Aux Etats-Unis, la «souveraineté» espagnole sur Ceuta et Melilla est de nouveau remise en question. Après les déclarations de Michael Rubin, ancien conseiller du Pentagone, c'est désormais le congressman républicain Mario Díaz-Balart, proche de Marco Rubio, qui tacle l'Espagne. Mario Díaz-Balart et Marco Rubio / Archive - DR ‹ › Au grand dam du gouvernement espagnols mais aussi de l'opposition de droite, un élu américain a exprimé son soutien à la marocanité de Ceuta et Melilla. Dans une interview accordée à un média ibérique proche de la droite traditionnelle, Mario Díaz-Balart a déclaré que «Ceuta et Melilla ne se trouvent pas sur le territoire géographique de l'Espagne mais bien sur celui du Maroc», ajoutant que «les relations entre le Maroc et les Etats-Unis sont anciennes et très positives». Ces déclarations surviennent dans un contexte de tensions croissantes entre le président Donald Trump et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, notamment à propos de la guerre en Iran. La semaine dernière, Madrid a fermé son espace aérien aux avions américains en route pour des opérations militaires en Iran. Mario Díaz-Balart n'a pas hésité à rappeler ces tensions, allant jusqu'à évoquer d'éventuelles représailles américaines contre l'Espagne. «Je ne suis pas surpris que le président Trump recherche des alternatives, car il est regrettable qu'il mette en péril l'alliance entre les Etats-Unis et l'Espagne», a-t-il affirmé. Il faisait référence à la présence militaire américaine, héritée de l'époque franquiste, sur les bases de Rota et Morón, qui génèrent d'importantes retombées économiques pour ces régions, s'inquiète le média ibérique. La fin de l'OTAN ? Le Parti populaire, principale force d'opposition en Espagne, a déjà mis en garde contre un tel scénario, une position également partagée par Vox. Par ailleurs, Donald Trump a récemment ravivé les inquiétudes en évoquant un possible retrait des Etats-Unis de l'OTAN. «Je n'ai jamais été convaincu par l'OTAN. J'ai toujours su que c'était un tigre de papier», a déclaré, mercredi 1er avril, le président américain dans un court entretien accordé à un quotidien britannique, laissant entendre qu'il envisageait sérieusement un retrait de l'Alliance atlantique. Dans ce climat de tensions, Díaz-Balart a estimé que «M. Sánchez semble accorder plus d'importance aux relations avec les dictateurs d'Iran, de Cuba et du Venezuela qu'à celles avec les Etats-Unis». Proche du Maroc, ce républicain d'origine cubaine a déjà soutenu une proposition de loi, présentée en juin 2025 par les élus Joe Wilson et Jimmy Panetta, visant à inscrire le Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères. Il est également membre du Congressional Morocco Caucus, un groupe parlementaire américain qui défend les intérêts du Maroc au sein du Congrès. Mario Diaz-Balart préside la sous-commission du Département d'Etat, des opérations étrangères et des programmes associés, tout en étant actif dans la sous-commission de la défense. En avril 2025, il avait eu des entretiens à Washington avec le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita. Pour rappel, Michael Rubin, ancien conseiller au Pentagone, avait appelé le roi Mohammed VI à organiser «une nouvelle marche pour récupérer Ceuta et Melilla», affirmant que les deux villes ne sont pas couvertes par la protection de l'OTAN.