DR ‹ › Alors que le monde fait face au double défi de nourrir une population qui devrait atteindre 9,8 milliards d'ici 2050 tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, le Maroc s'impose comme un acteur clé de la sécurité alimentaire et de l'action climatique, selon un article publié par le Forum économique mondial. Le Maroc se distingue comme l'un des principaux producteurs d'engrais au monde. Il figure aussi parmi les cinq plus grands exportateurs mondiaux, avec environ 70% des réserves mondiales de phosphates, ressource essentielle à la fertilité des sols et à la production alimentaire. Dans ce sens, le développement d'engrais à faible teneur en carbone est considéré comme un outil crucial pour aider les agriculteurs à s'adapter aux défis climatiques. Ce rôle est étroitement aligné avec les engagements du Maroc à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 21,6% de manière inconditionnelle et jusqu'à 53% avec le soutien international d'ici 2035, par rapport aux niveaux de 2010. Le rapport note que le secteur des phosphates à lui seul représente 9% de l'objectif total de réduction du Maroc. Pour répondre à la demande alimentaire mondiale croissante, le géant marocain des phosphates, OCP Group, prévoit d'augmenter la production d'engrais de 12 millions de tonnes en 2024 à 20 millions de tonnes d'ici 2027. Le groupe vise aussi la neutralité carbone sur l'ensemble des trois périmètres d'émissions d'ici 2040. La branche renouvelable d'OCP vise à déployer plus de 1,2 GW de capacité d'énergie propre d'ici 2027, fournissant aux opérations minières et industrielles une énergie 100% renouvelable. Le dessalement devrait couvrir tous les besoins en eau industrielle. Le rapport conclut que l'expérience du Maroc montre que la sécurité alimentaire et la décarbonisation ne sont pas des objectifs concurrents mais plutôt interconnectés, offrant un modèle inspirant pour d'autres économies en développement.