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Maroc : L'amazigh, langue d'expression non grata au sein du PJD ?
Publié dans Yabiladi le 20 - 11 - 2013

Dans l'ensemble, les islamistes ne sont pas de fervents défenseurs de la diversité linguistique. Pour eux, l'arabe, l'idiome de l'islam, doit avoir la priorité. Un député du PJD a voulu secouer cette idée, en posant une question en amazighe au parlement, en direct sur Al Aoula. Il a réussi son coup mais le site son parti n'a semble-t-il pas apprécié l'initiative.
Une première ! Un député du PJD, Abdellah Oubari, a posé, hier à la Chambre des représentants, une question en amazighe au ministre de l'Education sur l'enseignement de cette langue. Le parlementaire islamiste, pour se conformer avec la ligne de son parti, a tenu à présenter son intervention, également en langue arabe. Mais, visiblement, la direction du parti de la Lampe n'a pas apprécié une telle l'initiative.
Elle se devait de se réagir et vite. Hier soir sur le site web de la formation, pjd.ma, figurait toutes les réponses des ministres et les questions des députés à l'exception, bien entendu, de l'intervention de Oubari. En revanche, le site a publié une vidéo de presque trois minutes de l'intervention de Mohamed Yatim, un proche de Benkirane, sur l'expérience de l'enseignement amazighe, mais cette fois, uniquement, en arabe. Le ton y était très modéré. A certains moments, il s'écarte même du sujet pour aborder la situation de la langue arabe «officielle depuis quatre décennies et qui n'arrive pas, encore, à asseoir sa place», déplore-t-il.
Le courant amazigh, au sein du PJD, fait peur à Benkirane
Si le site officiel du PJD a carrément censuré la question en amazighe de Abdellah Oubari, celui du groupe parlementaire s'est contenté de la mentionner vers la fin d'un article. Par contre, il a accordé largement plus d'espace à l'intervention de Yatime.
Il faut d'abord revenir un peu en arrière pour comprendre les raisons de cette «censure». Nous sommes en mars 2011, le Maroc vit à l'heure de la réforme de la constitution, lancée par le roi Mohammed VI dans son discours du 9 mars, les partis étaient invités à formuler leurs suggestions à la commission Menouni. Benkirane, en sa qualité de secrétaire général du parti, a présenté un document dans lequel ne figurait pas la demande de l'officialisation de la langue amazighe. Et il a fallu une pression du courant amazigh, mené par Saâd Dine El Othmani, pour rectifier le tir.
Actuellement, et surtout depuis qu'il a quitté ses fonctions à la tête de la diplomatie, l'enfant d'Inezgane a repris ses activités partisanes et ce courant a retrouvé en El Othmani un chef de file. D'ailleurs, deux jours après la formation du nouveau gouvernement Benkirane, il assistait à l'université amazighe organisée par le Mouvement populaire.
C'est dans ce contexte qu'est survenu cette censure de la question en amazighe du député PJDiste, Abdellah Oubari. Le prochain congrès du parti de la Lampe est appelé à connaître un duel entre panarabistes et amazighs.


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