À Antalya, en Turquie, lors de sa rencontre avec Ahmed Attaf, Massad Boulos aurait formulé trois exigences majeures portant sur les camps de Tindouf, le Mali, ainsi que sur la nécessité d'engager des réformes politiques et économiques en Algérie. Révélations. DR ‹ › Le conseiller spécial du président Donald Trump pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, a rencontré le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, ce vendredi en Turquie. Cette réunion s'inscrit dans un contexte tendu : un mois après un appel téléphonique entre Boulos et le président Abdelmadjid Tebboune, et à une semaine de la révision stratégique du mandat de la MINURSO, prévue le 30 avril au Conseil de sécurité. La question du Sahara a été au cœur des discussions entre les deux responsables. «Une fois de plus, la partie américaine est restée ferme sur sa position, défendant des discussions sur ce dossier sur la base de la proposition marocaine d'autonomie», a confié à Yabiladi une source marocaine. «Massad Boulos n'a pas cédé aux offres d'Attaf, qui portaient sur un contrôle des sociétés américaines sur les hydrocarbures, phosphates et autres minerais rares en Algérie.» Seuls les Sahraouis marocains pourront revenir Ce refus de Massad Boulos s'est accompagné d'une exigence claire. «L'administration Trump a demandé au régime algérien de démanteler les camps de Tindouf, dans le cadre d'une mise en œuvre prochaine de l'initiative d'autonomie», a révélé la même source. En effet, le plan marocain prévoit le retour des seuls Sahraouis des camps de Tindouf pouvant justifier de leurs origines sahariennes. Le reste de la population ne serait pas concerné du point de vue du Maroc. «C'est aux Algériens de résoudre ce problème qu'ils ont eux-mêmes créé depuis le début des années 70 dans le but de gonfler le nombre de Sahraouis», ajoute notre source. La veille de cette rencontre, le chef de la mission des Etats-Unis auprès de l'ONU, Mike Waltz, avait déclaré, lors de son audition devant la Commission des Affaires étrangères au Sénat, qu'«au Sahara occidental, nous avons insisté pour que le renouvellement de la force de maintien de la paix (MINURSO, ndlr) soit lié à un véritable processus politique prenant le plan d'autonomie marocain comme base des pourparlers». Les Etats-Unis exerceraient également des pressions pour une révision des prérogatives de la MINURSO, bien que la Russie continue d'émettre des réserves. Nouvelles alliances au Mali, réformes en Algérie Notre source révèle également que «Massad Boulos a exigé du pouvoir algérien de ne pas s'ingérer dans les affaires internes du Mali». Pour rappel, le gouvernement de Bamako a engagé un dialogue soutenu avec l'administration Trump sur la lutte contre le terrorisme. Les deux pays pourraient conclure un accord portant sur l'échange de renseignements concernant les groupes jihadistes opérant dans le Sahel. Ce dossier figurait déjà à l'ordre du jour de la visite effectuée début février au Mali par le chef du bureau des affaires africaines du département d'Etat américain, Nick Checker. Le Maroc est également engagé dans la stabilisation de ce vaste pays sahélien, confronté à des groupes armés, soutenus et financés par l'Algérie, selon Bamako. Enfin, Massad Boulos a invité les autorités algériennes à entreprendre des réformes politiques et économiques.