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Emplois au Maroc : La Banque mondiale recommande de mettre fin à l'informel
Publié dans Yabiladi le 01 - 04 - 2021

Dans un rapport intitulé «Morocco's Jobs Landscape», la Banque mondiale dresse un diagnostic des défis liés à l'emploi au Maroc et recommande notamment de mettre fin à l'économie informelle et de «créer plus d'emplois dans les secteurs à forte productivité».
La mise en place d'un marché du travail dynamique et inclusif au Maroc reste un défi persistant, a estimé cette semaine la Banque mondiale. Dans un nouveau rapport intitulé «Morocco's Jobs Landscape», l'institution financière a indiqué bien que le revenu par habitant a doublé entre 2000 et 2018 et que le taux de pauvreté dans le royaume a été divisé par trois sur la même période, les créations d'emplois n'ont pas suivi, alors que le marché du travail subit le choc de la pandémie de Covid-19 actuellement.
L'étude, qui scelle la première étape d'un partenariat noué avec le Haut-Commissariat au Plan (HCP), établit un diagnostic des défis liés à l'emploi dans le pays. Elle donne lieu à une analyse et une évaluation approfondies des options politiques concrètes capables de surmonter ces défis, poursuit-on, évoquant le ralentissement des créations d'emplois au regard de l'essor démographique, la pénurie d'emplois de qualité dans les industries à forte productivité et les nombreux exclus du marché du travail, notamment les femmes et les jeunes.
Le rapport met aussi la lumière sur le taux de participation à la vie active qui est particulièrement faible. En effet, 55% d'adultes sont tout simplement absents de la population active au Maroc, alors que la région (MENA) possède les taux d'activité les plus bas au monde.
«Même si elle constitue depuis longtemps un défi persistant, l'inactivité mériterait une attention particulière. Cette situation affecte le bien-être des individus et de leurs familles et entrave le développement économique du pays», commente Jesko Hentschel, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb. «Chez les jeunes, le niveau élevé d'inactivité est particulièrement inquiétant, au regard de l'importance que peuvent représenter les premières expériences professionnelles dans la recherche d'un emploi, et même pour le pays», ajoute-t-il.
«Promouvoir une plus grande formalisation de l'économie» et «soutenir les jeunes»
Afin de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité et d'amener davantage de jeunes et de femmes sur le marché du travail, le rapport suggère plusieurs domaines prioritaires. Ainsi, les analystes de la Banque mondiale recommandent d'«accélérer les changements structurels et créer plus d'emplois dans les secteurs à forte productivité». L'étude appelle aussi à «promouvoir une plus grande formalisation de l'économie», rappelant que «l'existence d'un secteur informel important entrave la productivité du travail, érode l'assiette fiscale et laisse de nombreux travailleurs et leurs familles sans assurance maladie et sociale adéquate».
Pour l'institution, «encourager les emplois formels pourrait nécessiter différents types de mesures, notamment des réformes de l'environnement des affaires, la réduction du coût du travail, ou des initiatives comme le développement des compétences pour améliorer la productivité». Il faut ainsi «analyser les données au niveau de l'entreprise et les données salariales au niveau de l'entreprise et des particuliers» et s'inspirer de l'expérience internationale en matière de lutte contre l'informalité.
«Bien que le Maroc ait fait des progrès importants dans le domaine de l'éducation, des améliorations supplémentaires sont nécessaires pour créer une main-d'œuvre capable de stimuler la croissance de l'emploi et pour aider les jeunes à obtenir des emplois hautement productifs.»
«Pour améliorer les perspectives d'emploi au Maroc, il est essentiel de relever chacun de ces défis. Cela implique d'agir à plusieurs niveaux, avec des politiques qui prennent en compte le contexte et les outils de différents secteurs. Les stratégies en faveur de l'emploi doivent également tenir compte des disparités régionales et des facteurs culturels et sociaux», conclut l'étude.


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