Avantage pour le Maroc. Lors de la réunion de Madrid, les «propositions alternatives» ont été à nouveau rejetées. Les quatre parties devraient reprendre le cours des négociations en mai à Washington. Ambassade des Etats-Unis à Madrid (Espagne) ‹ › Comme annoncé hier, l'ambassade des Etats-Unis à Madrid a organisé, ce dimanche 8 février, une réunion de négociations sur la question du Sahara. Etaient présents des représentants du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie et du Polisario, ainsi que Staffan de Mistura, l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental. Selon une source proche du dossier contactée par Yabiladi, cette première rencontre a souligné la prééminence de l'initiative marocaine d'autonomie. La délégation américaine, dirigée par Massad Boulos et Mike Waltz, chef de la mission des Etats-Unis à l'ONU, a réussi à obtenir la reconnaissance, y compris de l'Algérie, du «Document technique». Ce document considère l'initiative marocaine actualisée de 40 pages comme le «seul document sur la table» pour les discussions techniques, fermant ainsi la porte aux «propositions alternatives» jusque-là soutenues par Alger et le Polisario. Les quatre parties ont également convenu de la création d'un «Comité technique permanent». Ce comité sera composé d'experts juridiques du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie, sous la supervision conjointe des Etats-Unis et de l'ONU. Sa mission sera d'examiner les modalités concrètes de mise en œuvre de l'autonomie au Sahara, notamment en matière de fiscalité, de système judiciaire et de sécurité locale. La délégation algérienne s'éclipse discrètement La délégation américaine a également réussi à convaincre les parties de se réunir à nouveau en mai prochain à Washington, en vue de la signature d'un «accord-cadre» politique. Malgré ces avancées favorables à Rabat, des désaccords subsistent, selon la même source. «Washington a insisté pour une photo de groupe incluant Nasser Bourita, Ahmed Attaf, Massad Boulos et Staffan de Mistura. Cependant, la délégation algérienne a catégoriquement refusé d'apparaître aux côtés de la délégation marocaine, ce qui aurait pu suggérer une normalisation politique avant une solution finale. La photo n'a pas été prise, et la délégation algérienne a quitté les lieux par une porte dérobée pour éviter les photographes», a révélé notre source. Un autre point de friction a concerné la définition du terme «autodétermination». Le Maroc soutient qu'elle s'exerce à travers l'«autonomie», tandis que l'Algérie a tenté de s'en tenir à sa formulation classique. Là encore, les pressions américaines ont fait pencher la balance en faveur de la position marocaine. À l'issue de cette réunion, le Maroc apparaît comme le «vainqueur diplomatique», ayant réussi à imposer le discours du «réalisme politique» et à faire de son plan d'autonomie la seule référence pour les discussions à venir. Les Etats-Unis, de leur côté, se sont affirmés comme le seul médiateur capable de réunir les quatre parties autour de la même table dans ce dossier sensible. L'Algérie, quant à elle, reste silencieuse sur la véritable raison de la visite de son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à Madrid. En revanche, dans les camps de Tindouf, Bachir Mustapha Sayed a critiqué, dans un article publié ce dimanche, la tenue de pourparlers qui ne garantissent pas «l'autodétermination du peuple sahraoui». Cette séquence madrilène marque avant tout un changement de méthode : le passage d'un conflit figé dans les postures idéologiques à un processus encadré, technique et sous forte tutelle américaine.