En marge du Conseil d'association Union européenne-Maroc, le chef de la diplomatie espagnole a réaffirmé la place centrale du Royaume dans la politique extérieure européenne, mettant en avant l'engagement constant de Madrid en faveur d'un partenariat maintenu « au plus haut niveau ». Le jeudi 29 janvier 2026 à Bruxelles, les relations entre le Royaume du Maroc et l'Union européenne se sont inscrites dans une nouvelle séquence diplomatique avec la tenue de la 15e session du Conseil d'association UE-Maroc. La réunion a été coprésidée par le ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, et la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas. En amont de cette rencontre, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a salué publiquement la tenue de ce Conseil d'association, qualifiant l'événement « d'excellente nouvelle » pour l'Union européenne, selon des déclarations relayées par l'agence EFE. S'exprimant devant la presse à son arrivée à la réunion, le chef de la diplomatie espagnole a souligné l'importance stratégique du Maroc en tant que partenaire clé du voisinage sud, rappelant qu'il s'agit, selon ses termes, « d'un pays fondamental pour l'Union européenne, un partenaire et un ami de l'Espagne ». Dans cette déclaration, M. Albares a également mis en avant la profondeur des relations économiques entre Rabat et Madrid, indiquant que le Maroc constitue le deuxième client de l'Espagne en dehors de l'Union européenne. Il a insisté sur le caractère structurant de cette coopération commerciale, fondée, selon lui, sur un dialogue permanent et des intérêts mutuellement bénéfiques. Lire aussi: M. Albares met en avant les avancées qualitatives de la coopération maroco-espagnole Le ministre espagnol a par ailleurs souligné la qualité de la coopération entre le Maroc et l'Union européenne dans le domaine migratoire. Il a salué le travail conjoint mené dans « la lutte contre les réseaux de traite des êtres humains », estimant que cette coordination étroite a permis à l'Espagne d'enregistrer « les niveaux d'entrées de migrants irréguliers les plus bas parmi les routes migratoires de l'Union européenne ». Une évolution qu'il a attribuée à un partenariat opérationnel reposant sur la confiance et la responsabilité partagée. Des relations appelées à rester « au plus haut niveau » Dans ce contexte, José Manuel Albares a affirmé sa détermination à poursuivre ses efforts afin que les relations entre l'Union européenne et le Maroc demeurent « au plus haut niveau », indiquant sa volonté de contribuer activement à la préservation et au renforcement de ce cadre de coopération stratégique. La session du Conseil d'association a permis aux deux parties d'examiner un large éventail de dossiers prioritaires, couvrant les volets politique, économique et commercial, ainsi que les questions relatives à la démocratie, aux droits de l'Homme et à la sécurité régionale. Les discussions ont également porté sur la migration, la transition écologique, l'innovation, le développement socio-économique inclusif et durable, ainsi que sur le renforcement des échanges humains et institutionnels entre les deux rives de la Méditerranée. Cette 15e session a été marquée par une évolution politique concernant la question du Sahara marocain. À l'issue de la réunion, un communiqué conjoint signé par Nasser Bourita et Kaja Kallas indique que les 27 Etats membres de l'Union européenne considèrent « qu'une autonomie véritable pourrait constituer une solution des plus réalistes » en vue d'un règlement du différend régional, selon les termes du document. Le communiqué fait également référence aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, appelant les parties concernées à poursuivre les discussions « sans conditions préalables », dans le cadre du processus politique mené sous l'égide de l'ONU. Une convergence diplomatique assumée Cette orientation s'inscrit dans la continuité de la position exprimée par l'Espagne sur ce dossier. À plusieurs reprises, José Manuel Albares a réaffirmé le soutien de Madrid à une solution politique réaliste, durable et mutuellement acceptable. Devant le Congrès des députés espagnol, le ministre avait notamment déclaré que, sur la question du Sahara, « l'on ne peut se permettre un nouveau demi-siècle d'impasse », soulignant la nécessité d'aboutir à une issue politique crédible. Le responsable espagnol a par ailleurs estimé que la ligne suivie par son pays en matière de politique étrangère était largement reconnue sur la scène européenne, considérant qu'elle contribue à préserver la cohérence et la crédibilité de l'action extérieure de l'Union. Selon plusieurs observateurs, cette séquence diplomatique illustre la place singulière qu'occupe aujourd'hui le Maroc dans l'architecture euro-méditerranéenne, à travers un partenariat fondé sur le dialogue politique, la coopération concrète et une vision partagée des enjeux régionaux.