Depuis le début de l'année 2026, les crises internationales se multiplient et s'intensifient. Du Venezuela à l'Iran en passant par le Groenland, ces foyers de crise illustrent une recomposition profonde de l'ordre mondial, marquée par le retour assumé des rapports de force. Dès ses premiers jours, l'année 2026 n'a cessé de surprendre. L'enchaînement rapide des événements donne le sentiment que le monde est entré dans une phase de basculement, dont les signes d'un profond changement de la scène internationale sont déjà visibles. Entre l'unilatéralisme américain, les contestations populaires au Moyen-Orient et l'affaiblissement des institutions multilatérales, la géopolitique mondiale est marquée par une mutation profonde de l'ordre international. Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, les Etats-Unis ont lancé l'opération Absolute Resolve contre le Venezuela. Vers deux heures du matin, de violentes explosions ont été entendues à Caracas ainsi que dans plusieurs Etats voisins. Cette opération s'est soldée par l'arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse. Accusés de narcotrafic et de trafic d'armes, ils sont actuellement détenus à New York, à Brooklyn, dans un centre de détention. Leur première audience est prévue le 17 mars 2026. Depuis, le président Donald Trump multiplie les déclarations et les démonstrations de force. Washington affirme que le Venezuela remettra jusqu'à 50 millions de barils de pétrole aux Etats-Unis, une décision présentée comme un tournant stratégique pour l'économie énergétique régionale. En parallèle, un décret signé le 7 janvier 2026 officialise le retrait américain de 66 organisations internationales, ciblant notamment des agences onusiennes liées au climat, aux droits humains et à l'égalité de genre, jugées contraires aux intérêts nationaux. Lire aussi : Iran : Anatomie d'une guerre À cela s'ajoutent les déclarations de Trump sur le Groenland, qu'il menace d'annexer face aux incursions chinoises et russes, ainsi que le durcissement des sanctions contre Cuba. Le 11 janvier 2026, Donald Trump a publié sur Truth Social une image d'une page Wikipédia le désignant comme le « président par intérim du Venezuela » à compter de janvier 2026. Une vague de protestation sans précédent en Iran Parallèlement, l'Iran est secoué par un mouvement de contestation d'une ampleur inédite. Déclenchées le 28 décembre 2025 par les petits commerçants et le grand bazar de Téhéran, les manifestations se sont rapidement étendues à l'ensemble du pays. Nées de profondes difficultés économiques et d'un mécontentement social généralisé, elles ont pris une dimension politique, malgré la coupure d'internet imposée par le régime. Les images de femmes sans voile défiant le pouvoir circulent massivement, tout comme la scène devenue virale à l'ambassade d'Iran à Londres, où le drapeau de la République islamique a été brièvement remplacé par celui de l'époque monarchique. Dans ce contexte, Reza Pahlavi, fils du Shah en exil, appelle les Iraniens à poursuivre la mobilisation. Selon HRANA, la répression a fait au moins 544 morts et plus de 10 681 arrestations à travers les 31 provinces du pays. Un canal de communication est ouvert entre Téhéran et Washington, malgré l'absence de relations diplomatiques officielles entre les deux pays, d'après la déclaration de la diplomatie iranienne ce lundi. En définitive, l'année 2026 apparaît moins comme une succession de crises isolées que comme le point de départ d'une recomposition en profondeur de l'ordre international. Le retour des logiques de puissance, la fragmentation progressive du système mondial et l'érosion du multilatéralisme semblent désormais structurer les relations internationales. L'évolution de cette dynamique, au cours des prochaines semaines et mois, constituera un enjeu majeur pour l'équilibre mondial.