Le temps qu'il fera ce dimanche 22 février 2026    Mauritanie : l'armée intercepte deux véhicules et un camion des milices du Polisario    Sahara : La Suède justifie son appui au plan marocain d'autonomie    Les températures attendues ce dimanche 22 février 2026    Salé : Le Roi lance l'opération « Ramadan 1447» au profit de 4,3 millions de personnes    Vitesse internet: le Maroc domine l'Afrique avec 124,32 Mb/s    Inquiétude à Watford : Othmane Maamma sort blessé face à Derby    L'international marocain Zakaria Labyad s'engage avec les Corinthians    Les tables du Ramadan et la quête du sardine... après un recul relatif de l'inflation annuelle au Maroc par rapport à l'année dernière !    Le dirham s'apprécie face à l'euro et recule face au dollar    Après les inondations, le Tennis Association Safi face au défi de la reconstruction    Abdessamad Ezzalzouli suscite l'intérêt de grands clubs européens    Brahim Díaz attire les géants de Premier League    L'Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif organise un iftar à l'occasion du mois de Ramadan    Grèce : trois migrants périssent en mer    Un million de personnes d'origine marocaine en Israël... pourquoi le partenariat commercial ne dépasse-t-il pas un demi-milliard de dollars ?    Ramadan 2026 : Le CFCM critique la Grande Mosquée de Paris sur la date du début du jeûne    Inspections inopinées dans la distribution médicale au Maroc par le Conseil de la concurrence    Sahara : Trump convoque un nouveau round de négociations les 23 et 24 février    Sáhara: Trump convoca una nueva ronda de negociaciones el 23 y 24 de febrero    EU backs Morocco's autonomy plan for Western Sahara aligning with UN resolution    Sidi Ifni : accident mortel fait plusieurs victimes parmi les policiers.    Seghrouchni : Le Maroc ambitionne de se positionner en acteur de référence régional en matière d'IA    Tanger Med Port Authority réalise un chiffre d'affaires de plus de 4,43 milliards de DH en 2025    Région de Tanger : plus de 3,69 millions de nuitées touristiques à fin novembre    Droits de douane : Trump impose une nouvelle taxe mondiale de 10%    Expropriation : Vers une réforme en profondeur les indemnisations    Décès d'un détenu au CHU Ibn Rochd : La mise au point de l'administration pénitentiaire    Belle semaine pour la Bourse de Casablanca    Le temps qu'il fera ce samedi 21 février 2026    Rumeur sur le retour de l'ambassadeur du Mali à Alger : Bamako dément    Meknès : Le FICAM revient pour une 24e édition du 15 au 20 mai    Le Roi Mohammed VI soutient l'action de Trump pour la reconstruction de Gaza    Climat, le Maroc sonne l'alerte pour l'Afrique    Service militaire 2026 : le recensement démarre le 2 mars    Presse : Réforme du CNP et nouveau modèle de soutien... le gouvernement rebat les cartes    Réorganisation du CNP : l'Exécutif approuve le projet de loi    Military Aerospace: Baykar's factory in Morocco begins initial hiring    Mondial 2026 : tous les matches joués à guichets fermés    L'UEFA soutient la Coupe du Monde des Clubs à 48 équipes, le Maroc et l'Espagne favoris pour 2029    Jeux africains 2031 : l'Ouganda entre dans la course    Prix Cheikh Zayed du Livre : deux écrivains marocains dans la course    Touria Chaoui mise en avant dans «Les Marocains du ciel» sur 2M    Ramadan : La TV marocaine enregistre 70,4% de PdA au premier jour, 2M en tête    « Maroc, Terre de Cultures » : Le Collectif 4.0 lance « Rythmes du Maroc »    Dialogue des cultures : les Nuits du Ramadan célèbrent l'héritage andalou    Livre : Marrakech accueille la quatrième édition du FLAM    LIFA 2026. Abidjan, capitale de la création féminine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Maroc : La lutte contre la traite des enfants renforcée par un guide destiné aux intervenants
Publié dans Yabiladi le 27 - 04 - 2023

La présidence du Ministère public a présenté un Guide des indicateurs d'identification des enfants victimes de traite des êtres humains au Maroc. Il s'agit ainsi de mettre un document d'orientations à la disposition des différents intervenants dans la lutte contre ces pratiques, dans les secteurs de la justice, de la sécurité, des institutions ou de la société civile, de manière à mieux reconnaître et accompagner les victimes.
Juges, magistrats, services de la sûreté nationale ou de la gendarmerie, mais aussi acteurs gouvernementaux et de la société civile, ont désormais à leur disposition un Guide pratique sur les indicateurs d'indentification des enfants victimes de traite des êtres humains. Elaborée par le Ministère public, en collaboration avec le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), cette publication analyse les différentes formes d'exploitation auxquelles les mineurs sont plus souvent exposés, tout en fournissant des références aux pratiques pour le traitement de chacun des cas, conformément aux dispositions juridiques internationales en la matière, ainsi que la loi 27.14.
Consultée par Yabiladi, cette publication souligne que le crime de la traite des êtres humains se caractérise en effet par «le ciblage de catégories vulnérables, notamment les femmes et les enfants, ce qui a incité la communauté internationale à adopter le deuxième Protocole additionnel de la Convention des Nations unies contre la criminalité transfrontalière organisée, en accordant à cette catégorie la protection nécessaire», dit «protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants».
