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Grande-Bretagne : Les galères d'un footballeur franco-marocain
Publié dans Yabiladi le 31 - 10 - 2013

Les joueurs de football n'ont pas tous eu la vie facile. Pendant que certains se font rapidement repérer par les grands clubs du ballon rond, d'autres, moins chanceux, doivent galérer pour arriver à se faire une place dans le milieu et pouvoir enfin vivre de leur passion. Farid El Alagui, Français d'origine marocaine, fait partie de cette dernière catégorie.
Farid El Alagui, 28 ans, est un footballeur au parcours pour le moins atypique. Né à Bordeaux, de parents immigrés marocains, le jeune homme est passé par plusieurs formations dont celle du Wydad de Casablanca avec qui il a remporté le championnat marocain (2009-2010).
Aujourd'hui, il est sociétaire de Brentford, un club basé à une douzaine de kilomètres du centre de Londres, qui évolue en League One, la troisième division du championnat anglais. Mais avant d'atterrir là-bas, le joueur était en Ecosse, où il a évolué une saison complète (2011-2012) au FC Falkirk, en deuxième division. Il revient sur cette expérience dans un entretien avec le blog Kick-off, hébergé par l'Equipe.fr, publié mercredi 20 octobre.
L'arrivée en Ecosse
«Un agent m'a appelé un dimanche. Quand il me propose cet essai en Ecosse, je dis immédiatement oui. Je dois prendre l'avion le soir, mais je ne sais pas où je vais exactement. Je paye mon billet sans être sûr d'être remboursé par le club, ce que certains n'auraient pas fait. D'ailleurs, je n'ai pas été remboursé (rires). Sauf qu'au bout d'un moment, il faut te mettre un coup de pied au cul et prendre des risques», se souvient Farid El Alagui.
«On arrive en Ecosse la nuit. Il y avait un autre Français avec moi, sachant qu'un troisième avait déjà repris les entraînements avec Falkirk. Quelqu'un vient nous chercher à l'aéroport et nous emmène dans un genre de campus universitaire. En fait, le club ne s'entraîne pas à Falkirk même, mais à une vingtaine de kilomètres, sur les terrains à proximité de ce campus. On nous dépose. Il n'y a pas d'étudiants vu qu'ils sont en vacances, c'est donc désert. Je rentre dans ma chambre universitaire de 8m². Je m'allonge sur le lit, il se plie limite en deux (rires)», raconte-t-il.
Je n'avais rien mangé
Une fois installé, le joueur avait besoin d'argent pour subvenir à ses besoins, alimentaires notamment. «L'agent devait nous verser de quoi vivre par Western Union. Or, le versement avait du retard. Problème, on avait rendez-vous pour jouer un match amical. Mais il fallait arriver là-bas et on avait besoin de cet argent pour se déplacer. On parvient finalement au match avec deux heures de retard environ. Je me suis dit : «C'est fini.» Le coach me regarde, il voit à ma tête le souci. Il me fait jouer alors que j'avais passé l'été tranquille à faire la fête (rires). Vu que je n'avais rien mangé avant, j'étais dans le dur. Mais je montre quelques trucs et je fais une passe décisive. J'ai fini complètement mort par contre !»
Heureusement pour Farid, le club décide de «le garder». Il enchaine avec «d'autres matchs et ça se passe bien», se rappelle-t-il. «Je marque et je montre ce que je sais faire. Rapidement, on me fait une proposition et je signe pour une saison. C'était assez marrant au moment où ils ont vu mon vrai nom car ils croyaient que je m'appelais Aruero (rires). En fait, c'est un mec de ce nom-là qui devait venir à l'essai, pas moi. Mais il a planté l'agent et on m'a demandé de venir à sa place. Je répondais à son nom et j'avais même une gourde à son nom (rires). Je ne sais pas trop ce que le coach a pensé quand il a vu que je n'étais pas ce joueur, mais on en rigolait après», confie-t-il.
500 à 600 euros la semaine
Pour ce qui est du salaire, Farid El Alagui ne touchait pas «beaucoup», comparé à ses confrères du ballon rond. «A Falkirk, qui est un bon club de D2 écossaise, les plus gros salaires tournaient autour de £700 ou £800 par semaine (Ndlr : environ 800 à 900 euros). Mais la moyenne était plus à £400 ou £500, comme moi (Environ 500 à 600 euros). Certains avaient moins même», explique l'attaquant.
«Sportivement, c'était génial. J'ai marqué 28 buts toutes compétitions confondues dont ce fameux doublé contre les Rangers en Coupe de la Ligue. C'est ce qui m'a permis d'avoir des offres l'été. L'exposition que t'offre le Celtic ou les Rangers (Deux clubs de la D1 écossaise) est incomparable. Même pour un match de Coupe, si tu es bon face à eux, les gens pensent : «Il peut jouer plus haut.» Puis l'émotion de marquer face à une telle équipe, c'était énorme !».
«Mon année en Ecosse a été très riche émotionnellement. J'ai gardé encore des liens avec le club, les fans. Ils m'envoient toujours des messages et Falkirk m'avait invité la saison dernière pour un match avec d'autres gloires du club», affirme le Franco-Marocain. En Angleterre, ils ont «ont une approche encore plus décontractée» du football, estime-t-il.
Le foot, ce n'est pas seulement un gros chèque
Aujourd'hui, il en est à sa deuxième saison avec Brentford. «Si je peux donner un conseil à tous ces joueurs qui ont galéré comme moi dans leur jeunesse, c'est de ne rien lâcher. Je ne vais pas dire que je suis un exemple, ce serait prétentieux, mais j'ai finalement réussi à faire carrière. J'ai encore du mal à dire que je suis footballeur, mais c'est pourtant ce que je fais tous les jours. Et pourquoi ? Car j'ai cru en moi, je me suis battu. Je n'ai pas cherché l'argent».
«Je suis venu en D2 écossaise dans des conditions pas terribles, c'est vrai. Mais j'ai passé une année exceptionnelle. Humainement, ça n'a pas de prix. C'est ce que j'aimerais dire. Une carrière, ce n'est pas seulement s'entraîner et toucher un gros chèque. C'est aussi vivre ce genre d'expériences et d'émotions», conclut-il.


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