Tête de liste des Mureaux Nouvelle Génération, la candidate aux municipales françaises Fatna Lamir alerte sur une récupération de la campagne du scrutin dans sa commune. Elle pointe ce qu'elle qualifie de «réseaux séparatistes hostiles à l'unité» du Maroc, dans l'espace républicain français. DR ‹ › Conseillère municipale depuis 2020 dans les Mureaux, indépendante depuis 2021 et candidate franco-marocaine aux élections municipales de mars 2026, Fatna Lamir fait partie d'un groupe d'opposition dans un fief connu pour son électorat binational. Elle se trouve également dans une commune «connue pour une certaine frange de soutien au Polisario qui est bien identifiée». Dans ce contexte, l'élue municipale déplore auprès de Yabiladi une atmosphère électorale délétère, avec une incidence sur sa vie de famille. La candidate reproche notamment au maire des Mureaux, François Garay, un «double jeu» entre les deux bases d'électeurs. «La diaspora marocaine est la plus importante, avec 4 000 sur 16 000 électeurs, pour une ville de 34 000 habitants», nous dit-elle. Précédemment interviewée par deux journalistes chez sa mère qui a pris la parole, Fatna Lamir voit désormais les attaques personnelles à son sujet faire tache d'huile et exacerber les tensions autour des candidatures au scrutin municipal. «Le 6 novembre 2025, à Laâyoune, je me suis rendue sur les pas de ma grand-mère, présente cinquante ans plus tôt lors de la Marche Verte. Assister à la levée du drapeau ce jour-là n'était pas un acte politique de circonstance : c'était un moment de transmission familiale et d'enracinement.» Fatna Lamir Dans ses déclarations en reportage, Fatna Lamir a affirmé son positionnement pour la marocanité du Sahara. Par la même occasion, elle a dit être fière de ses origines sahraouies marocaines de Guelmim. «Cela m'a valu des représailles, des menaces. Ma mère a été appelée», nous dit-elle. Il y a presque trois ans, la conseillère municipale a affiché également son opinion. Elle a questionné le maire sur l'octroi de locaux municipaux à l'Association des Sahraouis de France pour un événement tenu par une l'organisation, connue pour son soutien du Polisario en France. À ce titre, elle a rappelé que l'initiative n'était pas sans précédent. Des tentatives de diviser les électeurs Auprès de notre rédaction, Fatna Lamir dit avoir questionné également la première adjointe au maire, Souad Ammouri Mostafi, elle-même binationale et candidate aux prochaines élections municipales. Selon notre interlocutrice, la concernée aurait argué initialement «ne pas avoir été au courant, alors même qu'elle est en charge de la culture et que le rassemblement a été présenté comme culturel». Plus tard, elle a informé que l'événement était maintenu, après convocation des organisateurs. Dans ce contexte, Fatna Lamir déplore encore plus des manœuvres visant à «diviser l'électorat marocain, dont certains ne savent pas que c'est l'adjointe au maire qui n'a pas empêché la tenue de rassemblements à caractère politique qui contredisent même l'orientation actuelle de la France à l'égard du Maroc, concernant la souveraineté marocaine sur le Sahara». Contactée par Yabiladi, Souad Ammouri Mostafi n'a pas donné suite à nos sollicitations. Fatna Lamir, de son côté, dit appeler les électeurs binationaux à «s'informer sur leurs candidats et conseillers municipaux, pour éviter toute manipulation des opinions». «Je suis positionnée de manière très claire sur la marocanité du Sahara. Je considère qu'autant la république française est une et indivisible, autant le Maroc et son Sahara est un et indivisible et je ne mets pas en opposition mon engagement pour ces deux questions. Je me suis aussi positionnée sur la Palestine en interpellant le maire, puisque la mairie a affiché de 2022 à 2025 un drapeau ukrainien et que le droit international s'applique à tous.» Fatna Lamir Aujourd'hui, Fatna Lamir fustige surtout «les rumeurs» à son sujet. «On fait courir le bruit que je soutiendrais le Polisario, ce qui est loin de toute réalité», affirme-t-elle. En août 2024, la candidate s'est exprimée conte l'initiative d'autres élus appelant à revenir sur la reconnaissance de la marocanité du Sahara par la France. Article modifié le 26/02/2026 à 16h15