Les indicateurs permettant aux différents acteurs et intervenants d'identifier les enfants victimes pour leur porter assistance et les protéger montrent que ces mineurs font l'objet de nombreuses formes d'exploitation. La publication note que pédopornographie ou l'exploitation sexuelle reste l'une des principales pratiques criminelles, suivie du travail forcé, «par l'esclavage ou par des pratiques analogues à l'esclavage», de la mendicité, puis du prélèvement d'organes, de tissus humains et de leur vente ou de la réalisation d'expériences et de recherches médicales.
La pédopornographie, le travail forcé et la mendicité, car saillants de l'exploitation
S'agissant de l'exploitation sexuelle, le ministère public retient que les victimes peuvent être identifiables par des attitudes en déphasage avec leur âge par rapport aux autres enfants, l'impossibilité de prendre contact avec des parents ou des proches, des connaissances limitées de la langue du pays où ils se trouvent, s'ils viennent d'ailleurs, mais une maîtrise globale du vocabulaire lié à la sexualité, la possession de plusieurs téléphones et la réception de nombreux appels, des mariages forcés à courte durée, ou encore des attitudes pouvant suggérer que leurs faits et gestes sont surveillés constamment à distance.
Les réceptions de transfert d'argent ne correspondant pas au niveau de vie de la victime peuvent également être un indicateur, en plus de l'état psychique instable, avec «des excès de peur ou de confiance en les inconnus, des états dépressifs ou de tension continue, ainsi que des situations de dissociation». Souvent, les victimes de ces abus vivent dans les lieux où elles sont exploitées. De ce fait, elles ne sont pas en mesure de fournir une adresse de résidence, si leur exploitation est organisée dans le cadre de réseaux de trafic. Par ailleurs, un repli sur soi au sein de la famille peut suggérer que la victime fait l'objet d'exploitation sexuelles par voie numérique ou fait l'objet se sextorsion via Internet et les réseaux sociaux.
S'agissant du travail des enfants, les cas peuvent être identifiables lorsque les victimes sont privées de repos, de divertissement et d'activités de loisirs, tout en travaillant même lorsque leur état de santé ne le permet pas. Les rémunérations sont également faibles ou inexistantes, avec un déphasage entre la situation de l'enfant et les conditions salariales légalement admises. Les mineurs dans cette situation dépendent souvent de leur employeur, en matière de logement, de nourriture, de transport et d'accès aux services de base. Les pratiques de violence et de maltraitance doivent être questionnés, ainsi que les difficultés ou les obstacles empêchant la d'interagir avec le monde extérieur.
Dans le cadre de l'écoute des victimes présumées de travail forcé, de surcroît dans un lieu fermé comme le domicile privé, «il est important de tenir compte de nombreuses considérations relatives aux conditions et aux heures de travail, au lien que l'enfant entretient ou non avec la famille qui l'emploie, ainsi que lieu et la qualité de l'hébergement, ou encore la nature du travail effectué, dans l'idée d'identifier des éléments constitutifs permettant de reconnaître la situation d'exploitation que le mineur pourrait ne pas percevoir comme telle», souligne la même source.
Dans les cas d'exploitation dans la mendicité, la présence d'un bébé ou d'un nouveau-né avec un adulte reste l'un des signes principaux pouvant indiquer des cas d'abus, illustrés notamment par le fait que «l'on argue que l'enfant a été trouvé par hasard». Dans la pratique, les enfants exploités restent souvent dans le périmètre d'un adulte ayant une emprise sur eux et dont il reçoit souvent l'aumône rassemblée. Ils peuvent aussi montrer des signes d'addiction aux drogues, à des substances hypnotiques ou font des petits commerces dans des lieux inadaptés (place publique, transport en commun…). Ils évitent, par ailleurs, les lieux où ils risquent d'être identifiés par des intervenants et refusent initialement de signaler leur situation.
Renforcer l'identification en tant que moyen et non comme objectif
Naseem Awl, représentante adjointe de l'UNICEF, a pour sa part indiqué qu'«au-delà la détection, le système de protection de l'enfance doit être renforcé pour assurer une véritable prise de charge judicaire, médicale et sociale des victimes leur permettant de retrouver les conditions de vie décentes et de rendre leurs situations administratives plus sures». En matière de prise en charge des enfants victimes du crime de traite des êtres humains et des mécanismes de coordination, le document insiste en effet que l'identification n'est pas une fin, mais plutôt un moyen essentiel, qui «permet de passer à la mise en œuvre de techniques garantissant un diagnostic approprié».
Dans ce processus, l'enfant victime est accompagné «en synergie avec son intimité et dans le respect de son jeune âge, ses faibles perceptions, voire son recours au silence et à l'isolement face à l'horreur du traumatisme subi». Les actions en aval doivent, sur la base de ces éléments, être fluidifiées au sein de la police judiciaire, du ministère public et des cellules gouvernementales et associatives de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violence.
Procureur général du roi près la Cour de cassation et président du Ministère public, El Hassan Daki s'est félicité de la publication de ce guide, en évoquant les directives royales portant sur la protection des enfants contre la violence et l'exploitation, y compris dans le message adressé aux participants à la cinquième Conférence islamique des ministres en charge de l'enfance, tenue à Rabat les 20 et 21 février 2018.
«Il est devenu nécessaire de connaître les indicateurs permettant aux personnes chargées de l'application de la loi d'identifier les enfants victimes, afin de les protéger, de les assister et de s'assurer aussi qu'ils ne soient pas poursuivis en tant que suspects, conformément au principe «aider puis enquêter», consacré par la jurisprudence pénale en matière de traite des êtres humains», a-t-il déclaré.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.