Et voilà, cela fait aujourd'hui tout juste deux mois que le roi Mohammed VI a nommé Abdelilah Benkirane chef du gouvernement chargé de former une majorité et un cabinet. Mais rien ne point à l'horizon, en raison, disent le PJD et ses amis, de l'attitude du RNI et de son président Aziz Akhannouch. On n'est pas obligé de les croire sur parole. Pas plus que Talbi Alami, dirigeant du RNI. Mais il a eu le mérite de dire ce qu'il pense. Ecoutons-le à Dakhla, lors de la tournée du noveau président Akhannouch dans les Régions : « La constitution est claire. C'est le parti arrivé premier aux élections qui doit conduire le gouvernement. Il s'agit d'un parti honorable, qui a obtenu 125 sièges », explique le président RNI sortant de la Chambre des représentants Talbi Alami, qui ajoute : « Le roi a reçu son secrétaire général et l'a chargé de mettre en place un gouvernement. Fort bien, mais alors quelle est notre responsabilité à nous ? C'est lui qui doit faire le gouvernement, qui doit chercher… Nous, on facilite, mais nous n'avons eu que 37 sièges… pourquoi devrions-nous endosser cette responsabilité ? La charge du gouvernement revient à celui qui a été désigné, et il ne peut y avoir de gouvernement de minorité car la constitution l'interdit… Tout est à l'arrêt, parlement compris, alors même que ce parlement a des engagements internationaux… ». Rachid Talbi Alami va encore plus loin : « Il y a eu de la bagarre au parlement sur la séparation des pouvoirs, l'exécutif d'un côté et le législatif de l'autre. Mais quand on a voulu rapprocher les points de vue pour avancer, sur le plan parlementaire, on s'est mis à crier au complot, au putsch…Ah bon ! Et où est donc cette fameuse séparation des pouvoirs que tu glapissais hier ? ». En clair, le président de la Chambre impute à Benkirane et au PJD la responsabilité du blocage et de la suspension des institutions. Et encore une fois, nous le disons, le peuple a mandé le PJD pour former un gouvernement de coalition, pas uniquement PJD, avec le petit PPS… et quand on forme une coalition, on est obligé de céder à certaines conditions des futurs alliés. Dans l'attente, Benkirane est toujours chez lui, broyant du noir et laissant ses amis et porte-parole broyer ses adversaires, faisant appel au peuple, qui se désintéresse de plus en plus de ce qui se passe au sein d'une classe politique de plus en plus vide et indigne.