En 2025, le tourisme s'est imposé comme la première source de devises du Maroc et propulse le Royaume au rang de première destination touristique africaine, consacrant les effets d'une stratégie méthodique qui a transformé chaque visite en source réelle de valeur économique. L'année 2025 marque un tournant économique majeur pour le Maroc, le pays ayant accueilli près de 20 millions de visiteurs, soit une hausse de 14 % par rapport à 2024. Les recettes touristiques ont, pour leur part, atteint 138 milliards de dirhams, en progression de 21 % sur un an, selon le ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire. Le Royaume était déjà en tête du continent en 2024 avec 17,4 millions de touristes, mais le cap franchi en 2025 consacre définitivement le Maroc comme première destination touristique africaine. L'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a confirmé cette position en début d'année en précisant que le pays a accueilli 19,8 millions de visiteurs, avant que les autorités marocaines n'annoncent officiellement le 12 janvier le seuil record de 20 millions. Le ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire a estimé, dans un communiqué, que ces résultats illustrent « la trajectoire positive et continue du secteur touristique », et la ministre Fatim-Zahra Ammor a affirmé que ce chiffre record reflète « une profonde transformation du tourisme marocain ». Cette transformation trouve son socle dans la feuille de route 2023-2026 qui a introduit une rupture conceptuelle : le passage d'une simple logique de destination à une logique de filières thématiques capables de capter des segments de marché précis. Lire aussi : Industrie : OCP Maintenance Solutions ouvre une filiale en Arabie Saoudite De la visibilité mondiale à la performance économique Selon une analyse publiée sur Middle East online (MEO), les grands événements internationaux ont également joué un rôle d'accélérateur. Le Maroc a accueilli la Coupe d'Afrique des nations 2025 du 21 décembre au 18 janvier, un tournoi qui a généré 6 milliards de vues numériques selon la Confédération africaine de football, laquelle a qualifié la compétition de « la plus regardée de tous les temps ». Le pays a également accueilli le 19e Congrès mondial de l'eau en décembre et la 93e Assemblée générale d'INTERPOL en novembre. À cela s'ajoute la dynamique enclenchée par la co-organisation de la Coupe du monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal, qui a renforcé l'image d'un Maroc moderne, sûr et tourné vers l'avenir. L'essor du football marocain a amplifié cette visibilité internationale. Selon le MEO « les recherches en ligne pour Maroc sont passées d'environ 500 000 par an à 13 millions en un seul mois » après la demi-finale historique de l'équipe nationale lors du Mondial 2022 au Qatar. En octobre 2025, l'équipe marocaine des moins de 20 ans a remporté la Coupe du monde au Chili, un événement inédit dans l'histoire maghrébine et arabe qui a encore renforcé l'image positive du Royaume. Un succès fruit d'une stratégie Les touristes interrogés expriment, selon l'analyse, leur admiration pour la stabilité, les infrastructures et la richesse culturelle du pays, notamment la cuisine, les industries culturelles et la diversité des paysages allant du désert aux montagnes en passant par les côtes atlantiques et méditerranéennes. Cette diversité constitue un avantage comparatif majeur face à d'autres destinations africaines. Le Maroc vise désormais 30 millions de visiteurs à l'horizon 2030 avec un taux de croissance annuel moyen de 7,5%. Selon l'analyse, « pour y parvenir, les investissements dans le transport aérien, les infrastructures hôtelières et la compétitivité globale du secteur devront se poursuivre… L'équilibre géographique de l'offre touristique garantit que cette croissance profitera à l'ensemble du territoire ». En 2025, le Maroc n'a pas seulement accueilli davantage de visiteurs, il a surtout réussi à accroître la valeur générée par chaque séjour. Le tourisme est ainsi devenu la première industrie exportatrice du Royaume, consacrant le passage d'une économie longtemps portée par les transferts migratoires à une économie de services à haute valeur ajoutée, solidement ancrée dans une vision stratégique de long terme.