Les professeurs agrégés de l'enseignement ont appelé à observer une grêve nationale d'une semaine complète en février pour dénoncer la lenteur entourant la publication du statut particulier de cette catégorie. Les grèves sont prévues les 11, 12, 17, 18 et 19 février prochains. Les cinq syndicats de l'enseignement les plus représentatifs ont appelé l'ensemble des professeurs agrégés au Maroc à une grève nationale générale, en plus d'un sit-in devant le siège du ministère de l'Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports à Rabat le mercredi 18 février. Les professeurs agrégés se sont accordés à dénoncer la situation dans un communiqué regroupant la profession dans 5 centrales syndicales. Ils rappellent qu'ils restent dans l'attente de la publication de leur statut depuis le procès-verbal de l'accord du 26 décembre 2023. Mustapha Moujahid, secrétaire national du Syndicat national des professeurs agrégés au Maroc, affilié à la Fédération nationale de l'enseignement (FNE), a expliqué que l'accord de décembre 2023 prévoyait l'élaboration d'un statut particulier pour les professeurs agrégés de l'éducation et de la formation, avec un calendrier de mise en œuvre fixé à l'horizon 2024. Il a précisé dans une déclaration à Hespress que les syndicats avaient engagé de nombreuses réunions avec le ministère sur ce dossier entre décembre 2024 et janvier 2025 et que le dossier est resté bloqué depuis lors, jusqu'à la tenue de deux réunions les 8 et 9 décembre 2025. Le secrétaire national syndical a expliqué que lors de ces deux réunions, le ministère avait demandé un délai d'une semaine à dix jours pour procéder à la rédaction juridique des points convenus sous forme de statut particulier mais depuis, plus aucune nouvelle n'a été donnée, notant que cela fait à présent deux mois. Moujahid explique que les raisons ayant poussé les professeurs à observer une grève revient à ce qu'il a décrit comme une phase critique, marquée par la transition du gouvernement vers un gouvernement chargé de l'expédition des affaires courantes. Il a ajouté que cette phase interroge le ministère sur sa capacité et sa volonté politiques de faire avancer le dossier des professeurs agrégés, aux côtés de trois autres dossiers majeurs du secteur, à savoir la détermination du temps de travail, les indemnités pour les zones éloignées et difficiles, ainsi que l'indemnité complémentaire pour les cadres administratifs spécialisés et les enseignants du primaire et du collège. Le responsable syndical a mis en garde contre l'existence de contraintes ou de pressions politiques, voire émanant d'autres ministères, susceptibles de bloquer le règlement du dossier des professeurs agrégés, insistant sur l'urgence de rendre justice à cette catégorie et d'éviter la répétition du scénario de l'accord du 19 avril 2011, qui prévoyait déjà un statut particulier resté lettre morte. Il a également rappelé que les professeurs agrégés constituent l'unique catégorie qui ne bénéficie que d'une seule promotion, au lieu d'au moins deux prévues par le statut général de la fonction publique, malgré leur haut niveau de qualification, illustré notamment par la poursuite des études de nombreux diplômés des classes préparatoires dans des grandes écoles à l'étranger. Le même constat a été fait par Mohamed Azzouzi, professeur agrégé et membre du Conseil national du Syndicat national de l'enseignement affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), qui a souligné que le principal point revendicatif des professeurs agrégés était l'instauration d'un statut particulier juste et motivant pour cette catégorie. Et de souligner que ce point a été central dans les discussions ayant donné lieu à l'accord signé en décembre 2023, et a été abordé par une une commission gouvernementale regroupant trois ministères (Éducation nationale, Économie et Finances, Fonction publique) et les syndicats. Dans une déclaration à Hespress, le syndicaliste a regretté que depuis 2023 cet engagement est resté lettre morte, soulignant que l'annonce de la grève est intervenue après l'épuisement de tous les moyens disponibles, notamment les communiqués et correspondances adressés au ministère de tutelle, ainsi que la participation sérieuse et responsable du mouvement syndical aux cycles de dialogue. L'intervenant a rappelé qu'après la mise en place d'une commission thématique conjointe entre les syndicats et le ministère, un accord a été trouvé sur plusieurs points et des propositions d'amélioration ont été formulées. Et malgré cela, une lenteur jugée injustifiée a marqué tout le processus de traitement de ce dossier, notant des interruptions soudaines des discussions, l'absence de délais clairs et raisonnables, ainsi que le manque de réponses précises sur le sort du projet. En dépit de cela, il a affirmé que le mouvement syndical a gardé une attitude positive et de bonne foi, privilégiant le dialogue et faisant confiance aux engagements des responsables, ajoutant que le Syndicat national de l'enseignement demeure pleinement disposé à contribuer à toute avancée concrète dans ce dossier. Et de rappeler enfin que l'application de l'accord et la reconnaissance ainsi que la motivation des professeurs agrégés, « constituent un renforcement du système de l'agrégation, un investissement dans son attractivité et une garantie de la pérennité des parcours d'excellence et de qualité au sein du système national d'éducation et de formation ».