Mohamed Ouahbi, de l'épopée mondiale U20 au banc des Lions de l'Atlas    Officiel. Mohamed Ouahbi, nouvel entraîneur de la sélection nationale    Ciment : Plus de 2 millions de tonnes livrés à fin février    Culture de l'olivier : les plateformes de démonstration d'Al Moutmir boostent rendement et revenus des agriculteurs    Ciment : plus de 2,09 MT de livraisons à fin février    Mohamed El Ouahbi succède à Walid Regragui à la tête des Lions de l'Atlas    Abou Dhabi: six personnes blessées par des débris de drone    Rappel du ministre de l'Intérieur concernant l'opération de recensement relative au service militaire    Inondations : le gouvernement verse 6.000 dirhams à 15.000 familles évacuées    Entre Idéologie et Realpolitik : le Maroc face à la tourmente moyen-orientale    La CAF sanctionne Al Ahly d'Egypte suite aux incidents lors du match contre l'AS FAR    Cold wave and heavy rain forecast in Morocco this weekend    Souss-Massa: Vientos violentos arrasan con 1 500 hectáreas de invernaderos    La CAF sanciona al Al Ahly de Egipto tras los incidentes en el partido contra el AS FAR    Crèches privées: Ce que prévoit le projet de décret adopté en Conseil de gouvernement    Pékin accueille l'ouverture de la quatrième session de l'organe législatif suprême de la Chine    Genève met les adversaires du Maroc dans l'embarras... un soutien croissant à l'initiative d'autonomie au Conseil des droits de l'homme    Industrie manufacturière : les entreprises anticipent une augmentation de la production    Casablanca : où en sont les prix des produits alimentaires ?    CGEM: l'élection du nouveau président fixée au 14 mai    CAN féminine 2026: La compétition reprogrammée du 25 juillet au 16 août    Sonarges : l'opérateur historique à l'heure des sociétés régionales    Casablanca accueille la 1ère édition de GITEX Future Health Africa    Tamwilcom lance son nouveau site web    La date des élections des membres de la Chambre des représentants fixée au 23 septembre prochain    Enlèvement d'enfants : L'Intérieur dément les fausses informations relayées sur Internet    8 mars 2026-Droits des femmes : Une condition essentielle pour mettre fin au VIH    « Rass Jbel » : quand la légende de « Al Hayba » prend racine au Maroc    Comediablanca revient à Casablanca après une tournée internationale remarquée    Sahara : L'heure de vérité pour une MINURSO en sursis    La Cour d'appel de Marrakech réduit les peines des deux Algériens pour insulte au drapeau et à la monnaie    L'armée US prévoit une domination « totale et absolue » du ciel iranien    Attaques iraniennes : le Conseil du Golfe et l'UE convoquent une réunion d'urgence    Paris : une exposition rend hommage aux soldats marocains des deux guerres mondiales    Les températures attendues ce jeudi 5 mars 2026    Le temps qu'il fera ce jeudi 5 mars 2026    Climat scolaire : OTED propose un dispositif d'évaluation du programme anti-harcèlement    Botola : Le Wydad de Casablanca s'incline sur sa pelouse face à l'AS FAR    Argentine : River Plate garde un œil sur Yassine Bounou    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    Etats-Unis : Don Bacon le projet de loi pour classer le Polisario comme entité terroriste    Guerre en Iran : Le deux poids deux mesures de religieux marocains    « On Marche » 2026 : à Marrakech, la danse contemporaine au souffle du Ramadan    Dossier du Sahara : Washington impose un cessez-le-feu au Polisario    Loubna Jaouhari signe son premier stand-up le 8 mars 2026 au théâtre Diwan de Casablanca    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le Maroc accumule 14 ans de retard en matière de droits des femmes
Publié dans Yabiladi le 30 - 06 - 2022

Lors du récent examen du rapport périodique du gouvernement du Maroc, le Comité CEDAW a salué les progrès égalitaires du Maroc, mais a soulevé la persistance des inégalités dans les pratiques et dans certaines lois, malgré la réforme de la Constitution. Depuis 2008, le royaume n'a pas présenté d'actions concrètes et abouties devant l'instance.
Une délégation gouvernementale multisectorielle conduite par la ministre de la Solidarité, de l'intégration sociale et de la famille, Aawatif Hayar, le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) et des coalitions associatives, qui ont soumis leur rapport parallèle, ont participé aux travaux de la 82e session du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), tenue du 13 au 2 juillet à Genève (Suisse). Les 21 et 22 juin a eu lieu l'examen des cinquième et sixième rapports combinés du gouvernement du Maroc, au sein de l'instance relevant du Haut-Commissariat aux droits de l'Hommes. Celle-ci a félicité «nombre de mesures prises en faveur des droits des femmes», mais «a recommandé d'accélérer la mise en œuvre de l'égalité dans tous les domaines».
