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La fille de Marocains victimes d'un accident de la route se bat pour que « justice soit faite »
Publié dans Yabiladi le 10 - 11 - 2013

Les parents de Ghislaine El Abid ont été victimes d'un grave accident de la route avec un camion frigorifique le 14 octobre 1999 en Espagne. Celui-ci a couté la vie à son père et sa mère a subit de graves blessures dont elle garde de nombreuses séquelles aujourd'hui. Après 14 ans de procédures, Ghislaine et sa famille remettent en cause la gestion du dossier par leur assureur, Axa. Une procédure à d'ailleurs été engagée par la famille à l'encontre de l'assureur. Ghislaine a également lancé une pétition pour demander notamment de meilleurs délais dans le traitement des affaires de victimes d'accidents de la route.
Yabiladi : 14 ans après l'accident qui a donné la mort à votre père, vous luttez encore pour que justice soit faite. Le récent jugement espagnol vous a-t-il ramené en arrière? Savez-vous exactement quand est-ce qu'il a été rendu?
Ghislaine El Abid : C'est le conducteur d'un camion frigorifique espagnol qui a causé la mort à mon père que Dieu ait son âme. Ma mère était également dans le véhicule. Elle a été gravement blessée et subit encore les conséquences de ses blessures aujourd'hui. Le jugement a été rendu fin juillet dernier et nous a été transmis par notre avocat le 30 août. Axa, notre assureur, n'a même pas pris la peine de nous informer de la date de cette audience, alors que nous avions pris le soin de formuler le vœu d'être présents à cette audience. C'était important pour notre famille pour enfin pouvoir faire le deuil.
Après la disparition d'un être cher, en l'occurrence mon père, tout jugement est symbolique. Il ne nous ramènera pas notre père, mais il faut que justice soit faite. C'est notre avocat qui nous a appris qu'un jugement été rendu, vraiment par hasard après avoir contacté le tribunal de Séville en Espagne pour savoir quel type de procédure avait été engagée par Axa.
Le jugement ne nous a pas tout a fait ramené en arrière dans le sens où il n'y a pas un jour qui passe sans que nous nous rappelions l'annonce de cette tragédie, les hôpitaux, la morgue en Espagne dans laquelle mes frères ont du se rendre pour reconnaitre le corps... Cette douleur, cette absence, se retrouve accentuée à chaque fête des pères, à chaque anniversaire, à chaque fois que j'entends quelqu'un prononcer papa ou baba ... Tout cela nous rappelle bel et bien que mon père n'est plus là, et ne le sera plus jamais, parce qu'on nous l'a enlevé dans cet accident de la route. Je dois me battre pour sa mémoire. Mon père Allah irhamo était un homme au grand cœur, droit, serviable, pilier de notre famille et qui a aussi servi en tant qu'ancien combattant.
Et là, ce n'est qu'au bout de 14 ans qu'on se rend compte que le jugement ne parle pas de la condamnation de l'auteur de l'accident, et que depuis il y a dû avoir prescription. Axa qui assure notre recours juridique était sensée nous informer, nous défendre et nous alerter de toutes ces démarches qui se sont déroulées en Espagne alors que nous sommes en France. Nous leur avons accordé toute notre confiance à maintes et maintes reprises comme s'ils étaient pour nous les porteurs de la parole juste. Force est de constater qu'ils ont plutôt été porteurs de méthodes douteuses, dénigrantes, et injustes couplées d'incompétences totales malgré nos nombreuses alertes par courriers envoyés en recommandé et par mails. Et nous avons plusieurs choses à leur reprocher :
* Le procès verbal ne nous a été communiqué que 3 ans après les faits
* Dissuasion de prendre un avocat en 2001
* Le dernier rapport médical date de 2003
* Perte de notre dossier au tribunal de Séville / Axa avait à sa charge de reconstituer le dossier avec toutes les pièces ...normalement importantes.
* Aucune action intentée pour condamner l'auteur de l'accident
* Aucune nouvelle depuis 2011.
* Flou total depuis 14 ans et 26 jours, soit 5140 jours.
Aujourd'hui vous poursuivez votre assureur, Axa, estimant qu'il vous a tenu à l'écart de l'affaire pendant toutes ces années. Aviez-vous rompu le contact avec eux ? Si oui, à partir de quel moment n'avez-vous plus eu de nouvelles?
Nous avons toujours été en contact avec notre assurance par le biais de lettres recommandées que notre famille a envoyées de façon régulière et aussi en nous rendant à notre bureau d'assurance. Mais l'initiative venait toujours de notre côté et les courriers d'Axa se sont faits rares. Et à chaque fois nous recevions toujours la même réponse : "nous relançons notre correspondant espagnol et nous reviendrons vers vous".
En 2001 déjà, vu le peu d'informations que nous avions reçues, nous avions sollicité les conseils juridiques d'une association de victimes dans notre région en Normandie. Une avocate avait donc contacté Axa pour avoir un éclairage concernant l'accident de mes parents. A la suite de cela, Axa nous a appelés en nous disant que si nous prenions un avocat extérieur, l'assureur nous laisserait tomber. Ayant pris peur que le recours s'arrête, nous avons alors renouvelé notre confiance à notre assureur. Parce ce que nous n'avions pas le choix.
