Les récentes précipitations enregistrées au niveau de la région de l'Oriental ont insufflé une dynamique positive aux cultures d'automne dans le périmètre irrigué de la Moulouya, particulièrement la filière de la betterave sucrière dont les conditions de croissance se sont nettement améliorées, encourageant les agriculteurs à poursuivre les opérations de semis dans des conditions climatiques convenables. Selon des données de l'Office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya (ORMVAM), cette dynamique s'inscrit dans le cadre du suivi de la campagne agricole 2025-2026, durant laquelle une superficie d'environ 6.000 hectares (ha) a été programmée pour la culture de la betterave sucrière, répartie entre les provinces de Nador (4.500 ha) et de Berkane (1.500 ha). Lancée fin septembre dernier, l'opération de semis a initialement fait face aux défis du stress hydrique, le taux de remplissage des barrages, notamment celui de Mohammed V, n'ayant pas dépassé les 20%. Cette situation avait imposé, dans un premier temps, le recours aux eaux souterraines pour sécuriser l'irrigation. Toutefois, les récentes précipitations ont opéré un tournant positif pour la situation hydrique. Au 25 janvier, le cumul pluviométrique moyen dans le bassin de la Moulouya a atteint 149,1 mm, contre seulement 39,3 mm durant la même période de l'année précédente, tandis que la province de Nador a affiché un cumul de 166,8 mm. Dans une déclaration à la MAP, Anas Bihha, chargé du suivi de la filière sucrière à l'ORMVAM, a souligné que ces précipitations ont permis de résorber le retard accusé au début de la campagne, mettant en avant le rôle des technologies modernes dans la réduction des coûts de production et l'économie de l'eau d'irrigation. Lire aussi : Les barrages du bassin de Sebou affichent un taux de remplissage de 66,1% Grâce à ces pluies et aux efforts conjoints de l'Office, du groupe « COSUMAR » et des associations de producteurs, la superficie semée à ce jour s'élève à 2.068 ha, dont 1.675 ha dans la province de Nador, 365 ha à Berkane, en plus de 28 ha hors périmètre irrigué dans la zone d'Ain Beni Mathar (Province de Jerada), a-t-il relevé. À Nador, ces superficies se répartissent sur plusieurs zones, avec une prédominance de la plaine du « Garet », reflétant l'adhésion massive des agriculteurs à cette filière stratégique. La campagne actuelle se distingue par l'intégration de techniques de pointe pour optimiser le rendement, notamment l'usage de drones pour les traitements phytosanitaires, le suivi de l'humidité des sols pour un pilotage précis de l'irrigation, et l'adoption de variétés de semences résilientes au climat local. Ce processus est encadré par une commission mixte veillant à l'approvisionnement des agriculteurs en intrants nécessaires dans les délais impartis. Pour sa part, le président de l'Association « Sahl Al Akhdar » des usagers de l'eau d'irrigation dans la plaine du Garet, Mohamed Taybi, a noté que ces pluies ont « sauvé la saison » et redonné espoir aux exploitants, estimant que la hausse des retenues du barrage Mohammed V laisse présager une campagne exceptionnelle en termes de production et de rendement, assurant ainsi la durabilité du secteur et le renforcement de la sécurité alimentaire. Il est à noter que la zone d'action de l'ORMVAM couvre la rive gauche de la Moulouya, comprenant les plaines de Garet et de Bouark dans la province de Nador, ainsi que la rive droite, qui inclut la plaine de Triffa dans la province de Berkane.