Dans leur déclaration commune au sein de la Dynamique Hamonization Now, les organisations féministes et de droits humains ayant pris part aux réunions ont indiqué à Yabiladi que les experts du Comité ont, en effet, souligné la persistance de certaines inégalités, malgré quelques progrès soulignés. La rapporteuse spéciale pour le Maroc a noté que le pays n'avait «pas mis en œuvre certaines des recommandations que lui avait adressées le Comité lors de la présentation de ses troisième et quatrième rapports combinés en 2008». Depuis cette dernière apparition, «la participation politique et l'accès aux postes de décision connaissent une relative amélioration, mais n'ont pas encore atteint l'objectif de la discrimination positive, spécifié à l'article 4 de la Convention», souligne Harmonization Now.
Le Code de la famille et les dispositions pénales, un boulet pour l'égalité
Les inégalités contenues dans le Code de la famille ont été particulièrement pointées par le Comité, notamment le mariage des mineures, l'héritage, la polygamie et la tutelle sur les enfants, en plus de dispositions du Code de la nationalité. L'arsenal pénal a aussi interpelé l'instance, notamment le statu quo sur l'interdiction de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), depuis l'ajournement sine die de l'examen du projet de loi 10.15 modifiant et complétant le Code pénal, portant sur la légalisation de l'avortement en 2016. La non-criminalisation du viol conjugal a été soulevée, de même que les manquements des mécanismes de protection de la loi 103.13 contre les violences faites aux femmes.
L'ADFM insiste sur des actions dans le sens de l'adhésion du Maroc contre les discriminations
D'autres points sur les dimensions de droits économiques et sociaux ont fait l'objet d'observations similaires. Le comité a questionné le gouvernement marocain sur l'«absence de progrès dans l'exercice par les femmes de leurs droits économiques et sociaux» notamment en ce qui concerne les domaines de l'éducation (prévalence de l'analphabétisme chez les femmes, l'absence de programmes d'éducation sexuelle…), de la santé (inégalités géographiques en termes d'accès), ainsi que de l'emploi (écarts importants entre les femmes et les hommes dans l'accès au marché du travail).
Présidente de l'association Mains libres, membre de la coalition Harmonization Now, Laila Amili a déclaré à Yabiladi, mercredi, que les associations avaient présenté leurs observations devant le Comité CEDAW lors d'une session plénière, tenue le 20 juin. Elles ont participé aussi à des réunions parallèles avec les membres et membres de l'instance concernant la situation des femmes au Maroc. L'occasion a été de présenter des observations critiques et des recommandations concernant les engagements du gouvernement sur la mise en œuvre des dispositions de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF).
«Les question du Comité CEDAW, formulées à la délégation gouvernementale, rejoignent celles soulevées par le tissu associatif et les organisations féministes marocaines, dans notre rapport périodique parallèle de la Dynamique», nous a-t-elle déclaré. «Nos observations ont justement porté sur les incohérences persistantes entre les principes égalitaires de la Constitution, en harmonie avec les engagements internationaux du Maroc, et les termes discriminatoires de nombreux textes du droit interne», a ajouté la militante.
Rattraper le retard des dix dernières années
«Nous essuyons un retard de 14 ans, au cours desquels le Maroc n'a rien présenté de concret au Comité CEDAW», insiste Laila Amili. «Nous avons soulevé les réformes initiées, mais aussi les manquements, d'autant que nous sommes un pays signataire de la CEDEF depuis plusieurs années, du Protocole facultatif, et que la non mise en œuvre creuse l'écart de manière considérable», souligne-t-elle.
Khadija Rebbah : «Une révolution de réformes des lois est urgente pour changer les mentalités» [Interview]
L'un des points saillants de la séance d'exposé des rapports combinés a d'ailleurs été «le retard injustifié dans la création de la Commission pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, dans la définition de son mandat et du budget qui lui est alloué, et dans la détermination de son statut par rapport au Comité national pour l'égalité et l'émancipation, qui a été récemment créé par le ministère des tutelles».
Pour Laila Amili, «il y a eu un grand gap entre le tissu associatif et les gouvernements précédents, dirigés par un parti d'obédience islamiste sur les dix dernières années». «Aujourd'hui, nous observons des indicateurs positifs, lorsque la ministre de tutelle promet de veiller à mener un ensemble d'actions. Nous attendons de voir les conclusions du Comité CEDAW, dans les quelques jours qui viennent, afin de nous positionner dans le suivi des actions de l'exécutif et envisager nos prochaines actions associatives», indique la militante.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.