Par la suite, plus les années passaient, plus nous nous retrouvions obligés de nous en remettre à notre assureur, qui, était le seul à avoir "la maitrise" de notre affaire en ayant de fait une visibilité sur les tenants et les aboutissants de l'accident. Mais avec le temps je ne pouvais plus rester inerte face à cette impossibilité de faire le deuil. Notre famille s'est alors donc mise à se documenter afin de comprendre les procédures. Et une chose apparut claire, c'est que d'un pont de vue médical, la dernière expertise n'était plus d'actualité. En 2008, nous avons alors alerté Axa sur le fait que le dernier rapport médical datait déjà de plusieurs années, alors que l'état de santé de ma mère se dégradait. Mais nous n'avons eu aucune réponse.
Notre dossier auprès d'Axa a été transmis de rédacteur en rédacteur, sans qu'un directeur s'occupe directement de cette affaire qui a été mal gérée des le début. J'avais à plusieurs reprises contacté les directeurs d'Axa. Un courrier nous alors été envoyé pour nous rassurer en reconnaissant en effet que ces délais de procédures étaient inacceptables tout en rejetant la faute sur le fait qu'elles se déroulaient en Espagne. Nous avons bien voulu comprendre ces explications, mais nous sommes en Europe tout de même. Et on voit bien le résultat aujourd'hui. 14 ans d'une pseudo procédure qui se solde par une incompréhension totale.
Les préjudices physiques de ma mère sont complètement sous évalués. Ma courageuse mère qui aimait recevoir, faire tout un tas de chose, ne peut plus sortir seule, se vêtir seule, faire les gestes de la vie quotidienne seule. Pendant quelque temps, elle a même été dans l'impossibilité de marcher. Maintenant elle est souvent prise de vertiges suite à son traumatisme crânien qui peuvent causer des chutes. Aujourd'hui elle est même reconnue invalide à 80 % en France.
Nous n'avons plus de nouvelles de notre assureur depuis septembre 2011 date à laquelle j'ai décidé d'arrêter de les contacter pour véritablement identifier leur degrés d'indifférence, ou autrement dit de «je m'en foustisme». C'est aussi à cette date où je me suis mise en contact avec notre avocat : Maître Mehana Mouhou.
Comment les choses évoluent-elles maintenant que vous avez entamé une procédure à l'encontre d'Axa? L'avez-vous lancée en Espagne? Quand exactement?
La procédure à l'encontre de notre assureur, Axa France, a été lancée en France, car c'est ce que prévoit le droit. Elle est en cours. Notre avocat est en possession de tous les documents nécessaires pour notre défense et est lui même outré de voir de nouveau les agissements d'Axa. De nouveau car il s'occupé déjà du dossier d'une autre victime des méthodes d'Axa.
Nous avions rencontré l'avocat en question il y a déjà 2 ans. Et lors du 14ème anniversaire de la disparition de mon père, notre famille a eu un rendez-vous avec lui pour assigner Axa en justice pour tous ses manquements. Pour ce qui est du jugement rendu en Espagne, je ne pense pas que le code de procédure pénale prévoit la possibilité de faire appel. Notre avocat se penchera sur cette question. Une chose est sûre, c'est que nous irons jusqu'au bout pour que justice soit faite pour notre famille. Ce qui m'anime également, c'est cette injustice qui fait que nous, victimes d'accidents de voitures, sommes obligées de subir des procédures interminables qui n'ont pas lieu d'être où les seuls maitres sont les assureurs, et nous des quilles.
Il y a bientôt un mois, vous avez lancé une pétition signée par de nombreuses personnalités dont des hommes politiques en France. Cela renforce-t-il votre confiance concernant le dénouement de cette affaire ?
La prise de connaissance du jugement, pour lequel, je le rappelle Axa n'a toujours pas pris la peine de nous contacter, a été la goutte qui a fait déborder le vase. Axa n'a même pas pris la peine de nous prévenir à ce jour ! J'ai alors voulu transformer cette douleur et cette colère en action pour apporter une issue non seulement à notre famille mais aussi aux autres victimes d'accidents de la route.
Il est quand même inadmissible que des personnes déjà détruites par cette tragédie, la perte d'un être cher et la destruction de toute une famille, soit en plus obligée d'être menée en bateau par un jeu d'assureurs où nous, victimes ne sommes qu'un numéro de dossier. Cette bataille dure pour notre famille depuis 14 ans déjà. Il est inhumain que les victimes soient obligées de vivre cette procédure qui ne fait que remuer le couteau dans la plaie et qui les empêche de faire leur deuil.
Dans cette pétition, je dénonce alors les agissements de notre assureur Axa. A travers ces nombreuses années pendant lesquelles je me suis plongée dans la lecture de nombreux documents juridiques, j'ai découvert que Madame le commissaire européen chargée de la Justice et des Droits fondamentaux ,Viviane Reding, mais aussi M. Tonio Borj, commissaire européen à la Santé et à la Politique des consommateurs ont mis en lumière l'existence de la charte de l'UE pour les droits fondamentaux et aussi la Convention européenne des droits de l'homme. Celles-ci mettent en exergue un certain nombre de droits applicables aux victimes d'accidents de la route.
Je demande donc l'application effective de ces textes pour que justice soit faite pour les victimes d'accidents de la route en écourtant la durée de ces procédures interminables et en garantissant un certains nombres de droits aux victimes. Par ailleurs, il existe aussi en Europe, une commission "pétitions" avec à sa tête Madame la présidente, Erminia Mazzoni. Cette commission fait partie des 22 autres commissions du parlement européen où la mission est justement de recueillir des pétitions de citoyens européens en s'efforçant de réparer les éventuelles violations des droits conférés par le traité et de coopérer avec les autorités nationales.
::Lien vers la pétition de Ghislaine El Abid


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