nucléaire, présentés comme des projets d'« âge d'or », sont également étudiés. Autant d'annonces qui sont les bienvenues par le gouvernement travailliste qui tente, tant bien que mal, de faire sortir le pays de son marasme économique. Des chiffres officiels publiés, la semaine dernière, ont monté que l'économie britannique a continué de ralentir au troisième trimestre de 2025 avec une croissance presque au point mort, mettant le gouvernement Labour sous énormes pressions dans un contexte politique pour le moins incertain.