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Maroc : Le PJD tient à raffermir ses liens avec le roi
Publié dans Yabiladi le 27 - 08 - 2012

La relation entre l'entourage royal et les islamistes du PJD ne sont pas au beau fixe. C'est un euphémisme. L'un des ténors du parti, Lahcen Daoudi, présage même un danger pour le Maroc si sa formation politique ne parvient pas à raffermir ses liens avec le roi Mohammed VI.
«Le Maroc a besoin de la consolidation de la relation entre le roi et le Parti de la Justice et du Développement, sinon le pays sera en danger», s'alarme Lahcen Daoudi, membre du secrétariat général du PJD et ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique au sein du gouvernement d'Abdelilah Benkirane. Cette déclaration en forme d'avertissement a été tenue, samedi 25 août, à Rabat, à l'occasion d'une rencontre organisée par l'association des étudiants de la Lampe (PJD). Un discours récurrent, érigé, depuis quelques mois, en leitmotiv dans la prose des islamistes.
«La direction du parti redoute, en effet, que sa mauvaise relation avec l'entourage royal, qui n'est d'ailleurs plus un secret pour personne, n'altère son entente avec le roi lui-même. C'est la raison pour laquelle, Abdelilah Benkirane s'est empressé de présenter ses excuses officielles au souverain lorsqu'il a critiqué, dans des déclarations au quotidien Assabah, le comportement des conseillers du roi. Dans l'ensemble, le PJD tient à ce que sa relation avec le monarque soit bonne pour au moins réaliser la totalité de leur mandat à la tête du gouvernement», explique Driss Ganbouri, spécialiste des mouvements islamistes.
Islamistes et royalistes
Cet attachement des Lampites à de meilleurs rapports avec la monarchie n'est pas récent. Il n'est n'est nullement la conséquence de la désignation d'un des leurs à la tête du gouvernement. Il remonte à la fin des années soixante-dix, lorsque le groupe PJD mené par un certain Benkirane a rompu ses liens avec l'organisation la Chabiba islamiya de Abdelkrim Moutiî, actuellement en exil, en Suisse. «Pour eux n'importe quelle tentative de réforme au Maroc doit être impérativement le résultat d'un consensus entre la monarchie et le mouvement islamiste, c'est-à-dire eux. Tout leur projet politique et sociétal est basé essentiellement sur ce point», explique Driss Ganbouri.
Lahcen Daoudi, par ses propos, montre qu'il est sur la même ligne qu'Abdelilah Benkirane. Ce dernier, à maintes reprises, a répété qu'il n'entrerait jamais en confrontation directe avec le roi. C'est la réponse qu'il a donné à l'USFP, lorsque les socialistes ont critiqué ses «concessions» au monarque au sujet de la loi sur les nominations des hauts responsables des entreprises publiques.


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